Un religieux chiite irakien dit qu’il va prendre sa retraite, fait craindre des troubles

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BAGDAD – Des centaines de partisans d’un religieux chiite influent ont escaladé les barrières de ciment menant au palais du gouvernement irakien après qu’il a annoncé sa démission de la politique lundi, faisant craindre une plus grande volatilité au milieu d’une crise politique sans précédent.

Peu de temps après que Muqtada al-Sadr a annoncé sa retraite « définitive » de la politique, des centaines de ses partisans se sont précipités au palais du gouvernement, siège du gouvernement intérimaire. C’était la première fois que ses partisans tentaient de pénétrer dans le palais depuis que des milliers d’entre eux ont pris d’assaut le parlement irakien pour empêcher les rivaux d’al-Sadr de former un gouvernement.

Les manifestants ont utilisé des cordes pour abattre les barrières de ciment menant aux portes du palais.

L’armée irakienne a appelé les manifestants à se retirer immédiatement de la zone verte et à faire preuve de retenue “pour éviter des affrontements ou l’effusion de sang irakien”, selon un communiqué.

“Les forces de sécurité affirment leur responsabilité de protéger les institutions gouvernementales, les missions internationales, les biens publics et privés”, indique le communiqué.

Dans un tweet, l’ecclésiastique a déclaré qu’il se retirait de la politique et a ordonné la fermeture des bureaux de son parti. Ce n’est pas la première fois qu’al-Sadr annonce sa retraite de la politique, mais beaucoup craignent que cela ne provoque une nouvelle escalade.

La déclaration d’al-Sadr lundi était une réaction au départ à la retraite du chef spirituel chiite, l’ayatollah Kadhim al-Haeri, qui compte parmi ses partisans de nombreux partisans d’al-Sadr. La veille, al-Haeri a annoncé qu’il quitterait ses fonctions d’autorité religieuse et a appelé ses partisans à soutenir l’ayatollah iranien Ali Khamenei, et non le centre spirituel chiite de la ville sainte de Najaf en Irak.

Cette décision a été un coup dur pour al-Sadr. Dans sa déclaration, il a déclaré que la démission d’al-Haeri “n’était pas de sa propre volonté”.

Al-Sadr a remporté la plus grande part des sièges lors des élections d’octobre, mais n’a pas réussi à former un gouvernement majoritaire, ce qui a conduit à ce qui est devenu l’une des pires crises politiques en Irak ces dernières années.

Son bloc a par la suite démissionné du parlement et ses partisans ont pris d’assaut le mois dernier le bâtiment du parlement à Bagdad. Al-Sadr a exigé la dissolution du parlement et la tenue d’élections anticipées.