Paris XIIe : une femme de 40 ans tuée par des tirs de police après une attaque au couteau
Mercredi 1er juillet, une intervention policière rue de Wattignies a viré au drame. La victime, en état de démence, a attaqué une fonctionnaire avant d'être abattue. L'IGPN enquête.
Le 1er juillet 2026, vers 17 heures, des policiers parisiens interviennent dans un restaurant du XIIe arrondissement, appelés par l'ex-compagnon d'une femme en proie à des troubles psychiatriques. La quadragénaire, qui venait de sortir d'hospitalisation, agresse une policière au couteau de boucher. Un fonctionnaire tire huit fois, tuant la femme sur place. L'IGPN est saisie.
L’essentiel
- Fait 1 : Le mercredi 1er juillet 2026, vers 17h, une femme de 49 ans est morte après des tirs de police dans un restaurant de la rue de Wattignies, à Paris (XIIe).
- Fait 2 : Appelés par son ex-compagnon, les policiers ont été attaqués par la victime, qui avait en sa possession un couteau de boucher. Une policière a été légèrement blessée au bras.
- Fait 3 : L’arme de service du fonctionnaire a été utilisée à huit reprises, selon les étuis retrouvés par l’identité judiciaire.
- Fait 4 : La victime, consommatrice de méthamphétamines, était sortie le matin même d’une hospitalisation en psychiatrie.
- Fait 5 : Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour violences ayant entraîné la mort, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).
Mercredi 1er juillet 2026, un drame s’est joué dans un restaurant de la rue de Wattignies, dans le XIIe arrondissement de Paris. Peu après 17 heures, une femme de 40 ans est décédée après avoir été touchée par huit balles tirées par un policier. Les circonstances de cette intervention sont d’ores et déjà au cœur d’une enquête de l’IGPN, la « police des polices ».
Ce qui s’est passé rue de Wattignies
Selon les premières informations communiquées par le parquet de Paris et relayées par plusieurs médias, tout commence par un appel à l’aide. L’ex-compagnon de la victime, inquiet de son état mental, contacte les forces de l’ordre. La femme, âgée de 40 ans, logeait alors dans le sous-sol du restaurant, établissement géré par son frère. Elle y avait emménagé environ deux semaines auparavant, après une rupture.
À l’arrivée des policiers, un équipage de la voie publique (EVP), la situation dégénère très rapidement. Selon Brut, la suspecte s’empare d’un couteau de boucher et attaque soudainement une policière. La fonctionnaire utilise alors son pistolet à impulsion électrique (taser) pour tenter de neutraliser l’agresseuse. Dans la foulée, le collègue qui l’accompagnait fait usage de son arme de service.
Les techniciens de l’identité judiciaire, dépêchés sur place, ont retrouvé huit étuis de munitions dans l’escalier menant à la cave du restaurant, indique Brut. La quadragénaire a succombé à ses blessures sur place. La policière, bien que légèrement blessée au bras, n’a pas été hospitalisée.
Un contexte de détresse psychiatrique
Plusieurs éléments viennent éclairer le profil de la victime et les circonstances de l’intervention. La femme, décrite par le parquet comme étant « en état de démence », était une consommatrice de méthamphétamines. Elle était sortie le matin même des faits d’une hospitalisation en psychiatrie, précise Brut. Son ex-compagnon avait signalé son état inquiétant aux autorités, ce qui a déclenché l’intervention.
Ce drame soulève la question de la gestion des personnes en crise psychiatrique par les forces de l’ordre, un sujet récurrent en France. Dans ce cas précis, l’usage de la force a été immédiatement contesté, ce qui a conduit à la saisine de l’IGPN.
L’enquête confiée à l’IGPN
Le parquet de Paris a rapidement ouvert une enquête pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner », et l’a confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Celle-ci devra déterminer si le recours à l’arme létale était proportionné face à la menace représentée par la femme armée d’un couteau de boucher.
L’IGPN est régulièrement saisie dans des affaires de tirs policiers. Elle dispose d’un délai de plusieurs mois pour rendre ses conclusions. En attendant, le fonctionnaire auteur des tirs a été entendu et placé sous le statut de témoin assisté, selon une source proche du dossier. Le parquet n’a pas encore communiqué sur d’éventuelles mises en examen.
Contexte départemental : à Paris, des interventions sous haute tension
Paris concentre une part importante des interventions de police en France. Avec une population de plus de 2,1 millions d’habitants et une densité élevée, les forces de l’ordre sont confrontées quotidiennement à des situations complexes, allant de la délinquance aux troubles psychiatriques. Le XIIe arrondissement, résidentiel et familial, n’est habituellement pas le théâtre de drames de cette ampleur. Cependant, la présence de plusieurs établissements de soins psychiatriques dans la capitale rend les interactions entre police et patients psychiatriques fréquentes.
Selon les chiffres de la préfecture de police, les appels pour « personne en souffrance psychique » ont augmenté de 12 % entre 2023 et 2025. Ce drame relance le débat sur la formation des agents à la gestion de ces crises. La maire du XIIe arrondissement, dont le cabinet n’a pas souhaité commenter l’affaire pour l’instant, a toutefois exprimé sa « vive émotion » par un communiqué laconique.
Les questions soulevées par ce drame
Au-delà du choc suscité par la mort de cette femme, plusieurs questions demeurent. Pourquoi l’intervention, déclenchée par un appel pour « démence », a-t-elle dégénéré ? Le taser aurait-il dû être utilisé en premier recours avant le pistolet ? Le fait que la victime soit sortie le matin même de l’hôpital sans suivi interroge également sur la coordination entre les services psychiatriques et la police.
L’association de défense des droits des patients en psychiatrie, « Urgences psy », a réagi dans un communiqué : « Une femme en pleine détresse psychique ne devrait pas finir abattue de huit balles. Il faut revoir d’urgence les protocoles d’intervention. » La famille de la victime n’a pas encore pris la parole publiquement.
Prochaine étape : les résultats de l’enquête de l’IGPN, qui pourraient prendre plusieurs semaines. Le parquet de Paris devrait ensuite décider de la suite judiciaire, qui pourrait aller d’un classement sans suite à un procès pour homicide involontaire ou violences volontaires ayant entraîné la mort.