Le gouvernement fédéral publiera sa déclaration économique d’automne le 3 novembre alors que les économistes s’inquiètent d’une récession

La vice-première ministre Chrystia Freeland a déclaré vendredi qu’elle présentera l’énoncé économique d’automne du gouvernement le 3 novembre — la première occasion pour les Canadiens d’examiner de plus près les livres d’Ottawa depuis le budget du printemps.

La déclaration intervient à une époque de hausse des taux d’intérêt et d’incertitude économique considérable.

Finances Canada a déclaré que la déclaration – qui comprend un aperçu du déficit et de la dette nationale prévus pour l’année à venir ainsi que des détails sur les nouveaux programmes fédéraux prévus – fournira des informations sur l’état de l’économie canadienne dans un environnement mondial difficile et décrira les le plan du gouvernement pour continuer à bâtir une économie qui fonctionne pour tout le monde. »

Freeland a fait le tour du pays pour avertir les Canadiens que les mois à venir pourraient devenir difficiles alors que les hausses de taux de la Banque du Canada se répercutent sur l’économie, faisant grimper le coût d’emprunt pour les particuliers et les entreprises.

Mais certains signes précurseurs indiquent que la santé financière d’Ottawa pourrait être bien meilleure qu’on ne le pensait auparavant, grâce à la hausse des prix du pétrole et à la croissance des impôts des particuliers et des sociétés en cette ère de forte inflation.

Selon les chiffres publiés jeudi dans les Comptes publics du Canada, le grand livre financier du gouvernement, le déficit budgétaire pour l’exercice 2021-2022 s’est élevé à 90,2 milliards de dollars, soit nettement moins que le déficit de 113,8 milliards de dollars que Freeland avait prévu dans son budget d’avril.

Risque de “ralentissement mondial plus sévère”

Dans une perspective économique et financière publiée plus tôt ce mois-ci, le directeur parlementaire du budget (DPB) prévoit un déficit budgétaire de 25,8 milliards de dollars – ou 0,9 % du PIB – pour l’exercice 2022-23 si le gouvernement poursuit la « politique du statu quo ». ce qui signifie qu’il n’y aura pas de nouvelles dépenses majeures pour les programmes. C’est nettement moins que les prévisions du budget d’avril de 52,8 milliards de dollars.

Mais Yves Giroux, le directeur parlementaire du budget, a déclaré que les hausses de taux de la banque centrale pour maîtriser le risque d’inflation plongeaient le Canada dans une récession.

“Avec le resserrement synchronisé de la politique monétaire par les principales banques centrales du monde pour réduire l’inflation élevée, il existe un risque d’un ralentissement mondial plus sévère, ce qui affecterait négativement l’économie canadienne et les finances fédérales”, a déclaré Giroux.

« Nous nous attendons à ce que la croissance de l’économie canadienne ralentisse considérablement au cours de la seconde moitié de 2022 alors que les dépenses de consommation diminuent et que l’investissement résidentiel continue de baisser. Nous prévoyons que la croissance du PIB réel restera faible jusqu’en 2023 avant de rebondir quelque peu en 2024 », a-t-il déclaré.