Critique du documentaire de Val Kilmer : L’homme de glace arrive

L’acteur Val Kilmer n’est pas seulement le sujet de « Val », un documentaire réalisé par Ting Poo et Leo Scott. Il reçoit également un crédit cinématographique, ayant tourné de nombreux films personnels et entrées de journal vidéo qui donnent au film sa texture visuelle. Plus un autoportrait qu’un profil, « Val » raconte l’histoire d’une carrière hollywoodienne avec une candeur qui s’arrête à la révélation. Le ton est personnel mais pas tout à fait intime, produisant chez le spectateur un sentiment de camaraderie chaleureux et légèrement méfiant.

Sortir avec Kilmer, maintenant dans la soixantaine, est une expérience intéressante et douce-amère. Dans les interviews à la caméra, il dégage toujours un charisme de star de cinéma, même si sa voix n’est plus ce qu’elle était. Depuis qu’il a été traité pour un cancer de la gorge en 2014, il parle à travers un tube de trachéotomie et ses mots sont épelés en sous-titres.

Ce qu’il dit de sa propre voix rauque et déformée électroniquement est complété par une narration – lue par son fils, Jack – qui reflète les hauts et les bas d’une carrière qui n’a jamais été tout à fait ce qu’il voulait qu’elle soit. Kilmer réfléchit à la façon dont le jeu d’acteur traverse et brouille la frontière entre la réalité et l’illusion, concluant qu’il a passé la majeure partie de sa vie «à l’intérieur de l’illusion».

Diplômé de Juilliard avec un sens passionné de l’artisanat, il est monté à Hollywood à l’âge d’or des années 1980. Ses rôles les plus connus sont probablement toujours Iceman, le lourdaud à la mâchoire carrée dans « Top Gun » et Batman, dont il portait le costume, pas très confortablement, entre Michael Keaton et George Clooney. Lorsque Kilmer visite le Comic-Con, les demandeurs d’autographes veulent qu’il signe des souvenirs de ces films. Mais pour apprécier toute l’étendue de son talent, il vaut mieux écouter « The Doors », « Pierre tombale » et bien sur « Chaleur, » dans lequel il tient bon aux côtés d’Al Pacino et de Robert De Niro.

Dans ses grandes lignes, « Val » est un documentaire biographique standard, retraçant un arc de l’enfance à travers la lutte, le triomphe et plus de lutte. Nous voyons Kilmer avec ses parents et ses frères, entendons parler de son mariage avec l’actrice britannique Joanne Whalley et assistons à des manigances sur le plateau et dans les coulisses avec Sean Penn, Tom Cruise et Marlon Brando.

Les conflits avec les réalisateurs et les acteurs, et la réputation de « difficulté » alimentée par les tabloïds de Kilmer sont mentionnés en passant, mais « Val » n’est ni un confessionnal à la première personne ni une enquête journalistique. Il semble naître avant tout du désir d’une célébrité parfois réticente et artiste souvent sous-estimée de se faire comprendre. Avec un mélange d’esprit, de sincérité, de conscience de soi et du narcissisme qui est à la fois une exigence et un écueil de sa profession, Kilmer réussit à s’expliquer, ou du moins à nous convaincre qu’on ne l’a jamais vraiment connu auparavant.

Val
Rated R. Langage rugueux. Durée : 1 heure 49 minutes. Dans les théâtres.

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