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Le candidat d'Emmanuel Macron à la mairie de Paris, Benjamin Griveaux, s'est retiré de la course suite à une fuite de vidéo de sexe vendredi, dans un coup porté au parti du président français avant les élections locales de mars.

Le député de 42 ans a déclaré qu'il avait opté pour une retraite pour protéger sa famille après qu'un site Web ait publié des extraits vidéo d'un homme se masturbant, accompagnés de captures d'écran de messages texte racés, qui, selon lui, provenaient de l'ancien porte-parole du gouvernement.

Il s'est ensuite propagé sur les réseaux sociaux.

"Un site Internet et des réseaux sociaux ont lancé de viles attaques concernant ma vie privée. Ma famille ne le mérite pas. Personne ne devrait jamais être soumis à de tels abus", a déclaré M. Griveaux au siège de l'AFP à Paris.

"Depuis plus d'un an, ma famille et moi subissons des propos diffamatoires, des mensonges, des rumeurs, des attaques anonymes, la révélation de conversations privées volées et des menaces de mort", a-t-il déclaré.

"Comme si cela ne suffisait pas, hier un nouveau niveau a été atteint", a déclaré M. Griveaux, ajoutant qu'il n'était pas disposé à exposer davantage sa femme et ses enfants.

"Cela va trop loin."

Le journal Libération a rapporté vendredi que l'artiste russe de performance Pyotr Pavlensky prétend avoir mis la vidéo en ligne afin de dénoncer "l'hypocrisie" de l'ex-candidat.

Il a dit avoir obtenu la vidéo d'une "source" qui avait une relation consensuelle avec M. Griveaux.

"C'est quelqu'un qui évoque constamment les valeurs familiales, qui dit qu'il veut être le maire des familles et cite toujours sa femme et ses enfants comme exemple. Mais il fait le contraire", a déclaré M. Pavlensky au quotidien lors d'une interview téléphonique sur Jeudi soir.

"Cela ne me dérange pas que les gens vivent la sexualité qu'ils souhaitent … mais ils doivent être honnêtes", a déclaré l'artiste protestataire le plus connu pour avoir cloué son scrotum sur les pavés de la Place Rouge en 2013.

"Il veut être le chef de la ville et il ment aux électeurs. Je vis maintenant en France, je suis parisien, c'est important pour moi."

L'ambitieux M. Griveaux a aidé à fonder le parti Republic on the Move (LREM), mais de récents sondages l'ont montré en queue de peloton à la troisième place à Paris, que M. Macron a remporté confortablement lors de l'élection présidentielle de 2017.

M. Macron a engagé M. Griveaux pour être le candidat à la mairie de la LREM à Paris, provoquant une scission dans le parti qui a conduit le président à demander à son rival Cedric Villani de se retirer.

M. Villani a refusé, déclenchant son exclusion du parti au pouvoir.

Vendredi, M. Villani a déclaré que "l'attaque indigne" qui avait conduit au retrait de M. Griveaux était "une grave menace pour notre démocratie" et a offert son soutien à l'ancien candidat et à sa famille.

La maire socialiste Anne Hidalgo, qui mène la course aux sondages, a appelé au "respect de la vie privée et des personnes".

Arracher le contrôle de la capitale serait un énorme prix pour M. Macron alors qu'il cherche à consolider sa base avant une réélection attendue en 2022.

Cela aiderait également à compenser les lourdes pertes auxquelles il devrait faire face dans les zones rurales, où sa politique a rencontré une résistance farouche et a déclenché le mouvement de protestation des "gilets jaunes".

L'un des alliés politiques les plus proches de M. Macron, M. Griveaux a démissionné de son poste de ministre adjoint et de porte-parole du gouvernement en mars dernier pour se porter candidat à la mairie.

M. Griveaux a déclaré à l'AFP qu'il avait discuté de la question avec M. Macron jeudi soir, et que le président avait offert son soutien "quelle que soit ma décision", tout en le pressant de protéger le sien.

Quant au projet du LREM pour Paris, il a dit qu'il continuerait "mieux sans moi".

"Les Parisiens méritent une campagne digne", a déclaré M. Griveaux en se retirant avec un dernier "merci".

Il devait assister à une réunion du LREM plus tard vendredi pour planifier une nouvelle stratégie pour le parti.