Le vice-Premier ministre Freeland comparaîtra aujourd’hui devant l’enquête sur la Loi sur les mesures d’urgence

La vice-première ministre et ministre des Finances Chrystia Freeland comparaîtra aujourd’hui devant l’enquête sur l’utilisation par le gouvernement de la loi sur les mesures d’urgence en réponse aux manifestations contre le mandat du vaccin anti-COVID-19 l’hiver dernier.

Plusieurs membres du personnel du premier ministre Justin Trudeau doivent également témoigner, dont Katie Telford, chef de cabinet de Trudeau. Telford sera rejoint par le chef de cabinet adjoint Brian Clow et le directeur des politiques de Trudeau, John Brodhead.

Les trois membres du personnel offriront un rare aperçu du fonctionnement interne du Cabinet du premier ministre et seront probablement confrontés à des questions sur les délibérations qui ont précédé l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence.

En tant que ministre des Finances, Freeland est susceptible de répondre à des questions sur les impacts économiques des manifestations et la décision de donner aux autorités des pouvoirs d’urgence pour geler les finances de ceux qui sont liés aux manifestations.

Les données présentées à l’enquête la semaine dernière suggèrent qu’environ 280 comptes bancaires avec environ 8 millions de dollars d’actifs ont été gelés en raison des mesures d’urgence.

Isabelle Jacques, sous-ministre adjointe au ministère des Finances, a déclaré à l’enquête que l’objectif du gel des avoirs était de dissuader les gens de se joindre aux manifestations illégales et d’en motiver d’autres à rentrer chez eux.

Mais Brendan Miller, un avocat de certains des organisateurs de la manifestation, a soutenu en contre-interrogatoire que l’ordre de geler les comptes était un acte de portée excessive et que l’arrêt de la collecte de fonds sur les plateformes de financement participatif violait le droit des Canadiens à la liberté d’expression.

Les blocages coûtent des milliards de dollars

Plus tôt ce mois-ci, l’enquête a entendu Transports Canada estimer que jusqu’à 3,9 milliards de dollars d’activité commerciale ont été interrompus en raison des blocus frontaliers à travers le pays liés aux protestations des convois.

À divers moments au début de 2022, des manifestants ont bloqué les passages frontaliers à Windsor, en Ontario, la petite ville de Coutts, en Alberta, à Emerson, au Manitoba, et sur la Pacific Highway à Surrey, en Colombie-Britannique.

Le blocus du pont Ambassador à Windsor a paralysé les échanges commerciaux estimés à 2,3 milliards de dollars, estime Transports Canada.

En mars, les analystes du commerce de détail ont déclaré que le total des dommages économiques des blocus peut aller d’environ 44 millions de dollars à 200 millions de dollars pour les camions et les manifestants qui ont occupé les rues d’Ottawa pendant 23 jours.

Les estimations déposées à l’hôtel de ville d’Ottawa suggèrent les coffres de la ville ont pris un coup de 37 millions de dollars à cause des protestations.

La GRC a dépensé plus de 1,6 million de dollars lors du Freedom Convoy à Ottawa, selon une demande d’accès à l’information de la CBC.

Des documents ont également révélé que la force avait dépensé 1,2 million de dollars supplémentaires pour surveiller les manifestations en Alberta, principalement à la frontière américaine à Coutts.

Freeland sera le septième ministre fédéral à comparaître à l’enquête cette semaine et sera le dernier ministre avant que Trudeau ne livre son témoignage très attendu.