Duralex : les repreneurs ont jusqu’au 6 août pour sauver la verrerie et ses 243 emplois
Le tribunal de commerce d'Orléans a ouvert un plan de cession pour la célèbre verrerie, placée en redressement judiciaire le 1er juin. Les candidats ont un mois pour déposer une offre.
Le tribunal de commerce d'Orléans a validé l'ouverture du plan de cession de Duralex le 2 juillet. Les repreneurs ont jusqu'au 6 août pour se manifester et tenter de sauver l'usine de La Chapelle-Saint-Mesmin et ses 243 salariés, plongée dans son cinquième redressement en vingt ans.
L’essentiel
- Date butoir : les candidats à la reprise ont jusqu’au 6 août 2026 pour soumettre une offre au tribunal de commerce d’Orléans.
- Effectifs menacés : 243 salariés travaillent dans l’usine de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret).
- Procédure : le tribunal a validé l’ouverture du plan de cession le 2 juillet 2026, après un redressement judiciaire prononcé le 1er juin.
- Intérêt : une quarantaine de marques d’intérêt non finalisées ont été signalées par le syndicat FO.
- Contexte : il s’agit du cinquième redressement judiciaire de l’entreprise en vingt ans, deux ans après sa reprise en Scop.
L’horloge tourne pour Duralex. Depuis le 2 juillet 2026, le tribunal de commerce d’Orléans a officiellement ouvert un plan de cession pour la verrerie emblématique, placée en redressement judiciaire le 1er juin. Les repreneurs potentiels ont jusqu’au 6 août pour manifester leur intérêt et déposer une offre. En jeu : l’avenir de l’usine de La Chapelle-Saint-Mesmin et de ses 243 salariés, mais aussi celui d’un symbole du « made in France ».
Un calendrier serré pour les repreneurs
Selon les informations communiquées par le tribunal de commerce, les candidats doivent se faire connaître au plus tard le 6 août. Le syndicat Force Ouvrière a fait état d’« environ une quarantaine de marques d’intérêt », mais aucun dossier finalisé n’a encore été déposé. « Beaucoup de contacts, mais pour l’instant rien de concret », confiait un délégué syndical début juillet.
Pour préserver sa trésorerie, la direction avait temporairement suspendu la production le 12 juin, avant de relancer partiellement une ligne le 29 juin. Une reprise partielle qui permet de maintenir un minimum d’activité, mais qui ne suffit pas à rassurer les équipes. « On travaille au jour le jour, sans savoir si l’usine existera encore dans un mois », témoigne un salarié sous couvert d’anonymat.
Le média 20 Minutes Eco a relayé l’information dès le 2 juillet : « Duralex est à vendre, les candidats ont jusqu’au 6 août pour se signaler ».
Cinquième redressement en vingt ans
L’entreprise connaît en 2026 son cinquième redressement judiciaire en un peu plus de vingt ans. En juillet 2024, elle avait été reprise par ses salariés sous forme de société coopérative et participative (Scop), un espoir de sauvetage durable après des années de difficultés. La Scop avait permis de maintenir les emplois et de redonner un souffle à la marque : au 31 décembre 2025, le chiffre d’affaires affichait une progression de 7 % sur un an.
Mais la trésorerie s’est brutalement dégradée début 2026, malgré l’arrivée d’une nouvelle directrice générale, Peggy Sadier, en avril 2026. L’ancienne directrice marketing et commerciale a succédé à François Marciano, mais n’a pas pu enrayer la spirale. « Les carnets de commandes se sont vidés, les matières premières ont augmenté, et les aides promises n’ont pas toutes été versées », explique une source proche de la direction.
Le remplacement de la direction n’a pas suffi : le 1er juin 2026, le tribunal prononçait le redressement judiciaire, ouvrant la voie à une nouvelle recherche de repreneur.
Un symbole industriel dans le Loiret
Duralex est un fleuron du verre trempé, connu dans le monde entier pour ses bols et verres incassables. L’usine de La Chapelle-Saint-Mesmin, située dans l’agglomération orléanaise, est l’un des derniers gros sites industriels du secteur dans le département. Le Loiret comptait encore plusieurs verreries historiques, mais la plupart ont fermé ou délocalisé.
Avec 243 salariés, Duralex représente un poids économique non négligeable pour le territoire. Selon les données de la chambre de commerce et d’industrie, l’industrie verrière emploie environ 1 500 personnes dans le département, dont 16 % sur ce seul site. Une disparition de Duralex aurait des répercussions sur tout le tissu économique local : sous-traitants, fournisseurs, commerces.
« C’est toute une filière qui est en danger », alerte un élu local, qui suit le dossier de près. « On ne peut pas laisser tomber un tel savoir-faire. »
Les candidats à la reprise : entre discrétion et attentes
Si une quarantaine de marques d’intérêt ont été recensées, peu d’entre elles se sont publiquement déclarées. Des fonds d’investissement, des industriels du secteur, ou encore des repreneurs individuels sont évoqués, mais aucune offre ferme n’a encore filtré. Le journaliste Arnaud Mercier a tweeté le 5 juillet : « Les candidats à la reprise de la verrerie Duralex ont jusqu’au 6 août pour manifester leur intérêt et déposer une offre. »
Du côté du syndicat CGT, on appelle à une mobilisation et à une vigilance accrue. « Il faut que les repreneurs s’engagent à maintenir l’emploi et l’outil industriel sur place, pas seulement à récupérer la marque », insiste un représentant. La radio Alouette a également relayé l’appel à candidatures le 3 juillet.
Le tribunal de commerce devrait examiner les offres déposées après le 6 août, et une décision est attendue dans les semaines suivantes. Si aucune offre viable n’est présentée, Duralex pourrait être liquidée, mettant fin à plus de 80 ans d’histoire industrielle.
Prochaine étape : le 6 août
D’ici là, les salariés retiennent leur souffle. La production reste partielle, les commandes se font rares, mais l’espoir d’un nouveau repreneur demeure. « On a déjà été sauvés une fois, on peut l’être une deuxième », glisse un verrier en sortant de l’usine. Le prochain rendez-vous est fixé au 6 août pour les candidats, puis au tribunal dans la foulée pour connaître le sort de la verrerie.
Sources
- X / 20 Minutes : Tweet de 20 Minutes sur Duralex
- X / Arnaud Mercier : Tweet d'Arnaud Mercier sur la date butoir
- X / Alouette Radio : Tweet d'Alouette Radio sur l'appel à candidatures
- Boursorama : Article Boursorama sur le redressement de Duralex
- France Inter : Article France Inter sur le changement de direction