L’UE dévoile son plan de préparation à la bataille contre les variantes du COVID-19

Les nouvelles variantes de coronavirus qui se propagent dans le monde entier représentent un « changement de paradigme » dans la lutte contre le virus, a déclaré mercredi Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, en dévoilant un nouveau plan de l’UE pour lutter contre ces mutations.

Le président a également annoncé un deuxième contrat avec Moderna pour l’achat de 300 millions de doses. Le premier contrat, signé l’année dernière, portait sur 160 millions de doses. Elle n’a donné aucun détail sur le calendrier des livraisons.

Le plan de l’UE pour lutter contre les variantes, appelé HERA Incubator, sera un partenariat public-privé, mettant en commun les connaissances des chercheurs, des entreprises de biotechnologie, des fabricants, du secteur de la santé et des autorités publiques et des régulateurs.

Afin de détecter et d’analyser des variantes, comme celles présentes au Royaume-Uni, au Brésil et en Afrique du Sud, Bruxelles fournira au moins 75 millions d’euros de financement de l’UE pour développer des tests spécialisés pour de nouvelles variantes et pour soutenir le séquençage génomique dans les États membres. à 150 millions d’euros pour l’intensification de la recherche et l’échange de données sur les mutations.

La Commission européenne souhaite également accélérer le processus d’approbation des vaccins adaptés aux variantes afin qu’ils puissent atteindre les citoyens plus rapidement.

À cette fin, Bruxelles laisse la porte ouverte à une autorisation d’urgence avec responsabilité partagée entre les pays de l’UE. Cela représenterait une rupture avec la procédure d’autorisation de mise sur le marché que l’Agence européenne des médicaments (EMA) a jusqu’à présent accordée, mettant entièrement la responsabilité sur les sociétés pharmaceutiques.

Une autre action clé du plan se concentrera sur l’accélération de la production industrielle de vaccins en surveillant les chaînes d’approvisionnement et en éliminant les goulots d’étranglement.

Bruxelles actualisera ses contrats de vaccins, appelés accords d’achat anticipé, pour soutenir le développement de vaccins adaptés. Le plan précise que cela doit être fait « avec un plan détaillé et crédible montrant la capacité de produire des vaccins dans l’UE, à un calendrier fiable », dans une référence voilée aux retards annoncés par AstraZeneca, causés par des problèmes usine.

« Cela ne devrait pas empêcher l’UE d’envisager des sources extérieures à l’UE si nécessaire, à condition qu’elles satisfassent aux exigences de sécurité de l’UE », ajoute la Commission.

En outre, Bruxelles a l’intention de lancer un réseau d’essais cliniques avec 16 États membres et cinq pays associés, dont la Suisse et Israël, pour «échanger des données et inclure progressivement les enfants et les jeunes adultes comme participants aux essais cliniques».

L’incubateur HERA constituera une première étape pour la mise en place de l’Autorité européenne de préparation et de réaction aux urgences sanitaires (HERA), l’un des principaux piliers de l’Union européenne de la santé que von der Leyen veut construire.

Le nouveau plan doit être approuvé par les dirigeants européens, qui se réuniront la semaine prochaine pour une vidéoconférence de deux jours.