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Ouvrir le voyage et le tourisme sur des milliers d’îles d’Europe après le COVID-19 ne consiste pas simplement à appuyer sur un bouton, mais nécessite plutôt un effort lent, attentif et finalement plus douloureux que les autres zones côtières.

Comme on ne sait pas combien de temps le virus restera incontrôlé sans un remède efficace ou un vaccin, la destination insulaire devrait adopter des plans pour vivre avec lui pendant au moins deux ans.

Alors que de nombreux secteurs économiques devraient se redresser une fois les mesures restrictives levées, le tourisme international souffrira probablement d’un impact plus durable.

L’impact du COVID-19 sur le tourisme insulaire

La plupart des îles, en Europe et dans le monde, ont préservé leurs populations de la pandémie, en profitant de leur isolement géographique. Les résultats positifs sur les îles leur ont permis de prétendre qu’elles sont des destinations touristiques sans COVID-19.

Les voyageurs dans le terminal des arrivées de l’aéroport de Palma de Majorque, Espagne. EPA-EFE // ATIENZA

Certes, l’impact économique et social associé au verrouillage du tourisme international, qui a frappé juste avant l’ouverture de la saison touristique, est susceptible d’être disproportionné pour les îles les plus dépendantes du tourisme.

Dans les îles Baléares espagnoles, par exemple, le tourisme représente près de 50% du PIB régional, aux îles Canaries environ 35%, dans les îles Ioniennes en Grèce plus de 70%, dans la mer Égée 92% et 42% en Crète.

La perte de l’année touristique saisonnière estivale sera donc un désastre pour les économies insulaires, ainsi que pour les petites et moyennes entreprises (PME) du secteur hôtelier, qui représentent environ 80% de toutes les PME. Sauver tout ce qui est possible en ce moment est donc le scénario le plus réaliste pour les insulaires.

Les voyagistes traditionnels des pays du nord de l’Europe, qui ont joué un rôle crucial dans le développement du tourisme dans les régions insulaires d’Europe, ont déjà annulé tous les contrats, garantis et non garantis, signés avec les hôtels insulaires.

Dans le même temps, les voyagistes ont demandé aux hôtels locaux de consentir des réductions importantes pour la saison en cours et de leur fournir un crédit pour une période de 60 jours après le départ des clients. De plus, ils cherchent à inclure ces conditions dans tous les contrats qui devraient être signés pour 2021.

Bien que légale, cette attitude est injuste envers les entreprises locales, compte tenu des énormes problèmes financiers et des coûts de fonctionnement supplémentaires liés à de nouvelles mesures sanitaires strictes.

De plus, la plupart des clients en ligne, utilisant des plateformes électroniques comme Booking, Airbnb et autres, ont également annulé leurs réservations.

Les compagnies aériennes attendaient un feu vert pour reprendre complètement leurs opérations, mais ont dû reporter la reprise de leurs horaires de vol ou ont été contraintes d’annuler la plupart de leurs vols pendant la majeure partie de la saison des vacances d’été.

L’industrie des navires de croisière, qui pour plusieurs îles a connu une augmentation significative de ses revenus, a arrêté la quasi-totalité de ses activités sans aucun signe clair quand elle a l’intention d’essayer de reprendre ses activités. En conséquence, de nombreuses entreprises locales doutent qu’il soit réaliste de penser qu’elles pourront rouvrir leurs activités.

Efforts pour redémarrer

Les îles, ainsi que d’autres destinations, font désormais pression pour sortir de l’isolement et réorganiser leur activité principale, le tourisme, à tout prix, en prenant le risque d’une éventuelle deuxième vague du virus. Une ouverture réussie dépend non seulement du côté de l’offre (destination), mais aussi du côté de la demande (origine).

L’impact du COVID-19 sur les économies insulaires d’Europe
Une femme est assise sur le banc d’un pont de navire alors qu’elle se dirigeait vers l’île grecque de Samos plus tôt cet été. EPA-EFE // YANNIS KOLESIDIS

En règle générale, les îles ont des infrastructures sanitaires faibles. Leur première tâche est de renforcer les systèmes de santé locaux en ce qui concerne leur capacité à diagnostiquer et éventuellement traiter le COVID-19 ou à assurer une accessibilité rapide à un hôpital ou un rapatriement. Former le personnel des entreprises locales aux nouvelles normes est une condition nécessaire dans le processus de redémarrage complet des opérations.

Ces nouvelles normes, fondées sur des protocoles adoptés comme lignes directrices par diverses organisations ou associations internationales, diffèrent parmi les 27 membres de l’Union européenne, dont certains sont plus souples et parfois plus stricts. Cependant, tous ajoutent une charge et un coût supplémentaires aux entreprises locales.

De plus, les destinations insulaires et leurs entreprises locales sont souvent déroutées par les informations contradictoires ou ambiguës provenant des avertissements de voyage ou des déclarations des fonctionnaires européens et des appels aux pays pour encourager le tourisme intérieur.

Afin d’attirer une part importante de touristes internationaux, les îles européennes, en accord avec les autorités nationales ou régionales, ont annoncé un certain nombre de mesures économiques liées au traitement médical des touristes infectés à destination et au coût de la vie pour leurs familles également.

Presque toutes les îles lèvent leurs quarantaines obligatoires de 14 jours pour les visiteurs qui présentent un certificat sanitaire attestant qu’ils sont COVID-19.

Les conditions les plus importantes pour le retour à la normalité sont la demande réelle des marchés générateurs de tourisme vers les îles. La demande dépend certainement de différents facteurs, tels que l’état de santé général d’une destination donnée, mais aussi la situation sanitaire dans le pays de départ, les directives de voyage en vigueur, la situation psychologique (confiance et confiance) et, enfin et surtout, la situation économique des voyageurs.

De nombreux pays qui font la promotion du tourisme au foyer auprès de leurs citoyens pour cette année ont imposé des quarantaines de 14 jours pour ceux qui voyagent hors de leur pays d’origine. Cela a laissé beaucoup se demander si ces mesures créent des obstacles pour les voyageurs.

Une personne âgée décide-t-elle de partir en croisière s’il n’est pas sûr à 100% qu’il n’y a aucun risque pour sa vie, après les événements horribles qui se sont produits sur les navires de croisière du monde entier?

Plans de relance économique

Au niveau national, la plupart des pays de l’UE ont introduit des programmes d’assistance économique pour les entreprises du secteur touristique. Les mesures comprennent des moratoires fiscaux, des délais prolongés pour le paiement des charges sociales, des subventions salariales, des prêts et des garanties pour les travailleurs et même la nationalisation des entreprises touchées par le coronavirus.

L’UE a annoncé une double proposition pour un nouveau paquet financier de relance qui contribuera à stimuler l’emploi et la croissance. Le financement sera investi pour soutenir les membres de l’UE avec des investissements et des réformes axés sur les transitions vertes et numériques, en stimulant l’économie de l’UE via des investissements privés pour soutenir d’urgence les entreprises européennes viables dans les secteurs, les régions et les pays les plus touchés.

Les îles européennes qui souffrent beaucoup de la crise et planifient déjà des transitions vertes et numériques, devraient acquérir une part équitable de l’enjeu de ce budget.

Messages clé

Le COVID-19, comme toute autre catastrophe naturelle, a eu un impact négatif sérieux sur les économies insulaires d’Europe. Il faudra du temps aux îles pour récupérer leurs niveaux de croissance de la période pré-COVID.

Le concept de «sur-tourisme», qui concernait récemment certaines îles, s’est transformé cette année en «pas de tourisme». Certaines destinations urbaines importantes comme Venise, Barcelone, Paris et Amsterdam sont confrontées à des problèmes similaires et travaillent déjà à revoir leur avenir dans le tourisme.

Cela pourrait être l’occasion pour les îles de commencer à réfléchir à leur modèle de tourisme. C’est à chaque île de décider de proposer son / ses produit (s) touristique (s), mais la transition du modèle existant de tourisme de masse ne sera pas du tout facile, mais le retour à l’ancien modèle n’est pas une alternative envisageable.

L’impact du COVID-19 sur les économies insulaires d’Europe
Deux touristes dans un jardin presque vide dans le centre de Funchal, la capitale de l’île de Madère, au Portugal. EPA-EFE // HOMEM DE GOUVEIA

La création d’une organisation de gestion des destinations (OGD), dotée d’un groupe de travail solide sur la gestion des crises, devrait être une priorité pour toutes les régions insulaires. L’OMD devrait étudier et mettre en œuvre des idées, des suggestions, des lignes directrices et proposer des actions à entreprendre par les autorités locales.

La mise en réseau et la coordination des actions communes, vis-à-vis de tous les aspects de la crise actuelle par l’échange de vues et de bonnes pratiques, est une condition nécessaire pour que les îles deviennent plus résilientes et plus fortes.