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Territoire français d’outre-mer sous couvre-feu après des émeutes (VIDÉOS) — RT World News

La Nouvelle-Calédonie a été frappée par de violents troubles après que Paris a proposé de modifier le système de vote local

Les autorités françaises ont imposé un couvre-feu, fermé l’aéroport et interdit tout rassemblement public dans le territoire de l’océan Pacifique de la Nouvelle-Calédonie, balayé par des manifestations et des émeutes déclenchées par une réforme constitutionnelle controversée.

Colonisé par la France au XIXe siècle, l’archipel a une histoire de soulèvements contre les dominations étrangères. La dernière insurrection armée du peuple indigène Kanak a pris fin en 1988, lorsque Paris a accepté d’accorder une autonomie accrue à la Nouvelle-Calédonie.

Les manifestations ont commencé lundi matin en réponse aux modifications proposées au système électoral local. Mardi soir, l’Assemblée nationale française a adopté un projet de loi visant à permettre aux citoyens non autochtones de voter aux élections locales de Nouvelle-Calédonie. La réforme, dont les indépendantistes locaux craignent qu’elle ne réduise le pouvoir de vote des Kanaks, doit encore être approuvée lors d’une session conjointe de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Les violents troubles de lundi et mardi se sont accompagnés d’incendies criminels et de pillages, les médias locaux rapportant que des coups de feu ont été entendus dans la capitale régionale de Nouméa.

« Plus de 130 personnes ont été arrêtées et des dizaines d’émeutiers ont été placés en garde à vue et seront traduits en justice », a indiqué le bureau du haut-commissaire français en Nouvelle-Calédonie dans un communiqué, ajoutant qu’il y avait eu une tentative d’évasion dans une prison de Nouméa.

Le haut-commissaire Louis Le Franc a décrété un couvre-feu de 18 heures à 18 heures et interdit les rassemblements publics, ainsi que le port d’armes et la vente d’alcool. L’aéroport international de La Tontouta à Nouméa a été fermé mercredi jusqu’à nouvel ordre.

Des policiers supplémentaires ont été dépêchés en Nouvelle-Calédonie pour aider à rétablir l’ordre, a annoncé mardi le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin. Il a ajouté que plus de 70 policiers avaient été blessés.

Les autorités françaises ont défendu la réforme, Darmanin qualifiant le projet de loi de « une obligation morale pour ceux qui croient en la démocratie. »





La maire de Nouméa, Sonia Lagarde, a quant à elle exhorté toutes les parties à faire preuve de retenue, avertissant que les troubles pourraient conduire à « une sorte de guerre civile. » Le Haut-commissaire Le Franc a exprimé le même sentiment lors d’une conférence de presse mardi. « Quand on court vers le gouffre, il est toujours temps de s’arrêter, mais pour l’instant nous y allons tout droit » il a dit.

L’accord de Nouméa, signé en 1998, restreint le droit de vote aux élections locales aux Kanaks et aux résidents non autochtones qui vivaient sur le territoire avant 1998. Il a également ouvert la voie à trois référendums sur l’indépendance organisés respectivement en 2018, 2020 et 2021. Dans les trois cas, les électeurs ont rejeté l’indépendance vis-à-vis de la France. Les deux derniers référendums ont toutefois été marqués par une faible participation et par le boycott des partis indépendantistes, qui ont refusé de reconnaître leurs résultats.

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Le territoire cherchant à obtenir son indépendance de la France publie les résultats du vote

L’un des nombreux territoires insulaires détenus par Paris dans le Pacifique, la Nouvelle-Calédonie possède certains des plus grands gisements de nickel au monde et reste l’un des principaux avant-postes français dans la région où les États-Unis et la Chine se disputent l’influence.

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