“La fin en vue viendra” à l’inflation: économiste

Bien qu’il n’y ait pas de solutions faciles à court terme à l’inflation, l’économiste de l’Université Concordia, Moshe Lander, assure que “la fin en vue viendra”.

“La meilleure chose que nous puissions faire à ce stade, même si c’est terrible, terrible à entendre, c’est que nous devons simplement nous asseoir et gérer cela et trouver un moyen de le traverser”, a-t-il déclaré jeudi à CTV’s Your Morning. .

“Si nous pouvons traverser le COVID, nous pouvons traverser une période d’inflation brutale d’un an.”

Le taux d’inflation annuel en mai a atteint son plus haut niveau en près de quatre décennies, Statistique Canada signalant une augmentation de 7,7 % par rapport à il y a un an.

Les prix de l’énergie ont augmenté de 34,8 % par rapport à l’année précédente, les prix de l’essence ayant augmenté de 48 % au cours de cette période. Hors essence, le taux d’inflation annuel en mai est passé à 6,3 %, contre 5,8 % en avril.

La Banque du Canada a relevé son taux directeur cible à trois reprises depuis le début de l’année, le portant à 1,5 %, dans le but de modérer l’inflation.

LES DÉPENSES DU GOUVERNEMENT

La nouvelle survient au milieu d’un rapport de la Banque Scotia dimanche préconisant une réduction des dépenses gouvernementales pour aider à réduire l’inflation.

“Il est juste de dire que les autorités chargées de la politique budgétaire au Canada ne font rien d’important pour ralentir l’inflation en ce moment”, indique le rapport.

Lander a déclaré que si réduire les dépenses publiques serait la bonne politique à adopter, cette position équivaudrait à un “suicide politique”.

“Les gens ne l’entendront pas comme étant la bonne solution”, a-t-il déclaré. “Je pense que ce que les gens veulent en ce moment, c’est que les gouvernements mettent de l’argent dans leurs poches pour aider à faire face à la hausse des prix de l’essence, à la hausse des loyers et des coûts de logement, et donc l’idée de prendre la politique exactement opposée, même si c’est la bonne, serait vraiment politiquement impopulaire.”

Face à la hausse des prix de l’essence, les économistes et d’autres ont fait pression pour un sursis temporaire à la perception des taxes sur l’essence, une décision que certaines provinces canadiennes et États américains ont adoptée.

“Cela n’affectera pas tant que ça l’inflation”, soutient Lander.

“C’est un joli visuel pour les consommateurs canadiens, mais ça ne va pas faire grand-chose, et le problème avec ça, c’est que ça contredit en quelque sorte la politique du gouvernement sur l’environnement. Donc, je ne sais pas si c’est exactement la solution qui va résoudre le problème de l’inflation.”

Un chercheur principal de l’Institut Macdonald-Laurier a déclaré à CTVNews.ca en mars que, bien que politiquement bon, un arrêt temporaire des taxes sur l’essence encouragerait la consommation et conduirait à l’opposé de la destruction de la demande, ou lorsque le prix d’un produit est si élevé qu’il littéralement tue la demande pour cela.


Avec des fichiers de CTV News et de La Presse Canadienne