Don Martin : Qu’est-ce qui changera si Poilievre obtient la majorité ?

S’il y a quelque chose de amusant à envisager un avenir avec le chef conservateur Pierre Poilievre, c’est ce qui changera s’il remporte un gouvernement majoritaire.

Un retour en arrière majeur des politiques fédérales se dessine déjà.

Cela avait été annoncé avant la décision surprenante de la Cour suprême de la semaine dernière, qui a déclaré qu’une grande partie de la Loi fédérale sur l’évaluation d’impact constituait une violation inconstitutionnelle de la compétence de l’Alberta.

Avant ce jugement, j’ai contacté ma liste habituelle de suspects albertains pour évaluer le niveau d’indignation qui éclaterait dans toute la province si le plus haut tribunal validait un projet de loi surnommé No More Pipelines Act par les politiciens provinciaux territoriaux.

Bref, la plupart bâillaient.

La raison? Ils prédisaient que l’élection imminente de Poilievre au poste de premier ministre signifierait que la loi dans son intégralité serait supprimée, peut-être en même temps que les plafonds d’émissions de gaz à effet de serre, le moratoire sur les pétroliers sur la côte Ouest et d’autres obstacles au développement.

Dans ce qui pourrait être une vision trop optimiste, ils regardent déjà, au-delà du premier ministre Justin Trudeau, leur chevalier conservateur blanc qui se profile à l’horizon pour sauver les Canadiens des ministres libéraux trop ambitieux.

Un sauvetage de Poilievre de la Loi sur l’évaluation d’impact pourrait s’avérer nécessaire compte tenu de la détermination déclarée du cabinet fédéral à peaufiner la législation et à réimposer ses évaluations dans les domaines où il revendique sa compétence.

Le gouvernement fédéral peut encore retarder la construction de pipelines interprovinciaux ou de lignes de transport d’électricité. Et la Cour suprême a déjà statué que le gouvernement fédéral avait le droit de plafonner les émissions de gaz à effet de serre, un pouvoir que les libéraux ont bien l’intention d’utiliser.

Mais le gouvernement Poilievre pourrait tirer bien d’autres avantages des réalisations législatives du gouvernement libéral-NPD.

Un avant-goût de cela est apparu la semaine dernière lorsque les libéraux, malgré trois années de consultation et de planification, ont décidé qu’ils ne pouvaient pas procéder au rachat de 2 000 modèles d’armes à feu légales qu’ils avaient soudainement déclarées illégales en 2020.

Aucune raison n’a été avancée pour justifier un deuxième long retard dans le programme de rachat. Mais la nouvelle date limite pour rendre les armes est désormais fixée au 30 octobre 2025. C’est moins de deux semaines après les prochaines élections prévues où, de nombreux propriétaires d’armes le croient sans doute, un shérif conservateur sera en fonction et il est peu probable qu’il procède à la liste complète. d’armes à feu interdites.

PREMIER AFFAIRE DE POILIEVRE

Cette destruction par les conservateurs de l’héritage libéral n’est pas exactement planifiée furtivement.

Comme il l’a promis mille fois, le premier point à l’ordre du jour de Poilievre sera d’éliminer la taxe sur le carbone de Trudeau, une idée de plus en plus populaire qui pourrait devenir un enjeu électoral dans les bastions libéraux du Canada atlantique.

Maintenant, Poilievre devra piétiner prudemment toutes ces lois sur la protection de l’environnement. Les électeurs ne toléreront pas de planches vides sur la plate-forme conservatrice où devraient être définies des mesures sérieuses pour lutter contre les changements climatiques.

Traiter le changement alarmant des conditions météorologiques nationales et mondiales comme un simple problème de pollution qui peut être résolu avec quelques nouvelles technologies ne séduira pas les grands électeurs urbains. Les conservateurs doivent former un gouvernement majoritaire pour adopter des changements radicaux.

Et ils auront besoin d’un mandat particulièrement fort pour éliminer toutes les autres vaches sacrées libérales sur leur liste de cibles : le financement de la SRC, le durcissement des conditions de libération sous caution, l’abrogation de la législation sur les médias en ligne et la lutte contre la bureaucratie gouvernementale gonflée.

Mais alors que les libéraux semblent déterminés à poursuivre leur propre destruction, laissant Poilievre libre de publicités offensives pour se définir avec succès comme l’avocat de l’homme ordinaire sans lunettes, une nouvelle réalité s’installe.

Loin de s’inquiéter et de craindre ce que les libéraux feront pour le reste de leur partenariat néo-démocrate au pouvoir, le prisme se tourne vers ce que les conservateurs défont s’ils remportent les prochaines élections.

Le grand retour en arrière de la politique libérale se profile à l’horizon.

C’est l’essentiel.