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Les sanctions au cœur des élections iraniennes

Les Iraniens se rendront aux urnes vendredi pour élire un nouveau président après la mort d’Ibrahim Raïssi dans un accident d’hélicoptère le mois dernier. La plupart des candidats sont conservateurs, un seul étant qualifié de réformiste par les médias. Mais il n’est pas le seul à se montrer pragmatique en matière de sanctions.

Les Iraniens en ont assez des sanctions occidentales, écrit récemment l’AFP. analyse de la situation à la veille des élections. Même si l’UE est restée fidèle à l’accord nucléaire de 2015, Donald Trump en a retiré unilatéralement les États-Unis lorsqu’il est entré dans le Bureau Ovale, ce qui a nui à l’économie iranienne. Ensuite, l’UE s’est jointe aux États-Unis pour punir l’Iran pour sa politique étrangère, ajoutant ainsi à la douleur.


Les Iraniens en ont assez de ces difficultés causées par les sanctions. Et ce que les six candidats à la présidentielle proposent à leurs citoyens, ce sont des voies différentes pour s’en sortir. Le seul candidat soi-disant réformateur, Massoud Pezeshkian, fait campagne pour une approche de réconciliation avec l’Occident afin de sortir l’Iran de son isolement par rapport à ce même Occident, a rapporté l’AFP, soulignant qu’il a le soutien de l’un des ceux qui ont conçu l’accord nucléaire de 2015, l’ancien ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

Les autres candidats sont tous conservateurs, mais cela ne signifie pas automatiquement qu’ils font tous campagne pour la poursuite de la voie actuelle de l’Iran. L’un d’eux, l’actuel président du parlement iranien, a en effet suggéré de rétablir les relations avec l’Occident, mais seulement si l’Iran peut en tirer quelque chose – une approche pragmatique plutôt qu’idéologique. Dans le même temps, Mohammad Bagher Ghalibaf fait campagne pour que l’Iran continue à développer ses capacités nucléaires, ce qui ne lui fera certainement pas gagner d’amis en Occident.


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Pourtant, certains candidats ne considèrent pas cela comme important. Selon l’AFP, le plus conservateur des candidats, l’ancien négociateur de l’accord nucléaire Saeed Jalili, a fait campagne pour forger des liens encore plus étroits avec la Chine et la Russie, affirmant à plusieurs reprises lors des rassemblements que « la communauté internationale n’est pas composée seulement de deux ou trois pays occidentaux ». « . Plus intéressant encore, Jalili a appelé à des relations plus étroites avec les pays arabes, notamment l’Arabie saoudite.

Parallèlement, l’ancien président réformateur Hassan Rohani a été cité par l’AFP, affirmant que les sanctions coûteraient à l’Iran environ 100 milliards de dollars par an en pertes directes et indirectes dues aux exportations de pétrole et de produits pétroliers. Rohani faisait référence aux conditions préférentielles d’un accord pétrolier avec la Chine, qui, après le retour des sanctions américaines, est devenue le plus gros client pétrolier de l’Iran.

Malgré ces rabais et sanctions, l’Iran a récemment réussi à augmenter sa production et ses exportations de pétrole. Plus tôt cette année, les exportations ont atteint leur plus haut niveau en six mois, selon les données de suivi des marchandises de Vortexa, atteignant 1,56 million de barils par jour. Cette augmentation, selon les analystes, est le résultat de la mise au point par l’Iran de moyens de contourner les sanctions.

« Les Iraniens maîtrisent l’art du contournement des sanctions », avait alors déclaré au Financial Times Fernando Ferreira, responsable du service des risques géopolitiques chez Rapidan Energy Group. « Si l’administration Biden veut vraiment avoir un impact, elle doit se concentrer sur la Chine. »

Pendant que l’administration Biden y réfléchit, l’Iran envisage d’augmenter sa production de pétrole. Le pays envisage une production quotidienne moyenne de 4 millions de barils, contre 3,6 millions actuellement. Pour rappel, avant que les États-Unis ne rétablissent les sanctions contre l’Iran, le pays produisait 4,3 millions de barils par jour.


Reste à savoir à la fin de la semaine si le prochain président iranien sera un réformiste ou un conservateur avec une tendance pragmatique – ou pas du tout. Quel que soit le vainqueur, le dernier mot sur des questions comme la politique étrangère ou le programme nucléaire reviendra au guide suprême du pays, l’ayatollah Ali Khamenei. Pourtant, le prochain président iranien pourrait éventuellement devenir le nouvel ayatollah, prenant les décisions finales sur la future politique iranienne.

Par Irina Slav pour Oilprice.com

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