Aurore Bergé : un non-lieu de la Cour de justice de la République pour la députée des Yvelines
La ministre déléguée à l’Égalité n’est plus poursuivie pour faux témoignage devant la commission d’enquête sur les crèches.
La Cour de justice de la République a rendu un non-lieu en faveur d’Aurore Bergé, ce 2 juillet 2026. La ministre était mise en cause pour ses déclarations sous serment devant la commission d’enquête parlementaire sur les crèches privées. Une enquête de plus d’un an et demi qui n’a pas établi de lien personnel avec une lobbyiste du secteur.
L’essentiel
- 2 juillet 2026 : la Cour de justice de la République (CJR) prononce un non-lieu pour Aurore Bergé.
- Fait reproché : la ministre avait nié le 30 avril 2024 tout lien amical avec Elsa Hervy, représentante des crèches privées, devant la commission d’enquête.
- Procédure : une information judiciaire ouverte en janvier 2025 après un signalement du bureau de l’Assemblée nationale en octobre 2024.
- Réquisitions suivies : le procureur général Rémy Heitz avait demandé un non-lieu fin mai 2026.
Ce qui s’est passé : une décision attendue
Ce 2 juillet 2026, la commission d’instruction de la Cour de justice de la République a clos l’information judiciaire ouverte à l’encontre d’Aurore Bergé par un non-lieu, selon nos confrères de Parlons Politique. La ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes était soupçonnée de faux témoignage sous serment depuis son audition par la commission d’enquête parlementaire sur le modèle économique des crèches, le 30 avril 2024.
Ce jour-là, Aurore Bergé avait fermement nié entretenir une relation personnelle avec Elsa Hervy, déléguée générale de la Fédération française des entreprises de crèches. « Je n’ai pas de relation personnelle, amicale ou intime avec elle », avait-elle déclaré sous serment. Une affirmation qui a été contredite par des messages privés et des témoignages rassemblés par le journaliste Victor Castanet dans son livre-enquête Les Ogres, paru en septembre 2024.
Du livre à la saisine de la justice
L’affaire prend racine dans les révélations de Victor Castanet, qui a enquêté plusieurs années sur les dérives du secteur des crèches privées. Le livre, qui a provoqué un électrochoc politique, décrit les méthodes de lobbying intensif et les liens étroits entre certains élus et les représentants du secteur. Dans cette publication, l’auteur affirme qu’Aurore Bergé entretenait une relation amicale avec Elsa Hervy, ce que la ministre a toujours démenti.
Le bureau de l’Assemblée nationale, saisi après la publication de l’ouvrage, a décidé le 9 octobre 2024 de signaler les faits à la justice, estimant que les déclarations de la ministre sous serment pouvaient relever du faux témoignage. Une information judiciaire a été ouverte en janvier 2025 par la commission d’instruction de la CJR.
L’enquête, menée par des magistrats de la plus haute juridiction, a duré près de dix-huit mois. Elle a notamment entendu Elsa Hervy, examiné des échanges de messages et confronté les versions des protagonistes. Le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, a requis un non-lieu fin mai 2026, estimant que les éléments ne permettaient pas de caractériser un mensonge délibéré. La commission d’instruction a suivi ces réquisitions.
Réactions : une ministre « soulagée »
L’avocate d’Aurore Bergé, Me Jade Dousselin, a salué cette décision, déclarant à Orange Actu qu’elle « démontre qu’Aurore Bergé a toujours dit la vérité ». La ministre, qui ne s’est pas exprimée publiquement depuis le non-lieu, se serait dite « soulagée » selon son entourage. Cette issue judiciaire met fin à une épée de Damoclès qui planait sur sa carrière politique depuis près de deux ans.
Le clan des opposants, notamment des associations de défense de la petite enfance, n’a pas encore réagi officiellement. Certains estiment que la CJR, souvent critiquée pour sa tolérance envers les ministres, a une nouvelle fois prononcé un non-lieu dans une affaire sensible, comme cela avait été le cas pour d’autres personnalités politiques.
Contexte dans les Yvelines
Aurore Bergé a été députée de la 10ᵉ circonscription des Yvelines depuis 2017, réélue en 2022 et 2024. Elle a occupé plusieurs postes ministériels sous les présidences d’Emmanuel Macron, ce qui lui confère une stature nationale. Dans son département, l’affaire a été suivie de près, notamment dans les communes de sa circonscription (Rambouillet, Chevreuse…), où le secteur de la petite enfance et des crèches privées est particulièrement développé. Plusieurs maires yvelinois avaient d’ailleurs interpellé la ministre sur le sujet lors de réunions locales.
Le non-lieu de la CJR clôt une procédure qui aura duré jusqu’à l’été 2026, alors que le débat sur la régulation des crèches privées reste vif dans le département et au niveau national. Les Yvelines comptent près de 250 crèches, dont une majorité privées, selon les données de la CAF (non vérifiées).
Cette décision judiciaire intervient dans un contexte estival marqué par d’autres faits divers et décisions de justice, comme la relaxe de l’ancien chef d’ETA Josu Ternera, ou encore la mobilisation des secours face aux feux de forêt en Lozère.
Désormais, Aurore Bergé pourra se consacrer pleinement à ses fonctions ministérielles, alors que le gouvernement prépare plusieurs textes sur l’égalité femmes-hommes pour la rentrée parlementaire.