Les vaccins contre le virus Ebola arrivent en Guinée après la tempête de poussière

L’OMS a envoyé l’envoi de 11000 doses pour arrêter la propagation de l’épidémie

Un avion spécial transportant une cargaison de vaccins contre Ebola a atterri en Guinée, ce qui permettra à une campagne de vaccination de commencer plus tard mardi.

Une tempête de poussière au Sahara avait contraint l’avion à dévier de sa trajectoire dimanche lorsqu’il a été détourné vers le Sénégal.

Cinq personnes sont décédées récemment en Guinée du virus Ebola, les premiers cas dans la région depuis cinq ans.

Entre 2013 et 2016, plus de 11000 personnes sont mortes dans l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, qui a débuté en Guinée.

En réponse à cette épidémie, des vaccins ont été mis au point, qui ont depuis été utilisés avec succès pour lutter contre les flambées en République démocratique du Congo.

Qui est vacciné contre Ebola?

L’objectif est de vacciner ceux qui ont été en contact avec des patients Ebola ainsi que les agents de santé de première ligne.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que les 11 000 doses, qui sont arrivées dans la capitale, Conakry, seraient acheminées dans la zone proche de la ville sud-est de Nzérékoré en quelques heures pour commencer les vaccinations.

Les doses fournies par l’OMS ne sont pas suffisantes pour des communautés entières, il faut donc décider qui est le plus à risque, rapporte Catherine Byaruhanga, correspondante de la BBC pour l’Afrique.

La région forestière de Guinée est l’épicentre de cette épidémie, comme ce fut le cas en 2013 lorsque la maladie s’est propagée au Libéria et à la Sierra Leone voisins, ajoute-t-elle.

Le pays a officiellement déclaré qu’il faisait face à une épidémie le 14 février, mais l’OMS espère qu’une épidémie majeure pourra être évitée grâce à cette campagne de vaccination.

Comment la dernière épidémie d’Ebola a-t-elle commencé?

Une infirmière qui travaillait dans un centre de santé à Goueké, près de la ville de Nzérékoré, est tombée malade le 18 janvier et a d’abord été diagnostiquée avec la typhoïde puis le paludisme.

Quand elle ne s’est pas améliorée, elle a consulté un pratiquant traditionnel à Nzérékoré, mais est décédée quatre jours plus tard.

Carte montrant le centre de traitement d'Ebola proposé en Guinée

Carte montrant le centre de traitement d’Ebola proposé en Guinée

Plusieurs de ses proches et le guérisseur traditionnel qu’elle a consulté sont alors tombés malades.

Les funérailles communautaires, où les gens aident à laver le corps de la personne décédée, peuvent être un moyen clé de propager Ebola aux premiers stades d’une épidémie.

Les corps des victimes sont particulièrement toxiques. La période d’incubation peut durer de deux jours à trois semaines.

Ebola saute aux humains à partir d’animaux infectés, tels que les chimpanzés, les chauves-souris frugivores et les antilopes des forêts. La viande de brousse – des animaux forestiers non domestiqués chassés pour la consommation humaine – serait le réservoir naturel du virus Ebola.

Il se propage ensuite entre les humains par contact direct avec du sang, des fluides corporels ou des organes infectés, ou indirectement par contact avec des environnements contaminés.

Qu’est-ce qu’Ebola?

  • Ebola est un virus qui provoque initialement une fièvre soudaine, une faiblesse intense, des douleurs musculaires et un mal de gorge

  • Les personnes sont infectées lorsqu’elles sont en contact direct par une peau éraflée, ou la bouche et le nez, avec le sang, les vomissements, les matières fécales ou les liquides organiques d’une personne atteinte d’Ebola

De survivante d’Ebola à médecin stagiaire