Plus de réponses recherchées sur la mort d’un Autochtone à la prison d’Abbotsford

Une organisation qui fournit des services juridiques aux détenus exhorte le Service correctionnel du Canada (SCC) à enquêter en profondeur sur le traitement d’un homme autochtone dont le décès lié à la drogue est survenu il y a un an à l’Établissement Pacific d’Abbotsford.

Les Services juridiques des prisonniers (PLS) ont présenté des observations lundi 21 novembre au nom de la famille de Kendal Campeau au Comité national des enquêtes du SCC.

Campeau est décédé le 14 novembre 2021 à l’âge de 31 ans d’une toxicité à la méthadone, selon un communiqué de presse de PLS.

À l’époque, il purgeait une peine de sept ans et cinq mois pour des infractions telles que voies de fait, possession aux fins de trafic, usage intentionnel de la force, évasion d’une garde légale et vols qualifiés.

Campeau était membre de la Première nation Yellow Quill et a grandi en Saskatchewan.

Dans leurs observations, PLC a déclaré que la mort de Campeau en prison fait « partie de l’histoire du Canada de séparation forcée des familles autochtones et d’incarcération massive des peuples autochtones ».

“M. La vie et la mort de Campeau représentent bon nombre des problèmes systémiques vécus par les Autochtones en prison, y compris la classification à des niveaux de sécurité plus élevés, l’utilisation de son « histoire sociale autochtone » contre lui, le transfert dans des prisons éloignées de sa famille et de sa communauté, l’utilisation de l’isolement cellulaire prolongé et les agressions violentes et les abus commis par des agents correctionnels ou facilités par des agents », déclare PLC.

L’organisation affirme que Campeau a été transféré loin de sa famille en Saskatchewan vers la Colombie-Britannique en 2019 après avoir été violemment agressé en prison.

En Colombie-Britannique, il a de nouveau été violemment agressé et placé dans une “unité d’intervention structurée” avant d’être transféré à l’Établissement du Pacifique, précise le communiqué.

Il a été retrouvé inconscient dans sa cellule le 14 novembre 2021. Il a été emmené dans un hôpital extérieur puis renvoyé à la prison, où il est décédé plus tard dans la journée.

“M. Campeau avait une longue histoire d’être lésé par les systèmes coloniaux. Bien qu’il soit issu d’une famille aimante et qu’il n’ait subi aucune maltraitance chez lui, il a été retiré de sa famille et placé en famille d’accueil à l’âge de 10 ans », indique le communiqué.

«Sa mère a tenté en vain de reprendre la garde. Il a passé du temps dans des foyers de groupe, où il a été maltraité, notamment en étant retenu de force par des moyens de contention.

« À l’âge de 12 ans, un chien policier l’a attaqué et lui a déchiré le bras. En détention pour adultes, M. Campeau a subi de nombreux abus de la part d’agents correctionnels.

Les abus dont Campeau aurait été victime en prison comprenaient le fait d’avoir été battu et violé par des gardiens et d’avoir été encouragé à mettre fin à ses jours après qu’un agent correctionnel lui ait donné une lame de rasoir, indique le communiqué de presse.

L’Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique (UBCIC) a publié une déclaration mardi 22 novembre, affirmant qu’elle soutenait la soumission de PLS à l’enquête du SCC.

« Nous avons longtemps souffert aux mains des systèmes juridiques canadiens et des créateurs des lois qui nous qualifient de criminels de l’État pour le simple fait d’exister », a déclaré le grand chef Stewart Phillip, président de l’UBCIC.

« L’incarcération de nos peuples a commencé avec la création des systèmes de réserve, puis des pensionnats et se fait maintenant par le biais du système de protection de l’enfance et du complexe industriel carcéral. Nous sommes poussés d’un système à l’autre, confrontés à des abus, du racisme et des mauvais traitements violents à chaque tournant.

L’UBCIC demande au SCC et au gouvernement fédéral de réformer le système pénal canadien afin de mettre pleinement en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et « de refléter un système de justice humain, juste, culturellement pertinent et responsable qui permet la guérison, réhabilitation et réduit la récidive.


vhopes@abbynews.com
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