Des hommes armés tuent le chef d’un grand parti politique en Haïti

  • Le chef d’un grand parti politique en Haïti a été tué.
  • Des hommes armés ont abattu le chef du parti vendredi.
  • Il a été retrouvé dans son véhicule criblé de balles.

Le chef de l’un des principaux partis politiques d’Haïti a été assassiné dans une banlieue de la capitale, a déclaré samedi un porte-parole du parti, lors de la dernière attaque de ce type dans la nation caribéenne en crise.

Eric Jean Baptiste, secrétaire général du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP) et ancien candidat à la présidentielle, a été abattu vendredi soir, a indiqué à l’AFP le porte-parole du parti Ricardo Nordin.

“Son véhicule a été criblé de balles. Son agent de sécurité est décédé sur le coup. Eric Jean Baptiste est décédé à l’hôpital”, a déclaré Nordin.

Il n’était pas clair qui était derrière le meurtre, qui s’est produit à Laboule, dans les collines au-dessus de la capitale Port-au-Prince.

Le RDNP a été fondé en 1979 par le chrétien-démocrate Leslie Manigat, qui a été brièvement président d’Haïti en 1988 avant que l’armée ne le chasse par un coup d’État.

Il y a moins d’une semaine, Jean Baptiste, 52 ans, s’est joint aux dirigeants d’autres partis politiques pour exiger un compromis historique pour sortir Haïti de sa crise politique et sécuritaire.

Des gangs lourdement armés sèment la terreur dans une grande partie d’Haïti, bloquant la distribution de marchandises à partir d’un port principal, alors qu’une résurgence du choléra menace la santé publique dans ce pays appauvri.

Cet assassinat survient quelques jours seulement après la tentative d’assassinat d’un journaliste d’investigation du quotidien haïtien Le Nouvelliste Roberson Alphonse, abattu dans la matinée du 25 octobre.

Le 24 octobre, le corps d’un autre journaliste, Garry Tess, également animateur de radio, a été retrouvé sous un pont dans la ville méridionale des Cayes. L’agence culturelle des Nations Unies, l’UNESCO, a exigé que “la lumière soit faite” sur le décès.

Le gouvernement haïtien a lancé un appel à l’aide d’une force d’intervention internationale, mais ni le public haïtien ni le Conseil de sécurité de l’ONU n’ont pleinement soutenu la demande, et aucun pays n’a encore proposé de diriger l’effort.

Le Conseil de sécurité a cependant imposé une série de sanctions la semaine dernière aux gangs criminels qui sèment le chaos en Haïti.

Les gangs ont pris une emprise de plus en plus forte en Haïti depuis l’assassinat du président Jovenel Moise en 2021, qui a exacerbé l’instabilité dans le pays.