L’ONU condamne les restrictions imposées aux Casques bleus au Sud-Liban

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NATIONS UNIES — Le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé mercredi à l’unanimité une résolution condamnant fermement le harcèlement, l’intimidation, les attaques et les restrictions contre la force de maintien de la paix de l’ONU dans le sud du Liban.

Il a également appelé les autorités libanaises à accélérer le déploiement des forces terrestres et navales dans la région frontalière d’Israël.

La résolution, qui prolonge le mandat de la force de maintien de la paix, connue sous le nom de FINUL jusqu’au 31 août 2023, souligne à nouveau l’importance pour toutes les parties de respecter la Ligne bleue tracée par l’ONU entre le Liban et Israël.

Il exprime sa préoccupation face à l’installation récente de “conteneurs” le long de la ligne qui limitent l’accès et la visibilité de la force de l’ONU et à l’incapacité de la FINUL à visiter les zones au nord de la ligne liées aux tunnels qu’Israël a déclaré avoir découverts fin 2018.

Israël a accusé à plusieurs reprises le groupe militant libanais Hezbollah, qui est soutenu par l’Iran, d’empêcher les soldats de la paix de la FINUL d’accomplir leur mandat. Le Hezbollah a combattu Israël jusqu’à une impasse dans une guerre d’un mois en 2006, et en 2019, Israël a détruit une série de ce qu’il a qualifié de tunnels d’attaque creusés sous la frontière par le Hezbollah.

La FINUL a été créée pour superviser le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban après une invasion en 1978. La mission a été élargie après la guerre de 2006 afin que les soldats de la paix puissent se déployer le long de la frontière libano-israélienne pour aider les troupes libanaises à étendre leur autorité dans le sud de leur pays pour la première fois depuis des décennies. Cette résolution appelait également à une cessation complète des hostilités entre Israël et le Hezbollah, ce qui ne s’est pas produit.

La résolution adoptée mercredi ne mentionne pas nommément le Hezbollah, qui reste actif dans le sud du Liban.

Mais l’ambassadeur adjoint des États-Unis, Richard Mills, a noté que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a déclaré dans son dernier rapport que les troupes de la FINUL sont bloquées “de plus en plus fréquemment” dans l’exécution de leur mandat et l’accès aux sites, et l’envoyé américain a fortement indiqué que le Hezbollah était à blâmer.

« La prolifération de conteneurs préfabriqués placés par Vert sans frontières entrave l’accès de la FINUL à la Ligne bleue et exacerbe les tensions dans la région, démontrant une fois de plus que ce soi-disant groupe environnemental agit au nom du Hezbollah », a déclaré Mills.

La résolution condamne « dans les termes les plus forts toutes les tentatives de restriction de la liberté de mouvement du personnel de la FINUL, tous les actes de harcèlement et d’intimidation et toutes les attaques contre les soldats de la paix », y compris les attaques de 2018 à janvier 2022. Elle réitère que l’accord sur le statut des forces entre Le Liban et les Nations Unies donnent aux Casques bleus de la FINUL le pouvoir d’accomplir leur mission sans autorisation ou permission préalable.

La résolution “exige que les parties cessent toute restriction et entrave à la circulation du personnel de la FINUL et garantissent la liberté de mouvement de la FINUL, notamment en autorisant des patrouilles annoncées et non annoncées”, une réaffirmation de l’autorité de la mission de l’ONU à opérer de manière indépendante.

Le Conseil de sécurité a fermement réaffirmé la nécessité pour les forces armées libanaises de se déployer dans le sud du Liban et ses eaux territoriales « à un rythme accéléré ».

Il a aussi vivement encouragé le gouvernement libanais « à accélérer son déploiement d’un régiment modèle » et s’est félicité de l’inauguration de son quartier général le 13 juin, dans le village de Srobbine au Sud-Liban. Le régiment est financé par l’Union européenne.

Il a également fortement encouragé le déploiement accéléré d’un navire de patrouille dans la zone d’opération de la FINUL et a réitéré son appel au gouvernement “pour qu’il présente un plan d’augmentation de ses capacités navales dès que possible”, dans le but ultime de réduire la force maritime de la FINUL et de transférer les responsabilités. au gouvernement.

La FINUL a un plafond de 13 000 personnels en uniforme, mais les derniers chiffres de l’ONU indiquent que moins de 10 650 sont déployés.

Le Liban traverse une crise économique paralysante qui a plongé plus des trois quarts de sa population dans la pauvreté. La livre libanaise a perdu plus de 90 % de sa valeur par rapport au dollar américain. Les infrastructures déjà fragiles du pays se sont encore détériorées après l’énorme explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020, qui a tué plus de 200 personnes, en a blessé plus de 6 000 et détruit plusieurs quartiers de la capitale libanaise.

La résolution du Conseil de sécurité exprime sa solidarité avec le Liban et son peuple suite à l’explosion du port et déplore “l’absence de progrès d’une enquête indépendante, impartiale, approfondie et transparente sur les explosions par le système judiciaire libanais”.

Le conseil a également exhorté les dirigeants politiques libanais à former de toute urgence un gouvernement capable de mettre en œuvre des réformes et de répondre aux “crises sociales, économiques et humanitaires aiguës actuelles et sans précédent”.