Revue « Le Sommet des Dieux »: Dans les hauteurs (montagnes)

L’animation emmène les téléspectateurs là où les caméras de cinéma ne voyagent pas facilement – jusqu’au sommet des plus hautes montagnes du monde – dans « Le Sommet des Dieux », une adaptation en français d’un manga japonais.

L’objet qui met en branle l’intrigue est, à juste titre, un appareil photo : dans un bar à Katmandou, un photojournaliste nommé Fukamachi (exprimé par Damien Boisseau) est approché par un inconnu désireux de lui vendre ce qu’il prétend être l’appareil photo que George Mallory a apporté à Everest en 1924. Mallory et son partenaire d’escalade, Andrew Irvine, n’ont pas survécu, mais quelles que soient les images qu’ils ont prises, ils pourraient répondre à la question de savoir s’ils ont atteint le sommet. Lorsque Fukamachi voit par la suite un grimpeur japonais solitaire, Habu (exprimé à différents âges par Éric Herson Macarel et Lazare Herson Macarel), arracher le Vest Pocket Kodak, il soupçonne que l’appareil pourrait être légitime.

Utilisant une approche de la structure légèrement semblable à celle de «Citizen Kane», la première moitié du film alterne les enquêtes de Fukamachi sur ce qui a motivé la disparition de Habu et des flashbacks sur la vie de Habu, le contenu de la caméra servant d’équivalent fonctionnel de Rosebud. Patrick Imbert, qui fait ses débuts en tant que réalisateur de longs métrages, travaille avec une simplicité de ligne et de mouvement et une palette de couleurs tamisées qui semblent devoir plus à certains artistes d’anime qu’aux illustrations texturées du manga original. On dit qu’Imbert s’est inspiré du cinéaste de la « Tombe des lucioles » Isao Takahata, entre autres.

L’action actuelle de ce film qui saute dans le temps est subtilement placée plusieurs années avant la découverte non mentionnée du corps de Mallory, sans caméra, en 1999. En termes limités – capturant la physicalité de l’alpinisme dans le médium éthéré de l’animation – « Le Sommet des Dieux » est distinctif.

Le Sommet des Dieux
Classé PG. En français, avec sous-titres. Durée : 1h35. Regarder sur Netflix.

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