Message au prince Charles : Ceci n’est pas l’Égypte de votre père

GIZA, Egypte — La visite royale a été étroitement chorégraphiée. Les autorités égyptiennes ont fermé les routes, nettoyé les ordures et banni les chameliers, les colporteurs et les touristes, désireux de présenter les pyramides au prince Charles et à Camilla, duchesse de Cornouailles. Mais personne n’a expliqué le chien errant.

Visiblement sombre, il traversa la route à pied, en remuant la queue, juste au moment où la BMW royale noire s’arrêtait devant la Grande Pyramide. Des tirs frénétiques s’ensuivirent. Le chien partit au trot, les hommes en costume exhalèrent. Leurs Altesses Royales ont posé, souri et se sont lancées dans une visite guidée, Charles tenant le bras de Camilla pour la stabiliser sur les rochers.

La tournée de jeudi après-midi était la première visite de la famille royale en Égypte depuis 2006 et leur premier voyage hors de Grande-Bretagne depuis le début de la pandémie de coronavirus, un voyage que les observateurs de la famille royale ont trouvé d’autant plus regardable compte tenu de la santé fragile de la mère de Charles, la reine Elizabeth II, qui a a cédé les droits de voyage à son fils.

Mais l’Égypte que Charles a vue n’était pas la même Égypte qu’il avait vue il y a 15 ans, ni, d’ailleurs, l’Égypte qu’un précédent prince de Galles avait visité à dos de chameau en 1889, sept ans après la conquête de l’Égypte par la Grande-Bretagne et le début de sa occupation de six décennies.

Malgré les chiens errants, cette Egypte n’est la colonie de personne.

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Crédit…Ahmed Hasan/Agence France-Presse — Getty Images

Le prochain arrêt de la famille royale après les pyramides jeudi en dit long sur la destination de l’Égypte, sous le règne du président Abdel Fattah el-Sisi : un nouveau restaurant élégant surplombant les pyramides qui est l’un des joyaux de la volonté du gouvernement d’embellir son attraction vedette, où les détritus et les rabatteurs trop enthousiastes ont eu tendance à brouiller sa majesté.

En fait, M. el-Sisi a prévu une cure de jouvence pour pratiquement toute l’Égypte. Dans sa hâte de moderniser le pays le plus peuplé du monde arabe, il construit une nouvelle capitale tentaculaire, construit de nouvelles routes et de nouveaux ponts à travers le centre du Caire, rase les quartiers informels pauvres et élimine même les tuk-tuks, les taxis à trois roues utilisés dans de nombreux pauvres des pays.

Après des années de troubles politiques et de violence qui ont suivi la révolution égyptienne de 2011, M. el-Sisi, qui a porté le soutien populaire au pouvoir après qu’un coup d’État militaire a renversé le président élu en 2013, a également repositionné le pays en tant que pays poids lourd régional: l’hôte du prochain sommet des Nations Unies sur le climat, un concurrent croissant dans l’industrie du gaz naturel, une destination d’affaires pour les géants européens de l’énergie et de la défense, et un partenaire précieux des États-Unis sur la question israélo-palestinienne.

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