Nouvelle-Calédonie: les partis indépendantistes remportent la majorité aux élections anticipées

Les partis pro-indépendantistes ont remporté mercredi pour la première fois la majorité dans le gouvernement collégial de Nouvelle-Calédonie après l’implosion du gouvernement pro-France au début du mois.

Les indépendantistes ont porté leur statut à six membres du cabinet sur onze pour la première fois en 30 ans depuis que l’Accord de Nouméa signé en 1998 a mis fin à des années de violence.

L ‘élection d’ un nouveau gouvernement, selon un scrutin de listes par les 54 élus du Congrès de l ‘île, est intervenue après la chute le 2 février du précédent exécutif qui avait une majorité loyaliste.

Les indépendantistes ont réussi à remporter l’élection grâce à une alliance avec un petit parti marginal, l’Eveil Océanien (EO), dont les trois élus ont voté pour la liste Union Calédonienne-FLNKS. Cette liste a vu l’élection de trois ministres.

L’autre liste nationaliste en tête de l’Union nationale pour l’indépendance-FLNKS (UNI-FLNKS) a également obtenu trois membres dans le nouveau cabinet.

De l’autre côté, les partis loyalistes pro-France se sont divisés en deux listes: celle de la coalition majoritaire dont est issu le président sortant, l’Avenir en Confiance (AEC) qui a remporté quatre portefeuilles ministériels grâce à 18 voix sur 54 au Congrès. et Caledonie Ensemble, un parti de centre-droit, qui en a remporté un.

Cependant, les élections ne se sont pas déroulées comme prévu car l’UC-FLNKS espérait obtenir un siège de plus au lieu des trois qu’il a remporté, ce qui aurait également permis à un représentant de l’Eveil Océanien d’être au gouvernement.

Convoqués par le haut-commissaire de la France, les 11 membres du gouvernement doivent se réunir en fin de journée pour élire un président et un vice-président parmi ses membres.

Le gouvernement s’est effondré plus tôt ce mois-ci après la démission des ministres indépendantistes en raison de projets de vente d’une mine de nickel locale économiquement importante à une multinationale.

Cette décision a provoqué une vague de manifestations violentes, notamment le lancement de cocktails Molotov et la destruction d’équipements et de véhicules dans la mine.

La gestion de la ressource naturelle a été au cœur de la campagne d’indépendance de la France, qui est devenue violente dans les années 1980 et a abouti aux accords de Nouméa en 1998.

En vertu de l’accord de paix, trois référendums sur l’indépendance peuvent être organisés jusqu’en 2022. Jusqu’à présent, le résultat des deux derniers scrutins en 2018 et 2020 a montré que les insulaires étaient favorables au maintien d’un territoire français d’outre-mer, mais le soutien indépendantiste continue d’augmenter.