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TIL FRANÇAIS Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, est un homme de peu de mots et de plusieurs milles aériens. Quand il fait des commentaires, c'est généralement pour déplorer les événements en Syrie, par exemple, ou en Iran. Mais le 9 février, le ministre a laissé sa passion intérieure l'emporter sur lui. La raison? Un emoji. "Le compte à rebours est lancé!" M. Le Drian a tweeté avec enthousiasme. Tous les Bretons, a-t-il exhorté, devraient se mobiliser sur les réseaux sociaux en tweetant un hashtag, dans le cadre d'une campagne pour obtenir un emoji pour le drapeau breton, connu sous le nom de Gwenn ha du. "Allez-y, tweetez notre #emojiBZH et ne vous découragez pas!"

M. Le Drian, né dans la ville bretonne de Lorient, n'était que le dernier à rejoindre un effort pour transformer le drapeau breton rayé noir et blanc en une icône numérique. Promue par www.bzh, qui gère le nom de domaine Internet breton, et la région Bretagne, la campagne a suscité un intérêt pour la première fois en 2017. Le «jour des emoji mondiaux» cette année-là, pour le plus Gwenn ha du a été élu deuxième emoji le plus recherché au monde. (Il a perdu de justesse camarade, une infusion populaire en Amérique latine.) Le mois dernier, un nouvel effort a été fait pour démontrer au consortium Unicode, un organisme mondial soutenu par la technologie qui approuve de nouveaux emojis, un soutien populaire pour le drapeau breton. En quelques heures, le hashtag #emojiBZH était en tête de Twitter en France.

La concurrence pour les nouveaux emojis est féroce. La raclette, un plat de fromage fondu des Alpes, a été rejetée comme trop obscure. Unicode indique que les approximations excluent la nécessité de certains ajouts. Un écureuil, insiste-t-il, peut être représenté par un emoji tamia. Les demandes d'un emoji pour les drapeaux tibétain et catalan sont toujours en attente, bien qu'il y en ait un pour l'île de Man et l'île française de La Réunion.

Royaume indépendant au IXe siècle, la Bretagne fait partie de la France en 1532. Mais l'identité régionale est farouchement défendue, avec des révoltes périodiques, depuis lors. Aujourd'hui, la fierté bretonne et les réseaux puissants perdurent. François Pinault, magnat du luxe, vole le drapeau breton du palais vénitien qui abrite sa collection d'art. En 2018, lors de la présentation de M. Le Drian au pape, le président Emmanuel Macron a plaisanté en disant que «les Bretons sont partout, c'est la mafia française!» Maintenant, cependant, M. Macron a basculé derrière les emoji. Lorsque son photographe officiel, un Bretonne, a tweeté en sa faveur, il lui a donné le "j'aime" présidentiel.

Cet article est paru dans la section Europe de l'édition imprimée sous le titre "Les guerres emoji"

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