Le suspect reste en détention après qu’un touriste allemand ait été mortellement poignardé lors d’un « attentat terroriste » à Paris

L’attaque meurtrière s’est produite dans le 15e arrondissement de la capitale française, l’agresseur ayant utilisé un couteau pour tuer le touriste allemand, qui n’a pas été identifié.

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Un islamiste radical apparent qui a tué samedi soir un jeune touriste germano-philippin et blessé deux autres personnes près de la tour Eiffel à Paris est toujours en garde à vue, un suivi psychiatrique étant attendu.

Selon une source proche de l’enquête, l’accusé, Armand Rajabpour-Miyandoab, a été condamné à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs en vue de préparer un acte de terrorisme, après une action violente planifiée à la Défense en 2016. Il a été libéré. de prison en 2020 après quatre ans de détention.

Trois « membres de l’entourage » de l’agresseur sont actuellement en garde à vue, a indiqué dimanche le parquet national antiterroriste.

Les faits se sont déroulés samedi vers 21 heures, ville locale, dans un lieu très touristique de la capitale, à proximité du pont de Bir Hakeim qui enjambe la Seine.

Le touriste poignardé était de nationalité allemande et philippine. Selon le médecin urgentiste Patrick Pelloux, de garde, l’homme et sa compagne, grièvement choquée mais n’ayant subi aucun dommage corporel, étaient tous deux infirmiers.

L’agresseur s’en est ensuite pris à deux hommes avec un marteau. Il s’est avéré qu’il s’agissait d’un Français de 60 ans et d’un Britannique de 66 ans.

Dimanche, le ministre allemand de l’Intérieur a dénoncé l’attaque comme un « crime abominable ».

Rajabpour-Miyandoab, un Franco-Iranien de 26 ans, a été arrêté par la police peu après l’attentat et placé en garde à vue dans les locaux de la section antiterroriste.

Une vidéo sans son diffusée sur les réseaux sociaux montre des policiers tenant sous la menace d’une arme un homme, vêtu de noir et le visage partiellement caché, qui recule pour s’éloigner d’eux dans la rue, tout en brandissant un marteau dans leur direction.

Selon le maire du 15e arrondissement Philippe Goujon auprès de l’AFP, l’agresseur a déclaré aux policiers qui se sont approchés pour l’interpeller qu’il était en possession d’une ceinture explosive, ce qui n’a pas été le cas.

Connu de la justice pour islamisme radical et troubles psychiatriques, il avait crié « Allah akbar » – soit « Dieu est grand » au moment des faits, selon une source policière.

Il aurait déclaré à la police qui l’avait arrêté qu’il « ne pouvait plus supporter de voir mourir des musulmans, tant en Afghanistan qu’en Palestine ».

Il a également accusé la France d’être « complice de ce que faisait Israël » au Moyen-Orient.

L’agresseur a publié une vidéo sur les réseaux sociaux revendiquant la responsabilité de son agression, ont confirmé à l’AFP des sources policières et sécuritaires.

La France est sous une alerte terroriste accrue depuis l’assassinat, en octobre, d’un enseignant à Arras, dans le nord du pays, par un ancien élève originaire de la région d’Ingouchie, dans les montagnes du Caucase russe, et soupçonné de radicalisation islamiste. Cette attaque meurtrière survient trois ans après qu’un autre enseignant ait été tué près de Paris, décapité par un Tchétchène radicalisé, puis tué par la police.

L’attentat de samedi a fait monter le niveau de peur dans la capitale française, toujours marquée par les attaques de 2015 contre des cafés et un music-hall par des islamistes radicaux qui avaient fait 130 morts.

« Nous ne céderons rien face au terrorisme. Jamais », a déclaré la Première ministre Elisabeth Borne sur X, anciennement Twitter, en adressant ses condoléances aux victimes et à leurs familles.