Gabriel Attal propose un plan choc de 100 000 départs volontaires de fonctionnaires
Pour financer son programme présidentiel « zéro déficit en 2037 », l'ancien Premier ministre détaille un vaste plan d'économies sans hausse d'impôts.
Dans un entretien au Parisien, le candidat Renaissance à l'élection présidentielle de 2027 dévoile un programme de rigueur budgétaire inédit, incluant 100 000 suppressions de postes via des départs volontaires, un gel des prestations sociales et une « règle d'or » constitutionnelle.
L’essentiel
- Fait 1 : Gabriel Attal, candidat à la présidentielle 2027, propose la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires par départs volontaires et non-remplacements.
- Fait 2 : Les secteurs de l’éducation, des armées, de la justice et de l’intérieur sont exclus de ces réductions.
- Fait 3 : Le plan vise un zéro déficit en 2037, avec une économie de 120 à 150 milliards d’euros.
- Fait 4 : Une « année blanche » de gel des prestations sociales est prévue en 2028, hors petites retraites.
- Fait 5 : Attal propose une « impunité zéro » : démission des ministres hors budget et du gouvernement après trois ans de dérapage.
Dans un entretien accordé au Parisien ce 2 juillet 2026, Gabriel Attal a mis les pieds dans le plat. Le candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2027 et président de Renaissance dévoile un programme de rigueur budgétaire d’une ampleur inédite sous la Ve République. Objectif : ramener le déficit public sous la barre des 3 % d’ici 2032 et atteindre le « zéro déficit » en 2037. Pour y parvenir, il mise sur une cure d’austérité massive, sans augmentation d’impôts.
Ce que propose Gabriel Attal
Le cœur du dispositif repose sur la réduction des effectifs de la fonction publique. Attal prévoit la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires via des départs volontaires et le non-remplacement des départs à la retraite. Les secteurs de l’éducation nationale, des armées, de la justice et de l’intérieur sont explicitement épargnés, selon les informations du Parisien. L’effort porterait donc sur les autres ministères et les administrations centrales.
Le candidat chiffre l’économie totale de son plan entre 120 et 150 milliards d’euros. Cette somme doit permettre de financer la baisse des impôts sur les entreprises qu’il promet par ailleurs, tout en réduisant la dette. « Il faut sortir du déni budgétaire », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par l’AFP.
Des mesures sociales douloureuses
Sur le volet social, Attal prévoit une « année blanche » en 2028 : les prestations sociales seront gelées, à l’exception des petites retraites. Une mesure impopulaire qui vise à économiser plusieurs milliards. Le dispositif s’accompagne d’une réforme de l’assurance chômage et d’un allongement de la durée de cotisation pour les retraites, sans plus de précisions à ce stade.
Alors que la cote de confiance d’Emmanuel Macron est en repli selon un récent sondage, Attal cherche à incarner une rupture. Il n’hésite pas à proposer une refonte des règles budgétaires de l’État.
« Impunité zéro » et règle d’or
Le volet institutionnel du programme est tout aussi radical. Attal propose le principe d’« impunité zéro » : un ministre ou un directeur d’administration centrale qui dépasse son budget devra démissionner. Si la trajectoire budgétaire de l’État dérape pendant trois années consécutives, l’ensemble du gouvernement sera sommé de se retirer. Enfin, il souhaite inscrire une « règle d’or » budgétaire dans la Constitution par la voie d’un référendum, et interdire aux parlementaires ayant voté des budgets déficitaires de se représenter.
Ces propositions interviennent dans un climat politique marqué par des tensions sur la laïcité à l’école, mais aussi par une défiance croissante envers les institutions.
Contexte dans le département de Paris
Si le plan d’Attal est national, ses conséquences se feront sentir dans chaque département. À Paris, la concentration des administrations centrales et des services de l’État est la plus forte de France. Les suppressions de postes annoncées pourraient toucher des milliers d’agents dans les ministères économiques et sociaux. La mairie de Paris et les syndicats locaux n’ont pas encore réagi officiellement. Selon les chiffres de l’Insee, la région Île-de-France compte près de 500 000 fonctionnaires d’État, soit le quart des effectifs nationaux. La proposition d’Attal suscite donc une attention particulière dans la capitale, où l’emploi public est un filet de sécurité pour de nombreux ménages.
Un calendrier serré
La prochaine étape pour le candidat sera de convaincre au sein de son propre camp. Les primaires de la droite et du centre doivent se tenir à l’automne. Attal devra aussi affronter les critiques des syndicats de fonctionnaires, qui dénoncent déjà un « matraquage social ». Le débat sur la soutenabilité des finances publiques est lancé.