Grève des ambulanciers dans le Rhône : le mouvement national perturbe les transports sanitaires
Depuis le 1er juillet, les quatre grandes fédérations du transport sanitaire privé sont en grève reconductible. Dans le Rhône, les sorties d'hôpitaux non urgentes sont boycottées, mais les soins vitaux maintenus.
Les ambulanciers du Rhône ont rejoint le mouvement national lancé le 1er juillet pour la revalorisation des tarifs, bloqués depuis 2018. Opérations escargot et blocages perturbent le département, tandis que les patients en dialyse et chimiothérapie continuent d'être transportés.
L’essentiel
- Fait 1 : Les quatre fédérations du secteur (CNSA, FNAA, FNAP, FNMS) ont appelé à une grève reconductible à partir du 1er juillet 2026.
- Fait 2 : La mobilisation régionale, initialement prévue le 26 juin, a été reportée en raison de la canicule.
- Fait 3 : Près de 400 ambulances ont manifesté le 26 juin à Paris devant le ministère de la Santé, sans obtenir d’engagements chiffrés.
- Fait 4 : Les tarifs conventionnels du transport sanitaire privé sont bloqués depuis 2018, malgré une inflation cumulée de plus de 15 %.
Un mouvement repoussé puis lancé
Prévue le 26 juin dernier, la mobilisation régionale des ambulanciers avait été suspendue en raison d’un épisode de canicule. Reportée au 1er juillet, elle a finalement été déclenchée par l’ensemble des syndicats du transport sanitaire privé (CNSA, FNAA, FNAP, FNMS). Depuis cette date, le mouvement est reconductible et touche tout le territoire, y compris le Rhône.
Le 26 juin, une délégation de l’inter-fédérale a été reçue à Paris par Artus de Cormis, conseiller de la ministre de la Santé Stéphanie Rist. Selon les syndicats, aucun engagement chiffré n’a été pris. « Les professionnels exigent une revalorisation immédiate des tarifs conventionnels du transport sanitaire privé, bloqués depuis 2018 », rapporte La Baule Infos.
Ce qui bloque : des tarifs gelés depuis huit ans
Dominique Hunault, président de la CNSA (Coordination nationale des syndicats d’ambulanciers), avertit qu’une absence de réponse concrète entraînera « une rupture majeure pour le transport urgent préhospitalier ». Thérèse Da Silva, présidente de la FNAA (Fédération nationale des ambulanciers et des artisans), alerte quant à elle sur le risque de disparition des services de transport sanitaire disponibles jour et nuit dans les territoires.
La revalorisation demandée porte sur les tarifs kilométriques et forfaitaires, qui n’ont pas évolué depuis 2018. Selon les fédérations, l’inflation a réduit les marges des entreprises, rendant certaines structures non rentables. « Beaucoup de petites entreprises familiales sont au bord du dépôt de bilan », confiait un ambulancier du Rhône contacté par nos soins.
Actions locales : opérations escargot et boycott des sorties d’hôpitaux
Le 1er juillet, des opérations escargot ont été menées à Nantes et Toulon, perturbant fortement la circulation. Dans le Rhône, des actions similaires ont été signalées aux abords de Lyon et de Villefranche-sur-Saône, sans que le nombre exact de participants soit communiqué.
Le mouvement inclut un boycott strict des sorties d’hôpitaux non urgentes et des retours à domicile programmés. Concrètement, les patients dont le transport n’est pas vital doivent trouver une solution alternative ou reporter leur sortie. En revanche, les transports vitaux - dialyses, chimiothérapie, radiothérapie - et les urgences régulées par le Samu continuent d’être assurés, selon les consignes des fédérations.
Comme dans d’autres secteurs en grève, les perturbations s’ajoutent à une série de mouvements sociaux dans les transports. À Narbonne, par exemple, le réseau de bus Citibus a été perturbé dès son lancement. Lire notre article sur la grève des bus à Narbonne. De même, en Haute-Savoie, le train du Montenvers est en grève illimitée. Voir le suivi de ce conflit.
Contexte dans le Rhône
Avec près de 2 millions d’habitants et un dense réseau hospitalier - hospices civils de Lyon, centres hospitaliers de Villefranche, Tarare, Givors - le Rhône est un département clé pour le transport sanitaire. Selon les données de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, le département compte environ 250 entreprises de transport sanitaire privé, employant plus de 3 000 salariés. La grève impacte directement les sorties des patients des hôpitaux lyonnais, notamment ceux de l’hôpital Édouard-Herriot et de l’hôpital de la Croix-Rousse.
Les syndicats locaux, contactés par info.fr, confirment que la mobilisation est suivie « massivement » dans le Rhône. « Nous avons des entreprises qui ne travaillent plus du tout depuis le 1er juillet, sauf pour les urgences vitales », déclare un représentant de la FNAA dans le Rhône. Les services de régulation du Samu et les établissements de santé s’organisent pour prioriser les transports.
Pas de perspectives de sortie de crise
Les fédérations appellent le ministère à rouvrir les négociations. Aucune nouvelle date de rendez-vous n’a été fixée à ce stade. « Nous restons mobilisés tant que nous n’obtiendrons pas des garanties écrites sur une revalorisation », insiste Dominique Hunault. Le mouvement, reconductible, pourrait s’étendre si aucune avancée n’intervient dans les prochains jours.