Actualité culturelle | News 24

Critique du “spectacle d’animation annuel des spectacles”: un mélange de fantaisie et d’effroi

En 2016, le célèbre animateur japonais Hayao Miyazaki on a montré des séquences d’animation généré par l’intelligence artificielle. Dans celui-ci, une forme humanoïde glisse d’avant en arrière, ses mouvements étonnamment étrangers. Loin d’être impressionné, Miyazaki était profondément perturbé. Pour cet artiste des plus humains, la manifestation était “une insulte à la vie”.

Heureusement, il est peu probable que Miyazaki soit offensé par les exemples d’animations courtes présentées dans la 22e édition de “Le Salon Annuel d’Animation des Spectacles.” Organisés par le producteur Ron Diamond, les films choisis (neuf récents, plus un classique restauré) présentent de multiples techniques (aucune d’entre elles n’est assistée par l’IA) et des talents du monde entier. Les thèmes incluent des crises à la fois personnelles et planétaires, dans des tons allant du fantaisiste à l’espoir en passant par le vaguement apocalyptique. Sans surprise, les pressions de la vie moderne pèsent lourd, avec plus d’un court métrage soulignant notre dépendance vis-à-vis de l’environnement et les uns des autres.

Deux des plus douces adresses émotionnelles avec une simplicité enfantine. Dans “Aurora”, le réalisateur canadien Jo Meuris, soutenu par une belle partition musicale et des dessins attachants de bonhommes allumettes, raconte l’histoire d’amour d’une petite fille pour un cheval. Et dans “Ties”, ingénieusement évocateur, l’animatrice russe Dina Velikovskaya montre comment une fille partant pour l’université peut être le fil littéral qui dénoue la vie qu’elle a laissée derrière elle.

Bien qu’aucune des offres ne fasse directement référence à la pandémie, l’une de mes préférées, “Empty Places” de Geoffrey de Crécy, dérive sur une humeur mélancolique et méditative et des images du monde sans nous. Un tourne-disque jouant la « Sonate au clair de lune » de Beethoven répète sans fin ; des bagages non réclamés tournent sans but sur un carrousel d’aéroport. Les espaces déserts aux teintes pastel du film ont un caractère poignant qui se retrouve dans “Beseder (bon et meilleur)”, de l’animateur israélien Gil Alkabetz, qui est décédé plus tôt cette année, et la musicienne Tova Gertner. Ensemble, ils tissent des paroles de chansons douces et des figures astucieusement déformées dans des vignettes surréalistes sur l’entêtement du pessimisme.

En général, l’ambiance est tamisée, avec plusieurs des inclusions les plus abstraites – comme le “Zoizoglyphe” de Jeanne Apergis, dont les sons et les images s’alignent pour représenter des foules de personnages ressemblant à des oiseaux paniqués par un étranger – exigeant plus d’un visionnage à analyser. C’est donc un soulagement de rencontrer la clarté et le réalisme terreux de « Yes-People (Ja Folkio) » de Gísli Darri Halldórsson, la seule comédie de la collection. Résonnant des grognements familiers, des soupirs et des cris orgasmiques des résidents d’un immeuble à parois minces alors qu’ils vaquent à leurs occupations quotidiennes, ce charmeur aux couleurs primaires lance un appel opportun à la tolérance. Même lorsque vos voisins sont extrêmement vigoureux.

Fermant la marche – et revendiquant un tiers de la durée de 90 minutes de la compilation – se trouve la version anglaise du réalisateur canadien Frédéric Back, remasterisé numériquement et oscarisé en 1987, “L’homme qui plantait des arbres”. Porté par la narration veloutée de Christopher Plummer, le film suit un berger alpin solitaire alors qu’il plante des milliers de glands, son industrie enfin récompensée par une forêt qui transforme son environnement désolé. Basés sur une fable de Jean Giono de 1953, les dessins magnifiquement impressionnistes de Back constituent un argument simple en faveur du renouveau environnemental et de l’action individuelle. L’idéalisation du film d’une vie épurée peut sembler datée, mais son message de faire quelque chose est celui qui ne se démode jamais.

Le 22e Salon Annuel des Spectacles d’Animation
Non classé. Durée : 1h30. Dans les théâtres.

Articles similaires