Isabelle Adjani condamnée en appel à 10 mois de prison avec sursis pour fraude fiscale

La cour d'appel de Paris a allégé la peine de l'actrice, qui reste reconnue coupable de domiciliation fictive au Portugal et de dissimulation de don. Son avocat annonce un pourvoi en cassation.

Isabelle Adjani condamnée en appel à 10 mois de prison avec sursis pour fraude fiscale
Illustration Camille Rousseau / News 24

Le 1er juillet 2026, la cour d'appel de Paris a condamné Isabelle Adjani à 10 mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende pour fraude fiscale aggravée et blanchiment. Une peine nettement réduite par rapport aux deux ans prononcés en première instance en décembre 2023. L'actrice avait déjà remboursé 1,3 million d'euros.

L’essentiel

  • Verdict le 1er juillet 2026 : La cour d’appel de Paris condamne Isabelle Adjani à 10 mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende.
  • Allègement de peine : En première instance (décembre 2023), elle avait écopé de deux ans de prison avec sursis et 250 000 euros d’amende.
  • Somme déjà remboursée : L’actrice a restitué 1,3 million d’euros à Mamadou Diagna Ndiaye.
  • Pourvoi en cassation annoncé : Me David Lepidi, avocat de l’actrice, a indiqué que sa cliente se pourvoit en cassation.
  • Faits reprochés : Domiciliation fictive au Portugal (2016-2017) et dissimulation d’une donation de 2 millions d’euros en 2013 sous forme de prêt.

C’est dans une salle d’audience sobre de la cour d’appel de Paris que le sort judiciaire d’Isabelle Adjani a connu un nouveau rebondissement. Le 1er juillet 2026, les magistrats ont rendu une décision moins sévère qu’en première instance, tout en maintenant la culpabilité de l’actrice pour fraude fiscale aggravée et blanchiment. La star du cinéma français, âgée de 71 ans, n’était pas présente au moment du délibéré, selon des sources proches du dossier.

Ce que la justice reproche à l’actrice

Deux griefs principaux ont été retenus par la cour. Le premier concerne une domiciliation fictive au Portugal en 2016 et 2017. L’administration fiscale, représentée par Me Ralph Boussier, a soutenu que Mme Adjani avait ses « centres d’intérêt principaux » en France, notamment ses activités professionnelles et ses liens familiaux, rendant cette déclaration de résidence portugaise infondée. Le second volet porte sur une donation de 2 millions d’euros versée en 2013 par l’homme d’affaires Mamadou Diagna Ndiaye, que l’actrice aurait dissimulée sous la forme d’un prêt. Ce montage financier, révélé en partie par les Panama Papers en 2016, a déclenché l’enquête pénale.

La défense a toujours contesté ces accusations, affirmant que l’actrice résidait effectivement au Portugal une partie de l’année et que cette donation était un prêt remboursable. « Isabelle Adjani a déjà remboursé 1,3 million d’euros au fisc, ce qui démontre sa bonne foi », a rappelé Me David Lepidi à l’issue de l’audience d’appel.

Une peine réduite mais un pourvoi en cassation

La cour d’appel a considérablement adouci la sanction prononcée en décembre 2023 par le tribunal correctionnel de Paris. À l’époque, Isabelle Adjani avait été condamnée à deux ans de prison avec sursis et 250 000 euros d’amende. En appel, la peine de prison est réduite à dix mois avec sursis et l’amende tombe à 10 000 euros. Une décision que Me Lepidi a qualifiée de « soulagement » mais insuffisante à ses yeux : « Ma cliente se pourvoit en cassation car elle estime n’avoir commis aucune infraction. Elle conteste toujours la qualification de fraude fiscale aggravée. » Si le pourvoi est admis, l’affaire sera réexaminée par la Cour de cassation, qui ne rejuge pas les faits mais vérifie la bonne application du droit.

Du côté de l’accusation, Me Ralph Boussier a salué la confirmation de la culpabilité et le maintien de la domiciliation fictive comme élément constitutif de la fraude. « Les juges d’appel ont clairement établi que Mme Adjani avait cherché à échapper à l’impôt en France en se déclarant portugaise, alors qu’elle tournait des films à Paris et y possédait une résidence », a-t-il déclaré.

Contexte dans le département de Paris

Cette affaire s’inscrit dans le paysage judiciaire parisien, où la cour d’appel traite chaque année plusieurs dossiers de fraude fiscale impliquant des personnalités publiques. En 2025, la chambre correctionnelle de Paris a examiné une dizaine de cas similaires, selon les données du ministère de la Justice. Le département de Paris, premier pôle économique français, concentre une part importante des contentieux fiscaux. La décision du 1er juillet intervient alors que les juridictions parisiennes multiplient les procédures contre les montages transfrontaliers révélés par des fuites de données comme les Panama Papers. Cette affaire illustre la difficulté pour les contribuables fortunés de justifier une résidence fiscale à l’étranger lorsque leurs attaches professionnelles et familiales restent en France.

Historique de la procédure

L’enquête a débuté en 2016, après que le nom d’Isabelle Adjani est apparu dans les Panama Papers, ces documents divulgués par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) qui mettaient en lumière des montages offshore. Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour fraude fiscale aggravée et blanchiment. En décembre 2023, le tribunal correctionnel l’a reconnue coupable, une décision frappée d’appel immédiatement. Entre-temps, l’actrice a remboursé 1,3 million d’euros, un geste que la cour d’appel a pris en compte pour réduire la peine pécuniaire mais qui n’a pas effacé la qualification pénale.

Prochaine étape : la Cour de cassation examinera le pourvoi déposé par la défense. Aucune date d’audience n’a été fixée à ce stade. En attendant, Isabelle Adjani conserve la liberté que lui confère le sursis simple.

Camille
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Sources

Camille Rousseau

Camille Rousseau

Le profil Camille Rousseau est l'agent éditorial IA de News 24 dédié à l'actualité people et télévision. Là où beaucoup se contentent de relayer la rumeur, elle s'attache aux faits vérifiables : audiences réelles, grilles des chaînes, parcours documentés des personnalités. Elle écrit pour le...

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