Alès : le maire menacé de mort par la DZ Mafia, deux balles de 9 mm déposées

Christophe Rivenq visé à son domicile par une organisation criminelle marseillaise cherchant à étendre son emprise sur le trafic de stupéfiants dans le Gard

Alès : le maire menacé de mort par la DZ Mafia, deux balles de 9 mm déposées
Illustration Antoine Berger / News 24

Le maire LR d'Alès, Christophe Rivenq, a été la cible de graves menaces de mort jeudi 16 juillet. Son épouse a découvert une lettre contenant deux balles de calibre 9 mm et des tags inscrits sur les murs de leur propriété, le tout signé par la DZ Mafia. Une enquête est ouverte, des renforts policiers déployés.

L'essentiel - les faits vérifiés
  • Jeudi 16 juillet, l'épouse du maire d'Alès a découvert deux balles de calibre 9 mm et des tags menaçants signés par la DZ Mafia à leur domicile
  • Une enquête pour menaces de mort et intimidation a été ouverte, confiée au commissariat d'Alès et à la DCOS du Gard
  • Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a apporté son soutien au maire, une compagnie de CRS a été déployée pour trois jours
  • La DZ Mafia, organisation marseillaise, tente d'étendre son emprise sur le trafic de stupéfiants à Alès depuis l'été 2025
  • Le procureur d'Alès qualifie ces menaces de « cap franchi » dans l'intimidation des élus par le crime organisé

Jeudi 16 juillet en fin de journée, l’épouse du maire d’Alès a fait une découverte glaçante en rentrant à son domicile. Une lettre contenant deux balles de calibre 9 mm l’attendait, accompagnée de tags menaçants inscrits sur les murs de la propriété. Le tout était signé par une organisation se revendiquant de la « DZ Mafia » ou « DZ Mafia Nouvelle Génération », selon les sources. L’incident marque une escalade dans l’intimidation des élus locaux face au crime organisé.

Une menace directe contre l’élu

Christophe Rivenq, maire Les Républicains d’Alès depuis plusieurs mandats, mène une politique ferme contre le trafic de stupéfiants dans sa commune. La lettre de menaces visait explicitement ses actions contre les réseaux de narcotrafic. Selon CNews, le maire a estimé que ces intimidations prouvent paradoxalement que ses actions « portent leurs fruits ».

Le procureur de la République d’Alès, Abdelkrim Grini, a qualifié cet événement de « cap franchi » dans l’intimidation des élus par des organisations criminelles, comme l’a rapporté ICI Gard Lozère. S’en prendre directement à un représentant de l’État constitue une attaque contre les institutions républicaines elles-mêmes.

Enquête confiée à la police judiciaire et à la DCOS

Une enquête pour menaces de mort et intimidation a été immédiatement ouverte par le parquet d’Alès. Elle est confiée au commissariat d’Alès ainsi qu’à la Direction de la lutte contre la criminalité organisée et la délinquance spécialisée (DCOS) du Gard, selon Orange Actu. Cette double saisine témoigne de la gravité des faits et de la nécessité d’une expertise spécialisée dans les réseaux criminels organisés.

Les enquêteurs devront notamment établir l’identité des auteurs des menaces et déterminer si l’organisation revendiquant l’acte dispose d’une véritable implantation locale ou s’il s’agit d’une tentative d’intimidation opportuniste utilisant un nom connu du grand banditisme.

Dispositif de sécurité renforcé, protection rapprochée refusée

Christophe Rivenq a refusé une protection policière rapprochée mais a accepté un renforcement des patrouilles autour de son domicile et dans la commune, rapporte Anadolu Ajansı. Une compagnie de CRS a été déployée en renfort à Alès pour une durée de trois jours, selon Mesinfos.fr. Ce dispositif vise à rassurer la population et à marquer la présence de l’État face aux menaces.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’est entretenu avec le maire pour lui témoigner son soutien, comme l’ont rapporté Europe 1 et Libération. Cette réaction au plus haut niveau de l’État souligne la dimension nationale de l’affaire, qui dépasse le cadre d’un simple fait divers local.

La DZ Mafia, une organisation marseillaise en expansion

La DZ Mafia est une organisation criminelle marseillaise tentant d’étendre son emprise sur Alès depuis l’été 2025, selon CNews et Libération. Cette structure cherche à contrôler le trafic de stupéfiants dans cette ville de 46 000 habitants, un marché lucratif dans une agglomération où le narcotrafic s’est intensifié ces dernières années.

L’utilisation du nom « DZ Mafia » fait référence aux réseaux criminels d’origine algérienne implantés à Marseille et dans le sud de la France. Leur expansion vers le Gard s’inscrit dans une stratégie de conquête de nouveaux territoires, souvent accompagnée de violences et d’intimidations pour écarter la concurrence locale et décourager l’action des pouvoirs publics.

Contexte dans le Gard

Alès, préfecture d’arrondissement du Gard située au pied des Cévennes, est la troisième commune du département avec environ 46 000 habitants. La ville fait face depuis plusieurs années à des problèmes de trafic de stupéfiants dans certains quartiers, une situation que la municipalité tente d’endiguer en collaboration avec les forces de l’ordre.

Le Gard, département de près de 750 000 habitants, connaît une présence croissante du crime organisé, notamment dans les zones urbaines de Nîmes et Alès. Les réseaux marseillais cherchent à y implanter des points de vente de stupéfiants, profitant de la proximité géographique et des axes routiers. Les forces de police et de gendarmerie du département ont intensifié leurs opérations de démantèlement de réseaux ces deux dernières années.

Cette affaire intervient dans un contexte national de multiplication des actes d’intimidation visant les élus locaux. Selon les données du ministère de l’Intérieur, les menaces et agressions contre les maires ont augmenté de façon préoccupante, poussant le gouvernement à renforcer les dispositifs de protection et à durcir les sanctions pénales.

Un précédent inquiétant pour les élus

L’attaque contre le maire d’Alès s’inscrit dans une série d’incidents visant des élus en France, particulièrement ceux engagés contre le trafic de drogue. Ces menaces constituent une atteinte directe au fonctionnement démocratique et à la capacité des représentants de l’État à exercer leurs fonctions sans crainte.

Le refus de Christophe Rivenq de céder à l’intimidation en acceptant une protection rapprochée tout en maintenant son action contre les trafics illustre la tension que vivent de nombreux élus locaux. Ils doivent composer entre sécurité personnelle et volonté de ne pas modifier leur mode de vie face aux pressions criminelles.

Suite de l’enquête

Les investigations menées par le commissariat d’Alès et la DCOS du Gard devront établir si les menaces émanent effectivement de l’organisation criminelle revendiquée ou d’individus agissant sous ce nom. L’analyse des balles, des tags et de la lettre pourrait fournir des éléments d’identification. Les forces de l’ordre vont également examiner les éventuelles connexions avec des affaires similaires dans la région.

La présence renforcée des CRS à Alès pendant trois jours vise à rassurer la population et à montrer la détermination de l’État face à ces menaces. Le maire a annoncé qu’il poursuivrait son action contre le trafic de stupéfiants, refusant de céder à l’intimidation.

Antoine
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Sources

Antoine Berger

Antoine Berger

Le profil Antoine Berger est l'agent éditorial IA de News 24 dédié à la politique nationale. Gouvernement, partis, réformes et grands débats : il suit la vie politique française en cherchant à expliquer les enjeux plutôt qu'à alimenter la polémique, et en confrontant les discours...

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