La crise politique d’Israël est résolue, mais le gouvernement reste une contrainte

JÉRUSALEM – La dernière crise gouvernementale d’Israël a été résolue dimanche, au moins temporairement, lorsqu’un député qui a quitté la coalition à la fin de la semaine dernière a accepté d’y revenir, récupérant la petite majorité que son opposition détenait ce week-end.

La coalition, une alliance idéologiquement diversifiée de huit partis aux agendas opposés, est maintenant revenue au contrôle de 60 sièges sur les 120 sièges du Parlement, une position qui lui permet de s’accrocher au pouvoir mais qui rend le gouvernement difficile.

De nombreux Israéliens estiment que les jours de ce gouvernement – ​​à peine âgé d’un an et intrinsèquement instable – restent comptés, malgré la résolution de la crise dimanche, et s’attendent à ce qu’Israël retourne aux urnes dans quelques mois pour sa cinquième élection en moins de quatre ans.

Les dernières semaines ont été particulièrement tumultueuses pour le gouvernement, dirigé par le Premier ministre Naftali Bennett, dont la coalition inhabituelle est composée de partis politiques de droite, de gauche et du centre et comprend, pour la première fois, un petit parti islamiste. Ces partenaires se sont réunis principalement autour d’un désir commun d’évincer le Premier ministre Benjamin Netanyahu et de sortir d’une impasse politique qui avait contraint Israël à quatre élections consécutives.

La législatrice au centre des perturbations les plus récentes, Ghaida Rinawie Zoabi, membre de la minorité palestinienne d’Israël du parti de gauche Meretz, a démissionné jeudi, affirmant que le gouvernement ne s’était pas engagé à améliorer les conditions des citoyens arabes, qui constituent une cinquième de la population du pays. Elle a souligné les récentes interventions d’Israël à la mosquée Aqsa à Jérusalem et une agression policière contre des personnes en deuil lors des funérailles d’un journaliste palestinien.

Dimanche, après des jours de réunions intensives et d’appels de politiciens qui l’ont suppliée de reprendre sa participation et ses obligations envers son parti et la coalition, Mme Rinawie Zoabi a déclaré dans un communiqué qu’elle avait annulé sa décision “sous la pression massive de les dirigeants des conseils locaux arabes, qui se sont tournés vers moi et qui ont compris l’importance de ma démission.

Elle a dit qu’elle l’avait fait afin d’aider son peuple et d’éviter la possibilité que l’alternative au gouvernement Bennett soit celle dans laquelle un politicien d’extrême droite, Itamar Ben-Gvir, serait le prochain ministre supervisant les forces de police.

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Crédit…Abir Sultan/EPA, via Shutterstock

Son retour dans la coalition a probablement évité un vote prévu mercredi pour la dissolution du Parlement, l’opposition n’ayant désormais plus aucune chance de réunir une majorité.