Actualité culturelle | News 24

Des groupes demandent à l’ONU d’enquêter sur l’explosion massive de Beyrouth en 2020

BEYROUTH (AP) – Des organisations libanaises et internationales ont appelé mercredi le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à envoyer une mission d’enquête pour enquêter sur l’explosion du port de Beyrouth il y a deux ans, alors qu’une enquête nationale continue de stagner.

L’appel lancé par des groupes tels que Human Rights Watch et Amnesty International est intervenu alors que l’enquête libanaise est au point mort depuis décembre à la suite de contestations judiciaires par des responsables inculpés et accusés contre le juge chargé de l’enquête. L’explosion du 4 août 2020 a tué près de 220 personnes, en a blessé plus de 6 000 et causé d’importants dégâts à Beyrouth.

L’appel est également venu alors que l’on craignait qu’une grande partie des silos à grains géants du port, déchiquetés par l’explosion massive, ne s’effondre quelques jours après qu’une plus petite partie soit tombée à la suite d’un incendie d’une semaine de grains fermentés allumé par la chaleur torride de l’été. Les autorités libanaises ont fermé une route principale à l’extérieur du port et dirigé la circulation vers les rues intérieures par mesure de précaution.

Le bloc nord des silos s’incline lentement depuis des jours depuis que l’autre partie s’est effondrée dimanche.

Un groupe d’experts de l’ONU a également appelé mercredi à une enquête internationale affirmant que “cette tragédie a marqué l’une des plus grandes explosions non nucléaires de mémoire récente, mais le monde n’a rien fait pour savoir pourquoi cela s’est produit”.

Les organisations ont appelé le Conseil des droits de l’ONU à présenter une résolution lors de la prochaine session du Conseil en septembre qui enverrait “sans délai, une mission d’enquête indépendante et impartiale” sur l’explosion.

Ils pensent que la mission établirait les faits entourant l’explosion, y compris les causes profondes, sans intervention politique. Cela soutiendrait la campagne des victimes pour une enquête efficace, ont-ils déclaré. Les groupes veulent établir la responsabilité étatique et individuelle et soutenir la justice pour les victimes.

Beaucoup ont blâmé la corruption et la mauvaise gestion de longue date du gouvernement libanais pour la tragédie considérée comme l’une des plus grandes explosions non nucléaires de l’histoire lorsque des centaines de tonnes de nitrate d’ammonium hautement explosif, un matériau utilisé dans les engrais, ont explosé au port.

La correspondance officielle entre les responsables politiques, de sécurité et judiciaires révèle que beaucoup étaient au courant des substances dangereuses déchargées dans le port il y a dix ans sans prendre de mesures significatives pour les retirer.

Après l’explosion, des documents portuaires, douaniers et juridiques ont révélé que le nitrate d’ammonium avait été expédié au Liban en 2013 sur un navire russe usé et stocké de manière inappropriée dans un entrepôt portuaire depuis.

Tarek Bitar, le juge chargé de l’enquête libanaise, a accusé quatre anciens hauts responsables du gouvernement d’homicide intentionnel et de négligence ayant entraîné la mort de dizaines de personnes. Il a également inculpé plusieurs hauts responsables de la sécurité dans cette affaire.

Aucun d’entre eux n’a été détenu et deux des personnes inculpées ont été réélues au Parlement en mai.

Une première enquête de Human Rights Watch indique l’implication potentielle d’entreprises étrangères, ainsi que de hauts responsables politiques et de la sécurité au Liban.

“Il est maintenant plus que jamais clair que l’enquête nationale ne peut pas rendre justice”, ont déclaré les groupes, ajoutant que la création d’une mission internationale d’enquête mandatée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies est “d’autant plus urgente”.

Le groupe a déclaré que les appels précédents des survivants de l’explosion et des familles des victimes sont restés sans réponse.

« Alors que les autorités libanaises continuent d’entraver et de retarder effrontément l’enquête nationale sur l’explosion du port, une enquête internationale est le seul moyen de garantir que justice soit rendue », a déclaré Diana Semaan, directrice adjointe par intérim d’Amnesty International.

Bassem Mroue, The Associated Press