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Un manifestant porte un masque du visage de Julian Assange à l’extérieur de la prison de Belmarsh avant l’audience d’extradition du fondateur de WikiLeaks Julian Assange, le 24 février 2020 à Londres, en Angleterre.

Leon Neal | Getty Images

Julian Assange reprend lundi sa bataille devant un tribunal de Londres pour éviter l’extradition vers les États-Unis pour faire face à des accusations criminelles pour les activités de son site Web WikiLeaks, après des mois de retard en raison du verrouillage du coronavirus.

Les autorités américaines accusent Assange, 49 ans, d’origine australienne, d’avoir conspiré pour pirater les ordinateurs du gouvernement et d’avoir violé une loi sur l’espionnage en relation avec la publication de câbles confidentiels par WikiLeaks en 2010-2011.

Assange est vu par ses admirateurs comme un champion de la liberté d’expression qui a dénoncé les abus de pouvoir américains. Ses détracteurs disent qu’en publiant des documents non expurgés, il a mis en danger imprudemment la vie de sources de renseignement en Irak, en Iran et en Afghanistan.

Il a également attiré des critiques plus récentes sur la publication par WikiLeaks pendant la campagne présidentielle américaine de 2016 de documents volés au Comité national démocrate, endommageant la candidate Hillary Clinton. Il nie les accusations des enquêteurs américains selon lesquelles WikiLeaks aurait obtenu ces documents de pirates informatiques russes. La question ne fait pas partie de la procédure judiciaire.

Assange a fait la une des journaux internationaux en 2010 lorsque WikiLeaks a publié une vidéo militaire américaine montrant une attaque en 2007 par des hélicoptères Apache à Bagdad qui a tué une douzaine de personnes, dont deux membres du personnel de presse de Reuters. Le site a ensuite publié de vastes trésors de documents militaires américains et de câbles diplomatiques.

Accusations «  politiques  »

Son équipe juridique à Londres soutient que les accusations américaines contre lui sont politiques et constituent une menace pour la liberté de la presse. Ils ont également déclaré qu’il risquerait de se suicider s’il était envoyé aux États-Unis, où il pourrait encourir des années de prison.

Les avocats ont demandé une caution pour lui en mars, arguant qu’il était vulnérable au coronavirus. Mais le tribunal lui a ordonné de tenir, invoquant un risque élevé de fuite.

Les difficultés juridiques d’Assange en Grande-Bretagne remontent à 2010, lorsqu’il a commencé à lutter pour tenter de l’extrader vers la Suède pour répondre aux questions sur les allégations d’agression sexuelle, qui ont depuis été abandonnées. En juin 2012, face à une extradition imminente, il a cherché refuge à l’ambassade équatorienne.

Il a passé sept ans enfermé là-haut. Sa partenaire, Stella Morris, a révélé cette année qu’il avait engendré deux enfants à l’intérieur de l’ambassade.

Après s’être brouillé avec ses hôtes et que l’Équateur a révoqué son asile, il a été traîné hors de l’ambassade en avril 2019 et a purgé une courte peine de prison britannique pour violation des conditions de la mise en liberté sous caution.

Il reste incarcéré en attendant le résultat de la demande d’extradition américaine. Les audiences ont eu lieu en février et devaient reprendre en mai, mais ont été reportées en raison d’un verrouillage visant à freiner la propagation du COVID-19.

Le tribunal entendra maintenant des témoins sur des éléments de sa défense: que l’affaire est politiquement motivée, que sa santé mentale est en danger, que les conditions dans les prisons américaines enfreignent les lois britanniques sur les droits de l’homme et que lui et ses avocats ont été espionnés pendant qu’il était à l’ambassade.

Assange était présent aux audiences de février et devrait à nouveau comparaître lundi.