Fonderie de Bretagne : le tribunal de Lorient place l’usine de Caudan en redressement judiciaire
L'usine de 245 salariés, reprise par Europlasma en 2025, est à l'arrêt depuis un incendie. Un délai de deux semaines pour trouver trois millions d'euros.
Le tribunal de commerce de Lorient a prononcé ce vendredi 3 juillet 2026 le redressement judiciaire de la Fonderie de Bretagne, à Caudan (Morbihan). L'entreprise a jusqu'au 17 juillet pour réunir trois millions d'euros sous peine de liquidation. Le PDG a été dessaisi de sa gestion.
L’essentiel
- Redressement judiciaire : le tribunal de commerce de Lorient a placé la Fonderie de Bretagne (Caudan) en redressement judiciaire le 3 juillet 2026 pour cessation de paiement.
- 245 salariés menacés : l’usine emploie 245 personnes, sans activité depuis un incendie en janvier 2026.
- Délai de deux semaines : l’entreprise doit trouver 3 millions d’euros avant le 17 juillet, faute de quoi la liquidation sera prononcée.
- Promesses non tenues : le repreneur Europlasma s’était engagé à investir 15 millions d’euros sur trois ans, mais n’a pas versé les fonds promis.
L’audience était très attendue. Ce vendredi 3 juillet 2026, le tribunal de commerce de Lorient a prononcé le redressement judiciaire de la Fonderie de Bretagne (FDB), située à Caudan, dans le Morbihan. L’entreprise de 245 salariés, spécialisée dans la fonderie de pièces automobiles et navales, est placée en cessation de paiement. Le PDG d’Europlasma, Jérôme Garnache-Creuillot, qui avait repris le site en avril 2025, a été dessaisi de sa gestion au profit de deux administrateurs judiciaires, a confirmé l’AFP.
Une usine à l’arrêt depuis janvier
La Fonderie de Bretagne n’a plus produit une seule pièce depuis un grave incendie survenu en janvier 2026, qui a endommagé l’un des fours. L’activité était déjà fragile avant le sinistre. Europlasma, repreneur officiel du site depuis avril 2025, s’était engagé à investir 15 millions d’euros sur trois ans. Mais selon les informations recueillies par l’AFP, l’intégralité des fonds promis n’a pas été versée, plongeant l’entreprise dans l’impasse financière.
Lors de l’audience, le représentant de la CGT, Eric Guyomard, a dénoncé un abandon pur et simple de la part de la direction
. Le tribunal a fixé un ultimatum : la FDB a jusqu’au 17 juillet pour réunir trois millions d’euros, faute de quoi la liquidation judiciaire sera automatiquement prononcée.
Mobilisation politique : nationalisation temporaire envisagée
La décision du tribunal a immédiatement suscité une forte réaction des élus locaux. Le député du Morbihan Damien Girard a réclamé le placement du site industriel sous tutelle provisoire de l’État, via une nationalisation temporaire. Il faut éviter la liquidation à tout prix. L’État doit prendre ses responsabilités,
a-t-il déclaré à l’AFP.
Le ministre de l’Économie Roland Lescure a indiqué mobiliser l’ancien propriétaire Renault pour débloquer des fonds placés en fiducie, afin de générer de la trésorerie rapidement. Cette piste est étudiée par les administrateurs judiciaires, tandis que les syndicats appellent à une manifestation devant l’usine lundi 6 juillet.
Contexte dans le Morbihan
La Fonderie de Bretagne est un des piliers industriels du pays de Lorient. Implantée depuis plus de 50 ans à Caudan, elle fournit des pièces de fonderie pour les secteurs automobile, naval et ferroviaire. L’usine emploie directement 245 salariés, mais génère aussi des centaines d’emplois indirects dans la sous-traitance locale. Le tissu économique morbihannais, dominé par l’agroalimentaire et la construction navale, est déjà fragilisé par plusieurs plans de restructuration récents dans l’industrie métallurgique. Une liquidation de la FDB serait un coup dur pour l’emploi dans une zone où le taux de chômage avoisine les 8,1 %.
Le député Girard a souligné que perdre cette fonderie, c’est perdre un savoir-faire unique en Bretagne
. Les élus locaux, toutes tendances confondues, ont appelé à un sursaut collectif pour sauver le site.
Prochaine étape : la course contre la montre
L’entreprise doit désormais présenter un plan de continuation au tribunal avant le 17 juillet. Les administrateurs judiciaires vont tenter de réunir les trois millions d’euros nécessaires auprès d’investisseurs privés ou publics. La piste d’un emprunt garanti par l’État est également évoquée. En cas d’échec, la liquidation judiciaire serait prononcée, entraînant la fermeture définitive de l’usine et le licenciement de la totalité des effectifs.
Les salariés, soutenus par la CGT et FO, ont prévu de se rassembler lundi matin devant les grilles de l’usine pour exiger un plan de sauvetage credible
. L’avenir de la Fonderie de Bretagne se jouera dans les deux prochaines semaines.