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La neuroanatomie semble avoir un impact sur l’efficacité des médicaments contre le TDAH

Nouvelle recherche publiée dans Santé mentale naturelle a dévoilé des découvertes fascinantes sur la relation entre l’efficacité des médicaments pour le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et la neuroanatomie individuelle. L’étude a révélé que les différences structurelles dans le cerveau peuvent influencer la façon dont les adultes atteints de TDAH réagissent aux médicaments stimulants comme le méthylphénidate, communément appelé Ritalin ou Concerta.

Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental répandu caractérisé par des symptômes d’inattention, d’hyperactivité et d’impulsivité. Bien que ces symptômes apparaissent souvent dès l’enfance, ils persistent jusqu’à l’âge adulte pour environ 65 % des personnes diagnostiquées. Les adultes atteints de TDAH sont confrontés à de nombreux défis, notamment des risques plus élevés de conséquences négatives telles que l’instabilité de l’emploi, le comportement criminel et la toxicomanie. Les médicaments stimulants comme le méthylphénidate constituent une option de traitement principale, ils agissent en augmentant les niveaux de dopamine et de noradrénaline dans le cerveau, ce qui contribue à améliorer l’attention et à contrôler les comportements impulsifs.

Malgré l’efficacité générale de ces médicaments, un nombre important d’adultes atteints de TDAH n’y répondent pas. Comprendre pourquoi certaines personnes réagissent alors que d’autres ne le font pas est essentiel pour améliorer les résultats du traitement. Des études antérieures ont suggéré que les facteurs génétiques, les modèles d’ondes cérébrales et la connectivité dans certaines régions du cerveau pourraient influencer la réponse au traitement. Cependant, ces études se sont principalement concentrées sur les enfants, laissant une lacune dans la compréhension des mécanismes chez les adultes.

L’étude visait à déterminer si des différences structurelles dans le cerveau pourraient expliquer pourquoi certains adultes atteints de TDAH répondent au méthylphénidate alors que d’autres ne le font pas. Les chercheurs ont mené une analyse détaillée à l’aide de l’imagerie par résonance magnétique structurelle (IRM) pour examiner l’anatomie cérébrale de 60 adultes atteints de TDAH et de 23 témoins neurotypiques. Tous les participants atteints de TDAH étaient des hommes âgés de 18 à 45 ans, diagnostiqués selon les critères du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) et ne présentaient actuellement aucun autre trouble de santé mentale. L’inclusion des seuls hommes visait à réduire la variabilité, car il existe des indications préliminaires de différences entre les sexes dans la structure cérébrale et la réponse aux stimulants.

Les participants atteints de TDAH ont subi une IRM avant de commencer le traitement par méthylphénidate. Le médicament a été administré pendant deux mois et la réponse au traitement a été mesurée sur la base d’une amélioration de 30 % des symptômes du TDAH, évaluée à l’aide de l’échelle d’évaluation du TDAH pour adultes de Barkley (BAARS-IV). Cette approche a classé les participants en répondeurs et non-répondants.

L’analyse a révélé des différences significatives dans la structure cérébrale entre ceux qui ont répondu au médicament et ceux qui n’y ont pas répondu. Plus précisément, les non-répondants avaient un volume intracrânien total et une surface moyenne du cerveau inférieurs à ceux des répondeurs. Des comparaisons détaillées ont montré que les non-répondants présentaient des volumes corticaux et des surfaces plus petits dans plusieurs régions du cerveau, notamment les régions temporo-pariétales-insulaires, le précuneus, le cortex orbitofrontal et d’autres zones temporales et occipitales.

En comparant l’ensemble du groupe TDAH aux témoins neurotypiques, les chercheurs ont découvert que les adultes atteints de TDAH présentaient des volumes corticaux plus petits dans des régions telles que le cortex cingulaire postérieur, le précuneus, le lobule pariétal supérieur, le gyrus fusiforme et certaines parties des lobes frontaux et temporaux. Ces différences étaient principalement dues aux non-répondants, qui présentaient des altérations volumétriques plus prononcées.

En outre, l’étude a révélé que les différences dans la structure corticale entre les répondeurs et les non-répondants étaient associées à des améliorations des symptômes d’inattention, ce qui suggère que les régions cérébrales identifiées jouent un rôle crucial dans l’attention et la réponse au traitement.

Mais comme toute étude, la recherche comporte certaines limites. La taille de l’échantillon était relativement petite, en particulier le nombre de non-répondants, ce qui peut limiter la généralisabilité des résultats. De plus, l’étude n’incluait que des hommes, ce qui laissait une lacune dans la compréhension des différences potentielles entre les sexes dans la réponse au traitement. Les futures études devraient inclure des femmes pour déterminer si ces résultats s’appliquent à tous les sexes.

L’étude a également utilisé l’histologie virtuelle pour explorer les fondements biologiques des différences neuroanatomiques observées. Cette approche a cartographié les régions cérébrales identifiées avec des gènes impliqués dans la pharmacodynamique du méthylphénidate et des types de cellules cérébrales, tels que les astrocytes, qui sont essentiels à la régulation des neurotransmetteurs et au développement du cerveau. Bien que ces résultats fournissent une compréhension préliminaire des mécanismes biologiques, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour valider ces résultats et explorer les voies causales liant l’expression génétique, la structure cérébrale et la réponse au traitement.

« Ces résultats doivent être reproduits et étendus à des échantillons indépendants et, de préférence, confirmés par des méta-analyses. À l’avenir, ces connaissances pourraient contribuer à faire progresser le développement d’interventions cliniques, par exemple en identifiant les individus résistants aux traitements dans le contexte d’essais cliniques de nouveaux traitements », ont conclu les chercheurs.

L’étude, « Altérations corticales associées à une réponse plus faible au méthylphénidate chez les adultes atteints de TDAH», a été rédigé par V. Parlatini, DS Andrews, CM Pretzsch, M. Arenella, E. Daly, C. Ecker et DG Murphy.


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