Malgré le résultat des élections, la lutte pour stopper l’autoroute 413 est loin d’être terminée

Le plan controversé de construction de l’autoroute 413 au nord de Toronto a été un enjeu clé lors des récentes élections en Ontario. Les partis d’opposition ont juré d’annuler le projet s’ils formaient le gouvernement, tandis que les progressistes-conservateurs ont promis de « le faire ». Maintenant, compte tenu du résultat des élections, il serait raisonnable de penser que l’autoroute est un fait accompli. Mais ce n’est pas le cas – même pas de loin.

Ottawa a désigné le projet pour un examen en vertu de la Loi sur l’évaluation d’impact fédérale. Cet automne ou cet hiver, il devra décider de procéder ou non à une évaluation environnementale complète. Nous l’espérons certainement.

Il y a trois questions principales qui relèvent clairement de la compétence fédérale : les espèces en péril, les droits autochtones et les changements climatiques.

Premièrement, l’autoroute mettrait en danger de nombreuses espèces en péril inscrites sur la liste fédérale, comme la rainette faux-grillon de l’ouest, un petit poisson appelé méné long, et le gomphe des rapides, une libellule si menacée au Canada qu’on ne peut la trouver que le long de quatre rivières, dont la les rivières Humber et Credit — toutes deux traversées par l’autoroute 413.

Ottawa a la responsabilité de protéger les espèces en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Et compte tenu du piètre bilan de l’Ontario en matière d’espèces en voie de disparition, l’intervention fédérale est essentielle.

Deuxièmement, l’autoroute traverserait le territoire traditionnel de plusieurs Premières Nations et mettrait en péril de nombreux sites archéologiques autochtones. Les Mississaugas de la Première Nation de Credit et la Nation huronne-wendat ont demandé une évaluation environnementale fédérale. Selon ce dernier, « la probabilité que des sites archéologiques ou de sépulture hurons-wendat soient perturbés et endommagés par le projet proposé est importante ».

La Nation huronne-wendat a également déclaré qu’elle n’a pas été suffisamment consultée et accommodée par l’Ontario, et n’a pas confiance qu’elle sera adéquatement consultée et accommodée à l’avenir. Ottawa ferait mieux de prendre cela au sérieux.

Troisièmement, il y a le changement climatique. L’autoroute 413 ajouterait 17 millions de tonnes supplémentaires d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, l’année où le Canada vise à être neutre en carbone.

Le changement climatique est un autre domaine auquel le gouvernement de l’Ontario a essentiellement tourné le dos. En fait, le gouvernement provincial a même fait une affirmation ridicule selon laquelle la construction de l’autoroute réduirait les émissions! L’inverse est vrai – plus d’autoroutes attirent plus de voitures, ce qui signifie plus d’émissions. Cela a été constaté dans le monde entier.

Dans l’ensemble, le gouvernement provincial n’a pas un bon bilan en matière de protection de l’environnement. En fait, des documents divulgués montrent que la province a opté pour le tracé de l’autoroute le plus destructeur pour l’environnement afin de protéger un lotissement qui n’a pas encore été construit.

Le premier ministre Doug Ford a fait campagne en homme changé, prêt à repenser et à réévaluer. Et quand il s’agit de la Ceinture de verdure au moins, il a déjà changé de cap auparavant. Peut-être que face au poids de la preuve et à un tollé public massif, il réévaluera également ce projet.

Sinon, Ottawa a l’autorité et la responsabilité de s’assurer que l’autoroute 413 fasse au moins l’objet d’un examen environnemental approfondi. Ils doivent prendre cette responsabilité au sérieux.