Mohamed Hussein Tantawi, 85 ans, décède ;  A dirigé l’Egypte après la chute de Moubarak

Mohamed Hussein Tantawi, le général égyptien qui a pris la tête du pays lorsque Hosni Moubarak a été contraint de démissionner au milieu du soulèvement du printemps arabe de 2011, est décédé mardi. Il avait 85 ans.

Sa mort a été annoncée par la présidence égyptienne. Le maréchal Tantawi, qui était malade depuis plusieurs mois, est décédé dans un hôpital du Caire, selon une personne proche de sa famille.

Le maréchal Tantawi, ministre de la Défense de M. Moubarak pendant une vingtaine d’années, a été président du Conseil suprême des forces armées, qui a pris le pouvoir après l’éviction de M. Moubarak. Connu pour sa loyauté inconditionnelle envers l’ancien président, il a supervisé une répression contre les manifestants pro-démocratie qui s’est poursuivie sous Abdel Fattah el-Sisi, l’actuel président égyptien. Le gouvernement du général el-Sissi a depuis fait reculer de nombreuses libertés acquises en 2011.

La mort du maréchal Tantawi est survenue 19 mois après la mort de M. Moubarak dans un hôpital militaire du Caire.

Mohamed Hussein Tantawi Soliman est né au Caire le 31 octobre 1935.

Il a combattu dans la crise de Suez de 1956 et les guerres de 1967 et 1973 avec Israël. Il est devenu ministre de la Défense en 1991, deux ans après que M. Moubarak a destitué le maréchal Abdul-Halim Abu Ghazalah, apparemment en raison de sa popularité croissante.

Le maréchal Tantawi a dirigé l’Égypte pendant 17 mois, du 11 février 2011, date à laquelle M. Moubarak a démissionné, jusqu’à l’élection de Mohammed Morsi en juin 2012.

Après une courte lune de miel, les relations sont devenues de plus en plus hostiles entre les généraux au pouvoir et le mouvement pro-démocratie qui avait mené le soulèvement de 18 jours contre M. Moubarak.

Dans l’un des incidents les plus violents, en octobre 2011, des véhicules militaires blindés ont écrasé des manifestants participant à un sit-in devant le siège de la télévision d’État, tuant plusieurs. Cela a marqué le début d’une campagne féroce pour écraser la dissidence, entraînant la mort de dizaines de personnes aux mains des forces de sécurité dans des escarmouches de rue et l’arrestation de centaines, dont beaucoup de dirigeants de la société civile.

Les groupes de jeunes qui avaient organisé le soulèvement contre M. Moubarak ont ​​accusé le maréchal Tantawi d’employer les mêmes tactiques violentes que son prédécesseur. La consternation face à la brutalité policière avait été un cri de ralliement du soulèvement de 2011. Mais sous le maréchal Tantawi, l’armée a gagné en puissance.

Les mauvais traitements infligés aux détenus détenus par le gouvernement se sont poursuivis, nombre d’entre eux étant arrêtés sur la base d’accusations inventées de toutes pièces. Plus de 10 000 civils ont été condamnés par des tribunaux militaires.

Le maréchal Tantawi et le conseil suprême de l’armée ont bénéficié d’un soutien tiède de la part des Frères musulmans, le groupe islamiste le plus puissant d’Égypte, avant qu’une impasse entre l’armée et le groupe n’atteigne son paroxysme en 2012.

Les Frères musulmans ont longtemps été opprimés sous M. Moubarak. Le groupe a remporté les élections tenues après sa chute. Ils ont d’abord obtenu la majorité au parlement, puis M. Morsi a remporté la victoire aux élections présidentielles de 2012, devenant ainsi le premier civil à occuper ce poste.

Mais un tribunal a dissous le parlement dirigé par les Frères musulmans, et les généraux se sont accordés l’autorité législative et budgétaire et le contrôle du processus de rédaction d’une nouvelle constitution. Ils ont également mis des limites sévères à l’autorité du président quelques jours seulement avant que M. Morsi, qui avait été membre des Frères musulmans, ne prête serment en tant que président en juin 2012.

Seulement deux mois plus tard, M. Morsi a profité d’une attaque de militants contre des troupes dans la péninsule du Sinaï pour renverser le maréchal Tantawi, ainsi que le chef d’état-major, Sami Enan. Il a nommé le général el-Sissi, alors chef du renseignement militaire, au poste de ministre de la Défense. Le général el-Sisi superviserait finalement la destitution de M. Morsi du pouvoir au milieu de nouvelles manifestations de rue.

Le maréchal Tantawi laisse dans le deuil sa femme et ses deux fils.

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