Les dirigeants musulmans français approuvent la «  charte des principes  » soutenant les valeurs laïques du pays

Les dirigeants musulmans français ont soutenu une « charte de principes » rejetant l’islam politique et approuvant la création d’un conseil qui formera les imams à la prédication dans le pays.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM), qui est l’interlocuteur officiel de la confession musulmane auprès de l’Etat, travaille sur la charte depuis des semaines, sous la pression du gouvernement suite au dévoilement d’une loi visant le séparatisme islamiste.

Le texte intégral de la Charte n’a pas encore été rendu public mais le CMFM a déclaré dimanche dans un communiqué qu’il « réaffirme la compatibilité de la foi musulmane avec les principes de la République, y compris la laïcité, et l’attachement des musulmans en France à leur citoyenneté à part entière. « 

« Il rejette l’instrumentalisation de l’islam à des fins politiques comme une ingérence de l’Etat dans l’exercice de la foi musulmane », a-t-il ajouté.

Il a affirmé que tout citoyen français, y compris ceux de confession musulmane, doit avant tout respecter les lois du pays et respecter des principes tels que l’égalité des sexes, la liberté de religion et le rejet de toute discrimination.

Le CFCM a également déclaré sa « volonté unanime de mettre en place le plus rapidement possible un Conseil national des imams (CNI) » et a déclaré que des consultations seraient ouvertes prochainement avec les acteurs locaux, les imams et les chefs de mosquées.

Des représentants du CFCM seront reçus lundi par le président français Emmanuel Macron et le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

La charte fait suite à une poussée du gouvernement pour combattre ce qu’il appelle «l’islam radical» et protéger la laïcité du pays.

Un projet de loi « renforçant les principes républicains » dévoilé en décembre 2020 vise à réprimer le financement religieux étranger, à mettre fin à un système permettant aux imams de former à l’étranger et à réduire l’enseignement à domicile – qui, selon le gouvernement, est utilisé par certains pour envoyer leurs enfants dans la clandestinité écoles.

Le projet de loi et les commentaires formulés par Macron à la suite du meurtre de Samuel Paty, un enseignant décapité après avoir montré des caricatures du prophète Mahomet dans une classe sur la liberté d’expression, avaient déclenché une réaction brutale dans certains pays à majorité musulmane.