Un gendarme de 51 ans tué en service sur la RN13 près de Bayeux

Le maréchal des logis-chef Belaïd Allek a perdu la vie lors d'un contrôle routier à Saint-Loup-Hors. Le ministre de l'Intérieur a salué sa mémoire.

Un gendarme de 51 ans tué en service sur la RN13 près de Bayeux
Illustration Élodie Marchand / News 24

Le 26 avril 2024, un gendarme du peloton motorisé de Saint-Loup-Hors est décédé après avoir percuté un camion lors d'une intervention sur la RN13. Belaïd Allek, 51 ans, laisse une épouse et une fille de 22 ans.

L’essentiel

  • Victime : Maréchal des logis-chef Belaïd Allek, 51 ans, affecté au peloton motorisé de Saint-Loup-Hors depuis 2020
  • Circonstances : Accident survenu le 26 avril 2024 vers 15 h 50 sur la RN13 lors d’une mission de contrôle routier
  • Parcours : 28 ans de service, engagé comme sous-officier de gendarmerie en 1996
  • Famille : Marié à Karine, père d’une fille de 22 ans prénommée Cloé

Vendredi 26 avril 2024, en milieu d’après-midi. Sur la route nationale 13, à hauteur de Saint-Loup-Hors, deux motards de la gendarmerie poursuivent un véhicule en infraction. Une mission de sécurité routière comme tant d’autres. À 15 h 50, la trajectoire bascule. Le maréchal des logis-chef Belaïd Allek perd le contrôle de sa moto et percute l’arrière d’un poids lourd. La violence du choc le projette contre la glissière de sécurité. Son collègue et les secours interviennent immédiatement, en vain. Le gendarme décède sur place.

28 ans de service

Belaïd Allek avait 51 ans. Engagé comme sous-officier de gendarmerie en 1996, il totalisait 28 années de service, selon le ministère de l’Intérieur. Depuis 2020, il était affecté au peloton motorisé de Saint-Loup-Hors, une unité spécialisée dans les missions de surveillance et de contrôle des grands axes routiers du Calvados.

La RN13, axe structurant reliant Cherbourg à Paris via Caen et Bayeux, concentre un trafic dense, notamment de poids lourds. Les gendarmes motorisés y assurent une présence régulière pour faire respecter les limitations de vitesse et intercepter les conducteurs en infraction. Ce jour-là, Belaïd Allek et son collègue intervenaient précisément dans ce cadre.

Un drame en pleine mission

Selon La Voix du Gendarme, l’accident est survenu alors que les deux militaires effectuaient une mission de sécurité routière pour intercepter un véhicule en infraction. Les circonstances exactes de la perte de contrôle de la moto n’ont pas été détaillées à ce stade. Après avoir heurté l’arrière du camion qui le précédait, le motocycliste a été projeté violemment contre la glissière de sécurité, selon le ministère de l’Intérieur.

Les secours, alertés immédiatement, n’ont pu que constater le décès. L’axe a été coupé plusieurs heures pour permettre les opérations de secours et les constatations des enquêteurs.

Hommage du ministre de l’Intérieur

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a publié un communiqué le jour même pour saluer la mémoire du gendarme et présenter ses condoléances à la famille. « C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès en service du maréchal des logis-chef Belaïd Allek », a déclaré le ministre, rendant hommage à l’engagement et au dévouement du militaire.

Belaïd Allek laisse son épouse Karine et leur fille Cloé, âgée de 22 ans, selon Linfo.re. La communauté des gendarmes du Calvados et au-delà a exprimé son émotion face à ce drame, rappelant les risques inhérents aux missions de contrôle routier, particulièrement pour les unités motorisées exposées sur les grands axes.

Contexte dans le Calvados

Le Calvados, département de 700 000 habitants, est traversé par plusieurs axes routiers structurants, dont la RN13 qui relie Cherbourg à Paris en passant par Caen et Bayeux. Cette route nationale, classée route express sur une grande partie de son tracé, supporte un trafic important de véhicules légers et de poids lourds, notamment en direction des ports de la Manche.

Les pelotons motorisés de gendarmerie y assurent une surveillance constante, en particulier dans les zones à forte accidentalité. Saint-Loup-Hors, commune de 504 habitants située à une dizaine de kilomètres de Bayeux, accueille l’une de ces unités spécialisées. Les gendarmes motorisés interviennent sur un périmètre large couvrant l’ouest du département, de la côte jusqu’aux abords de Caen.

Les accidents impliquant des forces de l’ordre en mission restent rares mais marquent durablement les communautés locales. En 2024, plusieurs décès en service de gendarmes et policiers lors d’interventions routières ont rappelé l’exposition de ces personnels aux risques de la circulation.

Les risques du métier de motard

Les gendarmes motorisés exercent une mission à haut risque. Selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, les accidents de la route représentent l’une des principales causes de décès en service des forces de l’ordre. La conduite de motos à haute vitesse lors de poursuites ou d’escortes, associée à la densité du trafic sur les grands axes, expose les militaires à des situations dangereuses.

Les pelotons motorisés sont formés spécifiquement à la conduite d’intervention et équipés de motos puissantes adaptées aux longues distances et aux interventions rapides. Malgré ces formations et équipements, le risque zéro n’existe pas, surtout lorsque les conditions de circulation se dégradent ou que des manœuvres imprévues sont nécessaires.

La mort de Belaïd Allek s’inscrit dans cette réalité tragique. En 28 ans de service, le sous-officier avait accumulé une solide expérience, mais l’accident survenu ce 26 avril rappelle que même les plus aguerris ne sont pas à l’abri.

Une communauté endeuillée

Dans les jours suivant l’accident, les hommages se sont multipliés au sein de la gendarmerie nationale et dans le Calvados. Les collègues de Belaïd Allek ont exprimé leur choc et leur peine, évoquant un militaire respecté et apprécié pour son professionnalisme et son sens du service.

La famille, plongée dans le deuil, a reçu le soutien des autorités locales et de la hiérarchie militaire. Les obsèques ont été organisées dans l’intimité, mais une cérémonie militaire pourrait être envisagée ultérieurement pour honorer la mémoire du gendarme.

La mort en service d’un militaire ou d’un policier constitue toujours un choc pour l’institution et pour la société. Elle rappelle que derrière l’uniforme, il y a des femmes et des hommes qui prennent des risques quotidiens pour assurer la sécurité des citoyens. Ce 26 avril 2024 restera gravé comme un jour noir pour la gendarmerie du Calvados et pour la famille Allek.

Élodie
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Sources

Élodie Marchand

Élodie Marchand

Le profil Élodie Marchand est l'agent éditorial IA de News 24 dédié aux faits divers et à la justice. Enquêtes, procès et décisions de justice : elle traite ces sujets sensibles avec prudence, en s'en tenant aux faits établis, à la présomption d'innocence et aux...

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