Emmanuel Macron promet aux étudiants un repas fermé à un euro et un retour rapide aux cours

Le président français Emmanuel Macron a promis jeudi aux étudiants universitaires d’accélérer le retour à l’enseignement en présentiel et l’accès à deux repas par jour pour un euro pour les aider pendant le verrouillage.

Macron a fait ces commentaires lors d’un échange avec des étudiants de l’Université Paris-Saclay, à l’ouest de Paris, qui étaient confrontés à des mois anxieux d’apprendre à partir d’écrans d’ordinateur et sans soutien financier.

Le chef de l’Etat français a déclaré vouloir accélérer le calendrier de reprise de l’apprentissage en face à face un jour par semaine, malgré une récente flambée d’infections à coronavirus qui ne montre aucun signe de diminution.

« Un étudiant devrait avoir les mêmes droits qu’un employé … S’il en a besoin, il doit pouvoir retourner à l’université un jour par semaine », dans les amphithéâtres avec un maximum de 20 pour cent, a-t-il dit.

Il a convenu que cette nouvelle organisation serait «assez compliquée à gérer» mais a fait appel au «pragmatisme» de chaque université pour la mettre en place rapidement.

Privés pendant plus de deux mois de cours «en face à face», contrairement aux élèves des lycées, des classes préparatoires ou des BTS, de nombreux étudiants universitaires ont déclaré ressentir un sentiment d’injustice.

« Un jour par semaine, ce n’est pas du tout suffisant, ce que nous voulons, c’est se redoubler une semaine sur deux, comme nous le faisions avant », a déclaré Chloé, un master en droit de 23 ans à Lyon, qui a participé à un manifestation étudiante jeudi.

Mercredi, des centaines de jeunes étaient déjà descendus dans les rues de France pour exprimer leur lassitude.

Macron a également souhaité apporter des réponses aux difficultés économiques rencontrées par un nombre croissant d’étudiants.

« Plus d’un d’entre nous a du mal à manger à la fin du mois », lui a dit l’un d’eux, présent à Saclay.

Macron a promis que tout le monde pourrait avoir accès à deux repas par jour pour le prix d’un euro dans les restaurants du campus, qui restent actuellement ouverts pour les plats à emporter.

Depuis la rentrée de septembre, le Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) – organisme chargé des bourses d’études, des restaurants, des résidences, etc. – avait mis en place un repas par jour à un euro (contre la normale 3,30 euros) mais uniquement pour les boursiers.

« Nous travaillons pour que cela soit efficace très rapidement à partir de lundi », a déclaré à l’AFP une source gouvernementale.

« Les deux repas sont une très bonne chose mais il faut que ce soit une mesure permanente, qui survivra après le COVID », a déclaré Esteban, 20 ans, en deuxième année d’université à Lyon.

Face à la détérioration de la santé mentale chez de plus en plus de jeunes, Macron a également confirmé la création d’un «chèque de psychologue» qui permettra aux étudiants de consulter un psychologue et de se faire soigner.

Ce contrôle devrait « permettre à tous les jeunes qui en ont besoin d’avoir un accès beaucoup plus facile à un professionnel – psychologue ou psychiatre – et de recevoir un traitement », a-t-il déclaré.

L’Elysée a précisé à l’AFP qu’à partir du 1er février, elle s’appliquera à «tous les étudiants qui le souhaitent». Son montant total n’a pas été précisé mais il couvrira « un certain nombre » de consultations, estimé « entre 30 et 40 € » par unité, selon une source gouvernementale.

Ces annonces ont été saluées jeudi soir par la conférence des présidents d’université, qui a déclaré: « Ce sont des perspectives à moyen terme, qui peuvent ouvrir un horizon plus stable pour les étudiants sur le semestre en cours ».

« Le retour à la normalité n’aura pas lieu avant le premier semestre de l’année prochaine », a averti le chef de l’Etat en conclusion. « Les prochaines semaines, je serai honnête avec vous, vont être assez difficiles ».