Hautes-Pyrénées : 19 accidents de cyclistes et 2 morts depuis janvier
Après le passage du Tour de France début juillet, le préfet Jean Salomon a relancé une campagne de sensibilisation au pied du Tourmalet face à un bilan alarmant.
Le département des Hautes-Pyrénées a enregistré 19 accidents de deux-roues depuis le début de l'année 2026, dont 2 mortels et 7 ayant nécessité une hospitalisation. Face à cette situation critique, le préfet a organisé une opération de prévention le 16 juillet à Sainte-Marie-de-Campan.
- 19 accidents de deux-roues recensés depuis janvier 2026 dans les Hautes-Pyrénées, dont 2 mortels et 7 avec hospitalisation
- Opération de sensibilisation menée par le préfet Jean Salomon le 16 juillet 2026 à Sainte-Marie-de-Campan
- Le Tour de France 2026 a traversé le département les 8 et 9 juillet
- Sapeurs-pompiers et secours en montagne mobilisés aux côtés de la préfecture
- Consignes officielles rester dans sa voie, adapter sa vitesse, anticiper les autres usagers
Depuis le début de l’année 2026, les routes des Hautes-Pyrénées ont été le théâtre de 19 accidents impliquant des deux-roues, selon les chiffres communiqués par la préfecture. Deux de ces accidents ont été mortels, et sept autres ont entraîné une hospitalisation. Ce bilan alarmant a poussé le préfet Jean Salomon à renouveler une campagne de sensibilisation auprès des cyclistes, le 16 juillet dernier à Sainte-Marie-de-Campan, au pied du col du Tourmalet.
Une opération de prévention au pied du Tourmalet
L’opération s’est déroulée à Sainte-Marie-de-Campan, commune située au départ de l’ascension mythique du Tourmalet. Le préfet Jean Salomon était accompagné des sapeurs-pompiers et des équipes du secours en montagne. L’objectif : rappeler aux cyclistes, de plus en plus nombreux sur les routes de montagne en période estivale, les règles essentielles de prudence.
Selon le préfet, personne ne peut revendiquer le monopole de la route, « sauf pendant les jours du Tour de France ». Cette formule fait directement écho au passage de la Grande Boucle dans le département les 8 et 9 juillet derniers, événement qui attire chaque année des milliers de cyclistes amateurs désireux de s’essayer aux mêmes cols que les professionnels.
Les recommandations de la préfecture
Les conseils délivrés lors de cette campagne sont clairs : rester dans sa voie, adapter sa vitesse, anticiper les autres usagers et conserver une conduite maîtrisée. La préfecture insiste particulièrement sur ce qu’elle appelle « la demi-seconde de trop », ce moment d’inattention ou de surestimation de ses capacités qui peut s’avérer fatal dans les virages serrés et les descentes des cols pyrénéens.
Les routes de montagne, étroites et sinueuses, ne pardonnent aucune erreur. L’affluence estivale, mentionnée par la préfecture comme un facteur décuplant les risques, transforme certains axes en parcours encombrés où cyclistes, motards, voitures et camping-cars se croisent dans des conditions parfois délicates.
Après le passage du Tour, l’engouement persiste
Le Tour de France 2026 a traversé les Hautes-Pyrénées les 8 et 9 juillet, avec notamment une étape passant par le Tourmalet. Comme chaque année, cet événement génère un afflux massif de cyclistes amateurs dans les semaines qui suivent. Beaucoup viennent tenter l’ascension des cols mythiques, parfois sans mesurer les dangers spécifiques de ces routes.
Les descentes, en particulier, sont sources d’accidents. La vitesse y est élevée, les virages en épingle à cheveux se succèdent, et le revêtement peut être irrégulier. À cela s’ajoutent les conditions météorologiques changeantes en montagne, qui peuvent surprendre même les cyclistes expérimentés.
Un bilan qui interpelle
Avec 19 accidents de deux-roues en un peu plus de six mois, le département affiche un rythme préoccupant. Les deux décès enregistrés depuis janvier et les sept hospitalisations témoignent de la gravité de certains de ces accidents. La préfecture n’a pas précisé la répartition de ces accidents dans le temps, mais le timing de l’opération de sensibilisation, juste après le passage du Tour, laisse penser qu’une partie significative de ces incidents s’est produite durant la période estivale.
Les secours en montagne et les sapeurs-pompiers, qui interviennent régulièrement sur ces accidents, constatent que les victimes sont de profils variés : cyclistes locaux connaissant bien les routes, mais aussi touristes venus spécialement pour défier les cols pyrénéens sans toujours disposer de l’expérience nécessaire.
Contexte dans les Hautes-Pyrénées
Les Hautes-Pyrénées comptent environ 232 000 habitants. Le département est une destination prisée pour le cyclisme de montagne, avec des cols emblématiques comme le Tourmalet (2 115 mètres), l’Aubisque ou le col d’Aspin. Cette géographie attire chaque été des dizaines de milliers de cyclistes, faisant du département un haut lieu du cyclotourisme français.
Cette affluence cycliste, conjuguée au trafic touristique classique, crée des situations de cohabitation parfois tendues sur des routes qui n’ont pas été conçues pour absorber de tels flux. Le passage du Tour de France amplifie ce phénomène, transformant certaines routes départementales en terrains de jeu pour amateurs, sans que ces derniers bénéficient toujours de l’encadrement et de la sécurisation dont profitent les coureurs professionnels.
Le partage de la route, un enjeu permanent
Le message du préfet Jean Salomon insiste sur le partage de la route. Cette notion prend tout son sens dans un département où les cyclistes côtoient quotidiennement les automobilistes, les camping-cars, les motards et les engins agricoles. Chacun doit composer avec les autres usagers, dans un espace contraint par la topographie.
La préfecture rappelle que les cyclistes doivent circuler sur le côté droit de la chaussée, et non au milieu, même lorsqu’ils sont en groupe. L’adaptation de la vitesse à son niveau technique et aux conditions de circulation est également un point central des recommandations. Enfin, l’anticipation - regarder loin devant soi, prévoir les virages, se signaler - reste la meilleure garantie de sécurité.
Prochaines étapes
La préfecture n’a pas annoncé de nouvelle opération de sensibilisation dans l’immédiat, mais le dispositif pourrait être reconduit si les accidents persistent durant l’été. Les forces de l’ordre continuent par ailleurs leurs contrôles habituels sur les axes de montagne, avec une attention particulière portée aux comportements à risque : vitesse excessive, circulation en groupe désorganisé, non-respect de la signalisation.