Examen de la « playlist » : un record d’essais brisé

S’inspirant d’indies chaotiques des grandes villes comme “Frances Ha”, “Playlist”, le premier long métrage de la romancière graphique et illustratrice française Nine Antico, est une comédie animée sur une femme chaotique d’une vingtaine d’années qui ne semble pas pouvoir attraper une pause.

Curieusement, c’est la deuxième importation française de 2022 à capturer la vie amoureuse des jeunes Parisiens en utilisant une palette monochrome. La romance tripartite de Jacques Audiard, “Paris, 13e arrondissement” est sortie en avril, et elle aussi puise dans le monde de l’animation – le film était basé sur des histoires du dessinateur Adrian Tomine.

“Playlist”, au contraire, jette un regard moqueur sur l’industrie française de la bande dessinée. Sophie (une charismatique Sara Forestier) est une dessinatrice en herbe qui décroche un poste de secrétaire dans une maison d’édition d’élite dirigée par l’imbécile autoproclamé Jean-Luc (Grégoire Colin). C’est mieux que son travail de serveuse – plus besoin de s’occuper du cuisinier feuilleté, son petit ami parfois – mais l’opportunité ne met pas exactement son art sur la carte.

Avec chaque nouvel homme que Sophie rencontre, un texte griffonné apparaît avec son nom. C’est un indicateur ennuyeux et décalé du lien entre ses fixations amoureuses et ses processus créatifs.

Mélomane (la bande-son ringarde est lourde sur le musicien folk américain Daniel Johnston), Sophie s’occupe également d’un avortement, d’une infestation de punaises de lit, d’un colocataire intimidant et d’un hématome qui arrête une connexion dans son élan.

Les liaisons entre filles à la dérive et artsy du film ne constituent pas une prémisse terriblement originale, mais le scénario d’Antico (avec la collaboration de Marc Syrigas) est parsemé de zingers amusants et de situations absurdes, mais relatables. (“Je prends mes pâtes au sérieux”, s’exclame Jean-Luc lorsque Sophie se procure la mauvaise marque de parmesan.) Il n’y a pas d’idées particulièrement émouvantes, et cela ne constitue pas une véritable étude de personnage, mais “Playlist” intrigue avec son individu drôle parties – sinon la somme d’entre eux.

Playlist
Non classé. En français, avec sous-titres. Durée : 1h24. Dans les théâtres.