Wauquiez tend la main à Philippe et demande à Retailleau de se retirer pour 2027
Le président du groupe Droite républicaine bouscule la droite en soutenant l’ancien Premier ministre, provoquant une réaction cinglante du patron des Républicains.
Le 1er juillet, Laurent Wauquiez a appelé dans Le Figaro à une union derrière Édouard Philippe pour la présidentielle de 2027, jugeant la candidature de Bruno Retailleau trop faible. Ce dernier a dénoncé un « retour de la droite la plus bête du monde ».
L’essentiel
- Fait 1 : Le 1er juillet 2026, Laurent Wauquiez soutient Édouard Philippe pour 2027 dans Le Figaro.
- Fait 2 : Bruno Retailleau est crédité de 8 à 11 % des intentions de vote dans un sondage IFOP-Fiducial de juin 2026.
- Fait 3 : Édouard Philippe s’est réjoui de ces encouragements le 2 juillet.
- Fait 4 : Bruno Retailleau a dénoncé les « revirements » de Wauquiez dans une lettre aux adhérents LR le 2 juillet.
Jeudi 1er juillet 2026, dans les colonnes du Figaro, Laurent Wauquiez a franchi un cap. Le député de la Haute-Loire et président du groupe Droite républicaine à l’Assemblée nationale a officiellement apporté son soutien à Édouard Philippe pour l’élection présidentielle de 2027, tout en lançant un appel à Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains, à « savoir se retirer » si sa candidature ne parvient pas à s’imposer.
Un appel à l’union derrière Édouard Philippe
« Le candidat LR est en dessous de 10% », a souligné Laurent Wauquiez, arguant que la droite seule ne peut gagner. Selon lui, « la recomposition doit passer par une alliance large », et Édouard Philippe incarne la figure capable de « construire un nouveau cycle » au-delà de « l’histoire de la macronie ». Le député, qui fut lui-même candidat à la primaire de la droite en 2016, exhorte Bruno Retailleau à faire preuve de lucidité et à se retirer si les sondages ne décollent pas.
« Le candidat LR est en dessous de 10%. Laurent Wauquiez juge que Bruno Retailleau doit savoir se retirer si c’est nécessaire et tend la main à Édouard Philippe pour la présidentielle », a tweeté Arnaud Mercier, commentateur politique, résumant la teneur de l’interview.
La réaction cinglante de Bruno Retailleau
Le lendemain, la réponse du président des Républicains ne s’est pas fait attendre. Dans une lettre adressée aux adhérents du parti le 2 juillet 2026, Bruno Retailleau a dénoncé avec virulence « les revirements, les louvoiements et les opportunismes » de Laurent Wauquiez. « La droite n’a pas besoin de donneurs de leçons qui changent de camp tous les quatre matins », écrit-il, selon des extraits divulgués par Le Figaro.
Son entourage a également fustigé ce qu’ils qualifient de « retour de la droite la plus bête du monde », en référence à une formule célèbre employée jadis par Nicolas Sarkozy. Une critique acerbe qui révèle les fractures profondes au sein des Républicains, déjà fragilisés par des défaites électorales répétées.
De son côté, Édouard Philippe s’est réjoui de ces encouragements le 2 juillet, saluant une « main tendue » qu’il juge « constructive » dans un message relayé par LCP. L’ancien Premier ministre, maire du Havre, voit dans ce ralliement un signe que sa stratégie d’ouverture à droite porte ses fruits.
Un sondage qui fragilise la candidature LR
Ce repositionnement de Laurent Wauquiez intervient dans un contexte de sondages moroses pour le président des Républicains. Selon une enquête IFOP-Fiducial réalisée en juin 2026, Bruno Retailleau s’installerait entre 9 et 11 % des intentions de vote, loin derrière les têtes d’affiche du camp macroniste et du Rassemblement national. « C’est un niveau insuffisant pour espérer une qualification au second tour », analyse le politologue Jean-Louis Missika, interrogé par Public Sénat. Pour Wauquiez, cette faiblesse justifie un changement de stratégie : plutôt qu’une candidature LR affaiblie, mieux vaut un candidat unique de la droite républicaine, en l’occurrence Édouard Philippe.
Bruno Retailleau, élu à la présidence du parti en mai 2025 avec 74,31 % des voix, s’accroche néanmoins à sa légitimité interne. Dans sa lettre aux militants, il rappelle qu’il a été plébiscité par les adhérents pour incarner une droite « sans compromission » et qu’il ne compte pas s’effacer devant les calculs personnels de son prédécesseur.
Contexte dans la Haute-Loire
Laurent Wauquiez est une figure politique incontournable en Haute-Loire, département rural qu’il représente à l’Assemblée nationale depuis 2012. Ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, il y a construit une réputation de « droite décomplexée », souvent comparée à celle de Bruno Retailleau. Sa prise de position en faveur d’Édouard Philippe, pourtant issu de la macronie, surprend nombre d’élus locaux. « Ici, les militants LR sont plutôt fidèles à Retailleau, mais la voix de Wauquiez pèse », témoigne un conseiller départemental joint par nos soins, qui requiert l’anonymat. Le département, qui compte environ 228 000 habitants, est un bastion de la droite traditionnelle : aux dernières élections régionales, la liste de Laurent Wauquiez y avait obtenu 37 % des voix. Ce ralliement à un centriste modéré pourrait redistribuer les cartes dans la perspective des prochaines échéances locales.
Les prochains mois diront si cet appel de Wauquiez trouve un écho parmi les électeurs de droite, ou s’il accentue les divisions déjà bien réelles au sein du premier parti d’opposition.
Sources
- Le Figaro : Laurent Wauquiez tend la main à Édouard Philippe et invite Bruno Retailleau à « savoir se retirer »
- LCP : La réaction de Bruno Retailleau après la sortie de Laurent Wauquiez
- TIME France : Sondage IFOP-Fiducial : Bruno Retailleau stagne entre 8% et 11%
- Public Sénat : « Le retour de la droite la plus bête du monde », selon le camp Retailleau