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Le long COVID vaincu par les psychédéliques ? Une étude de cas détaille une récupération inhabituelle

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Une étude de cas récente publiée dans Rapports de cas cliniques décrit le parcours d’une femme de 41 ans qui s’est tournée vers la psilocybine et la MDMA pour gérer ses symptômes post-COVID débilitants. L’article soulève la possibilité intrigante, qui est loin d’être certaine, que les substances psychédéliques pourraient aider à soulager les symptômes psychologiques et cognitifs associés au Long-COVID.

Le long COVID, également connu sous le nom de séquelles post-aiguës de l’infection par le SRAS-CoV-2, englobe une gamme de symptômes qui persistent bien au-delà de la guérison initiale du COVID-19. Ces symptômes peuvent inclure la fatigue, les troubles cognitifs, l’anxiété, la dépression, les douleurs articulaires et les maux de tête. Malgré les recherches en cours, les options de traitement efficaces contre la COVID-19 longue restent limitées.

La psilocybine, un composé psychédélique naturel présent dans certains champignons, est utilisée dans les pratiques spirituelles depuis des siècles. Ces dernières années, la recherche scientifique a commencé à découvrir ses bienfaits thérapeutiques potentiels, en particulier pour les problèmes de santé mentale tels que la dépression, l’anxiété et le trouble de stress post-traumatique.

La MDMA, communément appelée ecstasy, est une autre substance psychoactive qui s’est révélée prometteuse en milieu clinique, notamment pour traiter le trouble de stress post-traumatique. On pense que la psilocybine et la MDMA offrent des avantages thérapeutiques (lorsqu’elles sont combinées à une psychothérapie de soutien) en améliorant le traitement émotionnel et la connectivité cérébrale.

Le sujet de la nouvelle étude de cas est une femme de 41 ans, auparavant en bonne santé, qui a présenté de graves symptômes de longue durée du COVID après avoir contracté le virus en février 2022. Bien qu’elle ait reçu trois vaccins, elle a développé un large éventail de symptômes post-COVID, notamment des symptômes graves. anxiété, dépression, insomnie, douleurs articulaires, difficultés cognitives et un type unique de maux de tête distinct de ses migraines préexistantes.

Les premiers traitements traditionnels n’ont apporté que peu de soulagement. Ceux-ci comprenaient des médicaments, de la physiothérapie, des massages, du jeûne intermittent et de la méditation. Le patient a même essayé des thérapies chiropratiques et ostéopathiques, qui n’ont apporté que des améliorations légères et de courte durée. Frustrée par le manque de solutions efficaces et les longs délais d’attente dans les cliniques spécialisées, elle a décidé d’explorer l’utilisation des psychédéliques sous la direction d’un thérapeute.

Sa première séance consistait à consommer un gramme de champignons à psilocybine séchés. Elle a signalé une amélioration de 20 % de ses symptômes en une semaine, même si elle a ressenti des frissons dès l’apparition des effets du médicament. Sa deuxième séance, qui a eu lieu 24 jours plus tard, combinait de la MDMA avec une dose plus élevée de champignons psilocybine, ingérée sous forme de thé. Cette séance a apporté des améliorations significatives, notamment une réduction marquée de ses symptômes et un sentiment de bien-être accru. Ses fonctions cognitives se sont notamment améliorées, ce qui lui a permis de reprendre ses études doctorales et de retourner au travail.

Malgré une rechute des symptômes suite à un syndrome grippal non lié au COVID début novembre, une autre séance de psilocybine a conduit à une rémission complète. La patiente a signalé un soulagement significatif et a pu maintenir ses responsabilités académiques et professionnelles.

Les études de cas offrent des informations précieuses, en particulier dans les domaines où les essais cliniques sont limités, voire inexistants. Ils permettent une observation détaillée et une documentation de la réponse d’un individu à un traitement, fournissant ainsi une riche source de données pouvant éclairer les recherches futures et la pratique clinique. Dans ce cas, le récit détaillé des expériences du patient met en évidence le potentiel des psychédéliques comme traitement des symptômes du Long COVID.

Cependant, les études de cas comportent également des limites importantes. Les résultats d’un seul cas ne peuvent être généralisés à l’ensemble de la population. Il existe un manque de contrôle et de randomisation, qui sont essentiels pour établir des relations causales. De plus, les effets placebo et les rapports subjectifs peuvent influencer les résultats perçus. Malgré ces limites, les études de cas peuvent susciter l’intérêt et jeter les bases d’études plus approfondies et contrôlées.

« Comme pour tout rapport de cas, la présente étude est limitée dans sa généralisabilité. Une relation de cause à effet universelle entre les psychédéliques et le Long-COVID peut ne pas être établie, en particulier compte tenu du manque de mise en aveugle, de randomisation et de surveillance directe du protocole de dosage des psychédéliques dans cette étude. Cependant, ce cas renforce la nécessité d’une enquête plus robuste avec des échantillons de plus grande taille sur l’utilisation de psychédéliques pour une maladie chronique mal contrôlée telle que Long-COVID », ont conclu les chercheurs.

« La COVID longue est une maladie complexe qui peut être difficile à gérer et à traiter. Les options de traitement traditionnelles peuvent ne pas être efficaces pour tous les individus, et des options de traitement alternatives sont nécessaires. Nous rapportons le cas d’une patiente utilisant des psychédéliques et constatant une amélioration spectaculaire de ses symptômes de Long COVID. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si les psychédéliques sont sûrs et efficaces contre le Long-COVID et pour comprendre les mécanismes d’action potentiels.

Le papier, « Les symptômes du COVID long se sont améliorés après un traitement par MDMA et psilocybine : un rapport de cas», a été rédigé par Harman Chopra, Tim Furnish, Monica Verduzco-Gutierrez, David S. Jevotovsky et Joel Castellanos.


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