Trois sites pornographiques, dont Pornhub, seront confrontés à des réglementations de sécurité européennes plus strictes

L’Union européenne a ajouté mercredi trois sites Web pornographiques à sa liste de plateformes en ligne suffisamment grandes pour être soumises à des réglementations de sécurité plus strictes.

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Les sites pour adultes Pornhub, Stripchat et XVideos rejoignent désormais TikTok, X ou Facebook comme étant désignés « très grandes plateformes en ligne », celles qui comptent plus de 45 millions d’utilisateurs actifs dans l’UE.

Dès fin avril, soit quatre mois après la désignation, les sites devront appliquer des règles plus strictes, notamment pour protéger les enfants, dans le cadre de la nouvelle loi européenne sur les services numériques (DSA).

Les trois nouveaux noms sur la liste portent à 22 le nombre d’énormes plateformes réglementées par Bruxelles dans l’ensemble des 27 pays, selon un communiqué de la Commission européenne.

La commission surveillera la manière dont les plateformes respectent « les mesures visant à protéger les mineurs contre les contenus préjudiciables et à lutter contre la diffusion de contenus illégaux » tels que des images de viol ou de maltraitance d’enfants.

« J’ai été très clair sur le fait que la création d’un environnement en ligne plus sûr pour nos enfants est une priorité en matière d’application de la DSA », a déclaré le commissaire européen à l’industrie, Thierry Breton.

La vice-présidente de l’UE, Margrethe Vestager, a déclaré que la conception des trois sites pornographiques « permettra un contrôle plus approfondi et une responsabilité accrue de leurs algorithmes et processus ».

Les « très grandes plateformes en ligne » ou VLOP sont considérées par Bruxelles comme ayant une « importance systémique » en raison de leur ampleur et doivent démontrer ce qu’elles font pour se conformer au DSA.

Dans sa première réaction à la nouvelle, Pornhub a protesté en affirmant que le site n’avait que 33 millions de téléspectateurs mensuels moyens dans l’Union européenne au cours des six mois précédant le 31 juillet de cette année, soit moins que les 45 millions qui seraient nécessaires pour en faire une très grande plateforme. .

Ceux qui enfreignent les règles pourraient se voir infliger une amende allant jusqu’à six pour cent de leur chiffre d’affaires annuel global, voire interdire d’opérer en Europe en cas d’infractions graves et répétées.

Contenu illégal

Parmi leurs nouvelles obligations, les VLOP doivent analyser les menaces spécifiques posées aux droits et à la sécurité des Européens par le type de contenu qu’ils publient et soumettre un rapport aux régulateurs.

Ils sont soumis à une transparence accrue, avec l’obligation de donner accès à leurs données aux chercheurs agréés par l’UE.

Ils doivent également se soumettre, à leurs frais, à un audit externe une fois par an pour vérifier qu’ils respectent les règles européennes.

Les plateformes doivent s’engager à agir « rapidement » pour supprimer tout contenu illicite dès qu’elles en ont connaissance, et à informer les autorités judiciaires si elles détectent des infractions pénales graves dans le contenu soumis en ligne.

Il leur est interdit d’exploiter les données sensibles des utilisateurs, telles que leurs tendances politiques ou leur foi religieuse, à des fins de publicité ciblée et doivent être transparents sur la manière dont leurs algorithmes suggèrent du contenu.

Aucune entreprise n’a encore été reconnue coupable d’avoir enfreint les nouvelles règles européennes en matière de contenu.

Mais lundi, Bruxelles a ouvert sa première « enquête formelle » en vertu de la DSA visant le réseau social X du baron multimilliardaire de la technologie Elon Musk, rebaptisé Twitter.

Diverses enquêtes préliminaires ont également été ouvertes ces derniers mois contre Apple, Google, Facebook et la société mère d’Instagram Meta, TikTok, Snapchat, YouTube et Amazon.

(AFP)