Critique de « Fever Dream » : toucher à distance

Avec « Fever Dream », la cinéaste Claudia Llosa (« Milk of Sorrow ») entre dans l’univers intimement déstabilisant de l’écrivaine argentine Samanta Schweblin, en adaptant son roman de 2014 du même titre. Le film sensuel de Lllosa raconte l’histoire d’une mère confrontée à un danger étrange et jette un sort qui donne l’impression d’être jeté dans l’esprit du personnage.

C’est presque dommage de préciser les détails de l’intrigue, car le film exprime une perspective émotionnelle complexe sans s’accrocher aux règles du genre du mystère ou du surnaturel. Amanda (María Valverde) vient d’emménager dans une maison de campagne avec sa fille Nina et attend que son mari les rejoigne. Elle se lie avec Carola (Dolores Fonzi), une locale agitée avec l’attrait magnétique d’une star de cinéma inconnue. Mais Carola exprime des inquiétudes au sujet de son propre enfant, David, qui se transforme des angoisses maternelles en allusions au mal.

Tourné par Oscar Faura (« L’orphelinat ») avec une lucidité déconcertante et ensoleillée qui suggère que quelque chose ne va pas, le film a une voix off inhabituelle et troublante. Nous entendons Amanda – qui a été montrée pour la première fois couchée dans une forêt – raconter ses souvenirs à la demande insistante de David. Joué par Emilio Vodanovich, le garçon a l’air diversement coquin et démoniaque.

De quoi David demande-t-il à Amanda de se souvenir, et pourquoi ? La réponse pourrait inclure un rituel impliquant le transfert d’âmes, une menace environnementale imprévue et un étalon malade. Mais le film de Llosa, qui m’a rappelé le refroidisseur pastoral méconnu de Robert Mulligan en 1972, « The Other », évoque plus qu’il n’explique. C’est comme se réveiller du sommeil saisi par une image et un sentiment qui ne peuvent être ébranlés.

Rêve de fièvre
Coté R. Durée : 1 heure 33 minutes. Regarder sur Netflix.

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