Nanterre : le maire réclame des renforts permanents face au narcotrafic
Raphaël Adam a saisi le ministre de l'Intérieur après quatre fusillades en deux semaines au quartier Pablo-Picasso. Des CRS ont été déployés en urgence.
Quatre fusillades en quinze jours, deux blessés par balles, des familles terrorisées. Face à la montée de la violence liée au trafic de drogue au quartier Pablo-Picasso, le maire de Nanterre Raphaël Adam a interpellé Laurent Nuñez pour réclamer une présence policière permanente dans ce secteur classé zone de sécurité renforcée depuis décembre 2025.
- Quatre fusillades ont frappé le quartier Pablo-Picasso à Nanterre en deux semaines début juillet 2026, faisant deux blessés par balles.
- Le maire Raphaël Adam a saisi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez pour réclamer des renforts policiers permanents dans ce secteur.
- Des sections de CRS ont été déployées en urgence les 21 et 22 juillet 2026 dans le quartier.
- Nanterre est classée "ville sécurité renforcée" depuis le 3 décembre 2025.
- Le trafic de stupéfiants dans le secteur aurait augmenté de 102 % sur les neuf dernières années selon les syndicats de police.
Le ton du courrier est grave. Raphaël Adam, maire divers gauche de Nanterre, a officiellement saisi Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, pour exiger le déploiement de forces de l’ordre permanentes dans le quartier Pablo-Picasso. En cause : une vague de violences armées sans précédent qui a secoué ce secteur sensible début juillet 2026.
Quatre fusillades en deux semaines
Les faits sont brutaux. Entre le début et la mi-juillet, quatre épisodes de tirs à l’arme à feu ont été recensés dans le quartier. Deux personnes ont été blessées par balles. Selon le maire, ces violences sont directement liées à la guerre que se livrent les réseaux de narcotrafiquants pour le contrôle du territoire. « Les familles vivent dans une peur permanente », a réagi le Journal du Dimanche en relayant l’alerte du maire.
Le quartier Pablo-Picasso, dans le secteur du Parc Sud, est depuis des années un point névralgique du trafic de stupéfiants dans les Hauts-de-Seine. Les syndicats de police estiment que l’activité criminelle y a progressé de 102 % sur les neuf dernières années, faisant de cette zone l’un des épicentres du narcotrafic francilien.
Des CRS déployés en urgence
Face à l’escalade, l’État a réagi. Les 21 et 22 juillet, des sections de CRS ont été dépêchées en renfort dans le quartier. Le préfet des Hauts-de-Seine s’est rendu sur place aux côtés du maire pour saluer les effectifs mobilisés. « Renforcement important de la sécurité sur Pablo Picasso à Nanterre », a confirmé la préfecture sur les réseaux sociaux.
Mais pour Raphaël Adam, ces interventions ponctuelles ne suffisent pas. Dans son courrier au ministre, il insiste sur la nécessité d’une présence policière pérenne, seule à même de reprendre le contrôle du quartier et de démanteler durablement les réseaux qui y prospèrent. Le maire demande également que des moyens supplémentaires soient affectés au démantèlement des filières d’approvisionnement et de distribution.
Une ville classée en sécurité renforcée
Nanterre bénéficie pourtant déjà d’un dispositif spécifique. Depuis le 3 décembre 2025, la commune figure sur la liste des « villes sécurité renforcée », un label qui ouvre droit à des moyens supplémentaires en matière de police et de prévention. Ce classement fait suite à plusieurs années de dégradation du climat sécuritaire, marquées par des incidents violents répétés et une emprise croissante des trafiquants sur certains secteurs.
Le quartier Pablo-Picasso cristallise ces tensions. Construit dans les années 1970, cet ensemble de tours et de barres compte plusieurs milliers d’habitants. Les points de deal y sont nombreux, les guetteurs omniprésents, et les règlements de comptes réguliers. Les habitants témoignent depuis longtemps d’un sentiment d’insécurité permanent, amplifié par la visibilité du trafic et l’impunité apparente des dealers.
Contexte dans les Hauts-de-Seine
Nanterre, avec ses 97 783 habitants, est la préfecture des Hauts-de-Seine. Située à l’ouest de Paris, elle concentre des quartiers prioritaires de la politique de la ville, dont Pablo-Picasso et le Parc Sud, où se superposent précarité économique et difficultés d’insertion.
Le département enregistre depuis plusieurs années une hausse des violences liées au trafic de stupéfiants, notamment dans les communes de Nanterre, Gennevilliers et Villeneuve-la-Garenne. Les services de police font état d’une professionnalisation accrue des réseaux et d’un durcissement des affrontements entre bandes rivales. L’augmentation de 102 % du trafic sur neuf ans, citée par les syndicats policiers, illustre l’ampleur du phénomène à l’échelle locale.
Une demande de démantèlement durable
Au-delà de la présence policière, Raphaël Adam appelle à une stratégie de long terme. Le maire plaide pour un démantèlement en profondeur des réseaux, impliquant la justice, les services de renseignement et une coordination renforcée entre les échelons national et local. Il souhaite également que des actions de prévention soient menées auprès des jeunes, pour couper les filières de recrutement des trafiquants.
Les élus locaux espèrent que la médiatisation de la situation, notamment via les réseaux sociaux et la presse nationale, incitera le gouvernement à maintenir la pression au-delà des opérations coup de poing. La réponse du ministre Laurent Nuñez au courrier du maire est attendue dans les prochains jours.
Prochaine étape
Le maintien des effectifs de CRS sur place devrait être confirmé ou prolongé dans les jours qui viennent. Une réunion entre la préfecture, la mairie et les services de police est également programmée pour définir un plan d’action coordonné à moyen terme sur le quartier Pablo-Picasso.