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ISTANBUL (Reuters) – La principale opposition turque a semblé remporter dimanche la victoire à l'élection du maire d'Istanbul, infligeant l'un des coups les plus durs au président Tayyip Erdogan au cours de ses 16 années au pouvoir.

Ekrem Imamoglu, candidat à la mairie du Parti laïc républicain populaire (CHP), était en tête avec 53,6% des voix, contre 45,4% pour le candidat du Parti AK (AKP) d’Erdogan, avec près de 95% des suffrages exprimés, ont annoncé les radiodiffuseurs turcs.

"Mon rival est désormais en tête", a déclaré le candidat à l'AKP et ancien Premier ministre Binali Yildirim, quelques minutes après la publication des premiers résultats.

«Je le félicite et lui souhaite toute la chance. Mon souhait est que Imamoglu serve bien Istanbul », a-t-il déclaré.

Imamoglu avait remporté l'élection initiale du maire le 31 mars par une faible marge, ce qui avait poussé l'AKP à demander une nouvelle candidature, citant ce qu'il avait déclaré être des irrégularités de vote.

La décision du Haut Conseil électoral d’accéder à cette demande a suscité des critiques de la part des alliés occidentaux de la Turquie et des opposants d’Erdogan chez lui, suscitant des inquiétudes quant à l’état de droit et soulevant les enjeux d’une relance que de nombreux Turcs considéraient comme un test de la démocratie de leur pays.

REMANIEMENT MINISTÉRIEL?

Erdogan était le maire d’Istanbul dans les années 90 avant de se lancer dans une carrière politique nationale. Il dominait la politique turque d’abord en tant que Premier ministre, puis en tant que président. Il a présidé pendant des années de forte croissance économique, mais les critiques affirment qu'il est devenu de plus en plus autoritaire et intolérant à l'égard de la dissidence.

Si elle est confirmée, cette deuxième défaite à Istanbul, la plus grande ville et le principal pôle commercial de Turquie, sera un embarras majeur pour le président et pourrait également affaiblir ce qu’il semblait, jusqu’à récemment, être son fer de lance au pouvoir.

Les analystes estiment que cette perte pourrait entraîner un remaniement ministériel à Ankara et des ajustements de la politique étrangère.

La Turquie est en train de trouver un équilibre entre ses relations diplomatiques avec la Russie et les États-Unis, qui ont menacé de sanctions leur allié de l'OTAN pour l'achat de défenses antimissiles russes.

Le revers pour Erdogan, qui a mené une dure campagne à Istanbul, pourrait également déclencher des élections nationales plus tôt que 2023, comme prévu.

Le vote à Istanbul est considéré comme un test pour Erdogan
Diaporama (28 Images)

L’économie de la Turquie est à présent en récession et les États-Unis, son allié de l’OTAN, ont menacé de sanctions si Erdogan réalisait des plans pour installer des défenses antimissiles russes.

L’incertitude entourant le sort d’Istanbul, centre névralgique des affaires en Turquie, et les retards éventuels dans le cadre de réformes économiques plus vastes ont maintenu les marchés financiers sous tension. La lire turque a chuté après la décision d’annuler le vote de mars et est en baisse de près de 10% cette année en partie à cause de la nervosité électorale.

Daren Butler, Ece Toksabay, Eylul Aytan et Tuvan Gumrukcu; Écrit par Jonathan Spicer et Humeyra Pamuk; Édité par Gareth Jones

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Source

Heliabrine Monaco

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