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Des chercheurs découvrent un lien entre le cerveau et le comportement chez les adolescents souffrant de troubles du comportement perturbateurs

Une nouvelle étude publiée dans Médecine Psychologique explore la relation entre la sensibilité cérébrale à la récompense et l’influence des pairs délinquants sur les adolescents souffrant de troubles du comportement perturbateurs. La recherche met en évidence comment les interactions entre la fonction cérébrale et les facteurs environnementaux peuvent contribuer à la gravité des comportements perturbateurs chez les adolescents.

Les adolescents diagnostiqués avec des troubles du comportement perturbateurs (DBD) présentent une gamme de comportements difficiles, notamment une agressivité accrue, une instabilité émotionnelle et une prise de décision risquée. Ces comportements ont des impacts significatifs sur la société, contribuant aux coûts de santé publique et affectant les individus eux-mêmes, leurs victimes et leurs communautés.

Malgré les problèmes connus associés au DBD, les mécanismes sous-jacents à l’origine de ces comportements ne sont pas entièrement compris. Ce manque de connaissances entrave le développement de stratégies efficaces de prévention et d’intervention.

Un facteur environnemental important lié au DBD est l’exposition à des pairs délinquants. Les adolescents qui s’associent à des pairs ayant un comportement antisocial courent un risque plus élevé de commettre des crimes et de développer des troubles de la personnalité antisociale plus tard dans la vie.

Des études antérieures suggèrent que la relation entre l’affiliation délinquante à des pairs (DPA) et le comportement perturbateur pourrait être due à deux processus principaux : les effets de socialisation, dans lesquels les pairs délinquants influencent le comportement de l’individu, et les effets de sélection, dans lesquels les individus ayant une prédisposition à un comportement perturbateur sont plus susceptibles choisir des pairs délinquants. Cette étude vise à examiner ces processus plus en détail en considérant comment le système de récompense du cerveau peut influencer la susceptibilité aux effets des pairs.

L’étude a utilisé des données recueillies auprès d’un échantillon d’adolescents ayant des antécédents de comportement perturbateur. Les participants faisaient à l’origine partie d’une cohorte de primo-délinquants recrutés aux Pays-Bas. Pour la présente étude, les chercheurs ont sélectionné un sous-échantillon de ces adolescents, en se concentrant sur ceux présentant une gamme de comportements antisociaux. L’échantillon final comprenait 126 adolescents, dont la majorité étaient des hommes âgés d’environ 17 ans.

L’étude a mesuré l’affiliation des participants à des pairs délinquants à l’aide d’un questionnaire d’auto-évaluation évaluant à la fois le niveau de délinquance des pairs et le degré d’affiliation aux pairs. Le questionnaire fournissait un score composite indiquant l’étendue de l’association de chaque participant avec ses pairs délinquants.

Pour examiner la fonction cérébrale, les chercheurs ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) pendant que les participants effectuaient une tâche de retard d’incitation monétaire (MID). Cette tâche implique que les participants répondent à des signaux visuels qui signalent le potentiel de gagner ou de perdre de l’argent. La tâche est conçue pour activer les régions de récompense du cerveau, en particulier le striatum ventral (VS), l’amygdale et le cortex préfrontal médial (mPFC), connus pour être impliqués dans le traitement des récompenses.

Les chercheurs ont analysé les changements dans l’activité cérébrale au cours des phases d’anticipation et de résultat de la tâche MID. Ils ont ensuite mené de multiples analyses de régression pour explorer l’interaction entre l’affiliation délinquante à des pairs, la sensibilité à la récompense (telle que mesurée par l’activité cérébrale) et la gravité des symptômes de comportement perturbateur.

L’étude a révélé une corrélation positive significative entre l’affiliation délinquante à des pairs et la gravité des symptômes des troubles du comportement perturbateurs. Cependant, il n’y avait pas de corrélation directe entre l’activité neuronale liée à la récompense et l’affiliation à des pairs ou un comportement perturbateur en soi.

Il est important de noter que les chercheurs ont identifié un effet d’interaction significatif entre l’affiliation aux pairs et la sensibilité à la récompense dans le striatum ventral pendant la phase finale de la tâche de récompense. Les adolescents qui présentaient une réactivité neuronale plus élevée aux récompenses dans le striatum ventral présentaient une association plus forte entre l’affiliation délinquante à leurs pairs et les symptômes de comportement perturbateur. Cela suggère que les adolescents ayant une sensibilité accrue à la récompense sont plus influencés par leurs pairs délinquants en termes de développement de comportements perturbateurs.

L’étude a également révélé que cet effet d’interaction était plus prononcé chez les adolescents plus jeunes et chez les hommes, ce qui indique des différences d’âge et de sexe dans la manière dont les influences délinquantes des pairs interagissent avec les fonctions cérébrales pour affecter le comportement.

Bien que les résultats fournissent des informations précieuses, l’étude présente plusieurs limites. L’échantillon était majoritairement masculin, ce qui limite la généralisabilité des résultats aux femmes. Une autre limite réside dans la conception transversale, qui empêche de tirer des conclusions sur la causalité. Des études longitudinales retraçant les changements dans la fonction cérébrale et le comportement au fil du temps seraient utiles pour établir des relations causales et comprendre la trajectoire développementale de ces interactions.

L’étude, « L’association entre l’affiliation délinquante à des pairs et le comportement perturbateur interagit avec les corrélats cérébraux fonctionnels de la sensibilité à la récompense : une étude d’interaction biosociale chez les adolescents délinquants», a été rédigé par Jorim J. Tielbeek, Maarten van der Hooft, Moran D. Cohn, Peter M van de Ven, Tinca JC Polderman, Dick J Veltman, Danielle Posthuma, Carlo Schuengel, Lieke van Domburgh et Arne Popma.


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