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L’Ontario a besoin d’un gouvernement qui légiférera sur la santé, pas sur la pauvreté

Les soins de santé ne sont pas ce qui nous rend en bonne santé. Suffisamment de nourriture, un endroit décent où vivre, de riches liens sociaux et communautaires et l’absence de discrimination nous rendent en bonne santé. Sous-jacent à tout cela, avoir un revenu suffisamment élevé pour vivre dignement est une condition préalable absolue à la santé.

La pauvreté n’est cependant pas une condition passive. Pendant des décennies, nous avons élu des gouvernements qui ont plongé des millions de personnes dans une plus grande pauvreté par le biais de décisions législatives erronées et grossièrement malsaines.

C’est là que nous, avocat et médecin, trouvons un terrain d’entente. Nous travaillons ensemble dans le cadre d’un partenariat santé-juridique appelé Health Justice Program. Financé par Aide juridique Ontario avec le soutien de l’équipe universitaire de santé familiale du St. Michael’s Hospital, le programme offre des services juridiques aux patients en médecine familiale. Les cliniques juridiques communautaires s’associent à des prestataires de soins primaires pour aider les patients à faible revenu à naviguer dans les systèmes juridiques. En collaboration avec nos patients-clients, nous poursuivons les opportunités de réformer les lois et les politiques afin d’améliorer la santé et l’accès à la justice.

La pandémie a augmenté notre charge de travail. Le plus frappant est la façon dont ceux qui vivent avec les revenus les plus bas ont été laissés à leurs souffrances. Nous soutenons depuis longtemps que l’aide sociale doit fournir un revenu de base de subsistance si l’on veut que les personnes vivant dans la pauvreté la plus profonde aient le moindre espoir d’améliorer leur santé. Lorsque la prestation canadienne d’intervention d’urgence (CERB) a été offerte à 2 000 $ par mois, nos gouvernements ont mis en lumière où ils estiment que le niveau vivable devrait être – du moins pour ceux qu’ils jugent dignes.

Les personnes bénéficiant d’Ontario au travail continuent de devoir vivre avec 733 $ par mois, tandis que celles qui bénéficient du Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées reçoivent 1 169 $ par mois. Ces taux n’ont pas augmenté depuis 2018. Depuis lors, l’inflation a augmenté de 11 %. Avez-vous des suppositions quant à la raison pour laquelle les bénéficiaires de l’aide sociale sont les moins en santé dans notre province?

Alors que beaucoup ont apprécié la montée en puissance des soutiens sociaux liés au COVID grâce à des programmes comme le CERB, nous avons vu leur côté sombre et les injustices sociales persistantes qu’ils ont brièvement dissimulées. Comme c’est souvent le cas, les plus vulnérables sont passés entre les mailles du filet.

De nombreuses personnes à faible revenu se sont d’abord fait dire qu’elles étaient admissibles, et on leur demande maintenant de rembourser des fonds qu’elles n’ont pas. Ils sont désormais confrontés à une pauvreté plus profonde qu’avant la pandémie. Les personnes âgées recevant le CERB ont vu leur Supplément de revenu garanti recalculé, ce qui leur a laissé un revenu inférieur une fois les soutiens COVID terminés. Les personnes vivant dans des logements subventionnés ont vu leurs loyers recalculés en fonction de leurs revenus temporairement plus élevés et doivent désormais faire face à des factures mensuelles qu’elles ne peuvent pas payer.

De faibles taux d’aide sociale ne sont pas seulement de la pauvreté imposée par la loi — c’est de la misère et une mauvaise santé imposées par la loi. La recherche a montré qu’une mauvaise santé est une conséquence directe du fait de vivre dans la pauvreté. Ces choix politiques ne nous permettent pas d’économiser de l’argent — en fait, ils fournissent à des gens comme nous — avocats et médecins de l’aide juridique — un flux constant d’affaires, payées à même d’autres poches des deniers publics.

Cette élection, aucun des trois grands partis n’offre assez aux personnes vivant dans une grande pauvreté.

Commençons par augmenter les taux d’assistance sociale au moins aux niveaux offerts par le CERB (plus un supplément supplémentaire pour couvrir les besoins des personnes vivant avec un handicap). Et puis, bâtissons d’autres programmes sociaux pour s’assurer que chaque personne en Ontario voit ses besoins fondamentaux satisfaits, peut vivre à l’abri de la discrimination et peut rester en dehors de nos bureaux juridiques et médicaux.

Alors que nous sommes libérés des restrictions de santé publique nécessaires, nous reconnaissons la beauté de pouvoir à nouveau profiter de notre société et de nos communautés : visiter des restaurants, aller au cinéma et rejoindre les foules lors d’événements sportifs.

Les personnes vivant dans la pauvreté la plus profonde ne jouissent pas d’une telle liberté. Les gouvernements continuent de restreindre leur capacité de participer comme ils l’entendent à notre société. La pandémie nous a montré que nous avons les ressources pour ouvrir ces opportunités à tous. Le 2 juin, nous vous encourageons à choisir un gouvernement qui légiférera sur la santé et non sur la pauvreté.