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La police arrête des dizaines d’agriculteurs alors qu’un convoi de tracteurs se rapproche de Paris

La police française a arrêté mercredi 79 personnes qui s’étaient introduites par effraction dans le principal marché de gros de la région parisienne lors de manifestations d’agriculteurs à l’échelle nationale, selon des informations.

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Des informations de l’agence de presse française AFP affirment que les manifestants sont entrés brièvement dans une zone de stockage du marché de Rungis, au sud de Paris, causant des dégâts. Ils ont été emmenés par les forces de sécurité, ajoutent les informations.

La France est au centre d’un mécontentement rural croissant à travers l’Europe, avec des manifestations également organisées en Allemagne, en Pologne, en Roumanie, en Belgique et en Italie.

Les agriculteurs espagnols ont déclaré qu’ils se joindraient au mouvement.

“Appel au calme”

Alors que les revendications se multiplient en faveur de revenus plus élevés, d’une réduction des formalités administratives et d’une protection contre la concurrence étrangère, “les attentes sont énormes” parmi les agriculteurs, a déclaré Arnaud Rousseau, président du plus grand syndicat agricole de France. FNSEA.

Mais il a ajouté qu’il n’était pas possible de répondre immédiatement à toutes les demandes, “c’est pourquoi j’essaie d’appeler au calme et au raisonnable”.

Dix-huit personnes tentaient de bloquer le Marché de gros alimentaire de Rungisau sud de Paris, un centre clé de distribution alimentaire pour les 12 millions d’habitants de la région capitale, ont également été arrêtés pour « gêne dans la circulation », a indiqué la police.

Les procureurs ont déclaré que 15 des personnes arrêtées étaient en détention.

La police a indiqué que mercredi midi, 6 500 agriculteurs et 4 500 tracteurs manifestaient sur les routes françaises, bloquant 80 emplacements le long des routes principales.

Entre 200 et 300 tracteurs d’un convoi parti du sud-ouest de la France ont été tenus à l’écart du marché par la police, qui a déployé des véhicules blindés par mesure de précaution.

Des unités ont également été déployées le long de la Autoroute A6 menant à Rungis et des barrages de police ont été mis en place autour du marché.

Le gouvernement français a averti les agriculteurs de rester à l’écart de Rungis, des aéroports parisiens et des grandes villes. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a ordonné à la police de faire preuve de prudence, mais a prévenu qu’elle était prête à défendre les points stratégiques.

Le Premier ministre Gabriel Attal a rencontré mercredi les dirigeants des deuxième et troisième syndicats agricoles.

Le Premier ministre français Gabriel Attal avec des agriculteurs lors d’une visite dans une ferme à Parçay-Meslay, près de Tours, le 28 janvier 2024 AFP – ALAIN JOCARD

Concessions gouvernementales

Les autorités ont proposé des concessions, et Attal – installé ce mois-ci seulement – ​​a déclaré mardi au Parlement que son gouvernement était prêt à résoudre la crise.

Faisant apparemment référence aux règles contestées de l’UE, Attal a déclaré : “La France doit bénéficier d’une exception pour son agriculture”.

Le Commission européenne a déclaré qu’il offrirait cette année un allègement temporaire des règles controversées exigeant que certaines terres agricoles soient laissées en jachère, avant la visite à Bruxelles du ministre français de l’Agriculture, Marc Fesneau.

Il mettra également en place des mesures pour limiter les conséquences de l’entrée des produits agricoles ukrainiens dans l’UE, après la levée des droits de douane en réponse à l’invasion russe.

La France s’oppose également à la signature d’un accord commercial entre l’Union européenne et le bloc sud-américain du Mercosur – un grief majeur pour les manifestants – dans son état actuel.

Le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a déclaré qu’une surveillance plus étroite des plateformes européennes d’échange de produits alimentaires serait mise en place pour garantir que “les revenus des agriculteurs ne soient pas la première chose à sacrifier dans les négociations commerciales”.

“Crois-le quand je le vois”

Mais les agriculteurs ont déclaré que les promesses, y compris les assurances de paiements plus élevés dans le cadre du programme européen Politique agricole commune (CAP), ne va pas assez loin.

“Plusieurs de ces mesures prendront trois ou quatre ans pour être mises en œuvre”, a déclaré Johanna Trau, une éleveuse de céréales et de bétail d’Ebersheim en Alsace, dans l’est de la France. “Je le croirai quand je le verrai.”

La France est le premier bénéficiaire des subventions agricoles de l’UE, recevant plus de neuf milliards d’euros chaque année.

Rousseau a, quant à lui, prévenu que les représentants du gouvernement pourraient être accueillis avec hostilité lors de la réunion du mois prochain. Salon de l’Agriculture à Paris qui attire 650 000 personnes et constitue un événement incontournable pour les ministres et les présidents.

“Ce ne sera pas une promenade de santé”, a-t-il déclaré.

(avec AFP)