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Une nouvelle recherche en psychologie suggère que la trypophobie n’est pas seulement un phénomène des médias sociaux

Nouvelle recherche publiée dans Journal trimestriel de psychologie expérimentale suggère que la trypophobie, souvent décrite comme la peur des groupes de petits trous, n’est peut-être pas seulement une sensation virale sur Internet, mais plutôt une véritable condition psychologique. Les résultats suggèrent qu’environ 1 personne sur 10 est touchée.

La trypophobie, qui déclenche des sentiments de dégoût, d’inconfort ou d’anxiété à la vue d’amas de trous, a fait l’objet de recherches scientifiques avec près de cinquante études approfondissant sa nature.

Cependant, cette maladie a également attiré l’attention en ligne, notamment à travers des images de gousses de graines de lotus, de nids d’abeilles ou de chocolat aéré, ce qui amène beaucoup à spéculer qu’il s’agit d’un phénomène induit par les médias sociaux.

La curiosité concernant la prévalence de la trypophobie a conduit les chercheurs à considérer le rôle de l’apprentissage social dans son développement. La théorie de l’apprentissage social suggère que nous apprenons de nouveaux comportements en observant et en imitant les autres. L’équipe de recherche, dirigée par Geoff G. Cole de l’Université d’Essex, s’est demandé si l’exposition à des images trypophobes sur des plateformes comme Facebook ou Instagram pouvait accroître la sensibilité à cette maladie.

L’équipe a mené deux expériences. La première a interrogé plus de 2 558 personnes à l’aide du questionnaire sur la trypophobie pour voir si l’âge et le sexe étaient liés à la trypophobie, car les jeunes et les femmes ont tendance à s’engager davantage dans les médias sociaux. La seconde a recruté 283 individus et s’est concentrée sur la question de savoir si une connaissance préalable de la maladie rendait un individu plus sensible aux stimuli trypophobes, par rapport à ceux qui n’avaient pas entendu parler de la maladie.

Les résultats ont révélé que les personnes plus jeunes et les femmes sont plus susceptibles d’éprouver une plus grande sensibilité à l’inconfort trypophobe, comme l’indiquent les scores plus élevés du questionnaire sur la trypophobie, et que la sensibilité trypophobe diminue systématiquement avec l’âge, ce qui suggère que l’utilisation des médias sociaux joue un rôle dans ce phénomène.

De plus, la sensibilité aux stimuli trypophobes s’est avérée plus forte chez les individus qui avaient déjà entendu parler de la maladie que chez ceux qui n’en avaient pas entendu parler.

Il est toutefois intéressant de noter qu’environ un quart des personnes concernées n’avaient jamais entendu parler de la trypophobie, ce qui suggère que cette maladie s’étend au-delà du domaine de l’apprentissage social via les médias sociaux.

« En ce qui concerne les composantes non sociales de l’apprentissage, c’est bien sûr moins facile à identifier. La condition peut être due à une sensibilité évoluée envers les animaux nuisibles. [An alternative theory] suggère que les humains ont développé une sensibilité aux pathologies cutanées. La preuve en est l’observation selon laquelle les réponses émotionnelles à la trypophobie sont plus importantes lorsque les trous sont placés numériquement sur la peau humaine », suggèrent Cole et ses collègues.

Les auteurs ont conclu : « Dans l’ensemble, ces résultats suggèrent que, bien que la large présence de la trypophobie sur Internet puisse avoir contribué à l’aspect d’apprentissage social du phénomène ; cela ne peut pas être la seule explication.

Bien que l’étude ne reconnaisse pas explicitement les limites, les participants ont été recrutés uniquement au Royaume-Uni, ce qui suggère la nécessité d’un échantillon plus diversifié à l’échelle mondiale.

L’étude, « Le récit d’apprentissage social de la trypophobie», a été rédigé par Geoff G. Cole, Abbie C. Millett et Marie Juanchich.


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